Découverte
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Biographie

Zombie Zombie

Zombie Zombie est né de la rencontre entre Neman (Herman Düne), batteur, et Etienne Jaumet (Married Monk), ingé son fou des années 70. Ensemble ils décident de monter ce projet ambitieux, duo minimaliste voué à rester dans des sphères pop et electro, mais clairement tourné vers un hommage aux vieilles scènes allemandes et à la magie du dancefloor. De tout ce mélange légèrement désuet sort une musique dure à rattacher à une scène en particulier, mais d’une audace précieuse. Après un premier ep Driving This Road Until Death Sets You Free la musique du duo arrive aux oreilles du grand public avec son premier album en 2009, A Land for Renegades.

14.5 / 20
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Plays John Carpenter ( 2010 )

Après un très bon A Land Of Renegades, Zombie Zombie continue son hommage cinématographique en se concentrant plus précisément sur John Carpenter. On ne présentera plus le cinéaste, réalisateur entre autre de Halloween, New York 1997, The Thing (auquel Zombie Zombie avait déjà rendu hommage via le clip de Driving This Road Until Death Sets You Free) ou encore Vampires. Le duo français lâche donc les faisceaux de lumière de clubs pour se concentrer sur celui des projecteurs de cinéma avec 5 titres synthétiques parfois kitch (à l'image de certains films du réalisateur diront certains). On retrouve facilement les ingrédients qui ont fait le succès de Land Of Renegades : une électro baroque aux synthés délurés, sans jamais s'envoler vers des rythmiques trop rapides pour ce type d'ambiance de soirées. Le travail du duo est ainsi très précis de manière à rester fidèle aux originaux, tout en se réappropriant les différentes sonorités.
Les marqueurs fluo sont toujours de la partie, avec cependant un gros respect pour le travail initial de Carpenter (notamment via la conservation des ambiances initiales de chaque titre), même si un morceau se démarque en particulier : la reprise de Halloween qui garde ce côté hypnotique et mystérieux tout en assimilant parfaitement la composition aux sonorités plus électroniques (avec toujours cette base de quelques notes en boucle qui crée cette atmosphère si particulière).

Loin de n'être qu'une sinécure, cet EP souffre pourtant d'un manque de montée en puissance, notamment sur Escape From L.A. qui aurait pu prendre toute son ampleur s'il avait été rallongé de 2 minutes. Esquivons rapidement Assault On Precinct 13, peut être pas le meilleur choix du Duo - on aurait sans doute préféré une version retravaillée de Vampires ou de Christine - sur ce disque. Au final, pas aussi équilibré que A Land Of Renegades, Plays John Carpenter a cependant de quoi faire vibrer votre corps avec l'énorme Halloween ou l'intriguant The Thing. La hype est passée depuis un bail, vous pouvez vous jeter dessus sans pester maintenant.

A écouter : Halloween
16 / 20
1 commentaire (15/20).
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A Land For Renegades ( 2009 )

Les yeux écarquillés ou le regard vitreux, l’âme égarée comme prise en otage, le teint blafard et quelques plaies béantes en guise d’ornements, les Zombies sont d’étranges créatures. Mythes des temps modernes biens connus de notre contre-culture, ils fascinent et sont indéniablement ancrés dans notre imaginaire collectif urbain. Les Zombie Zombie seraient un peu leur pendant hype, habillés en fluo, le nez plein de coke et à la pointe des dernières tendances revival. La tête penchée, les yeux cachés derrière des lunettes en plastoc de couleur vive, ils enflamment le dance floor le samedi soir, sur des rythmes hypnotiques, laissant échapper ça et là quelques gerbes de substances visqueuses de leur bouche ou de leurs plaies dégueulasses pour lubrifier leurs pas de danses et masquer leurs difficultés motrices, chopant ainsi des tas de minettes n’y ayant vu que du feu.

A Land For Renegades est leur premier manifeste, hommage vibrant aux sons seventies, aux synthés chaleureux et robotiques et à la musique allemande. Avec la même classe qu’a pu avoir une french touch en son temps en utilisant l’héritage de la funk, Zombie Zombie dépoussière les schémas du Krautrock pour en faire des tubes répétitifs et envoutants utilisant un zeste de modernité de la scène électronique actuelle si porteuse. Mélodies minimales à la berlinoise côtoient une batterie lo-fi dans de longue cavalcades stressantes remplies de suspense. Les structures s’étirent à en devenir totalement progressives, dans des ambiances glaciales sur lesquelles on imagine bien des hordes de Zombie Zombie trémousser leurs carcasses en rythme, la bouche ouverte et sans entrain, sous des faisceaux lumineux multicolores s’entrecroisant. Les plus geeks d’entre eux (trop jeunes pour y avoir été, bien que déjà morts morts) évoquent Neu! sur ses premiers enregistrements ou Suicide dans ses moments les plus lumineux, esquissant un sourire de plaisir sur cette musique cosmique d’une nouvelle ère. Les sons déroutants et psychédéliques qui parcourent les titres leur donnent ce cachet de musique totale libérée propre à l’Allemagne de ces années hippies, osant tout et proposant les mélanges les plus farfelus sans retenue. A cela s’ajoute un sens de la mélodie et de l’efficacité que l’on ne trouve aujourd’hui que dans cette scène electro vouée au seul et unique plaisir épicurien. Rien de rebutant dans ces longues épopées prog et farfelues, tout coule, les Zombie Zombie veulent vous faire prendre votre pied et vous voir perdre votre âme. Ils ne vous bouffent pas le bras ou la carotide, ils vous hypnotisent avec  leurs mélodies tournoyantes et leurs sons aussi variés que kitsch et jouissifs (pour peu que tout cela marche encore). Vos yeux s’écarquillent, tout tourbillonne dans un trou noir de musique plaisir décadente, atteignant des sommets à l’occasion de la reprise de Nightclubbing, d’Iggy Pop, et de l’hommage cinématographique à Down By Law de Jarmusch (non, ni Romero ou Carpenter) avec l’angoissant When You Scream I Scream.

Malgré le côté très hype et moderne qui eu pu en rebuter plus d’un, Zombie Zombie est un projet totalement improbable, un revival à côté des autres bien senti, pas opportuniste et sincère. Du neuf avec du vieux, même pas sujet à polémique, qui vous mettra en transe pour aller jusqu’au bout de votre morbide nuit. Assurément l’une des grosses surprises françaises du côté de la pop en cette année 2009, A Land For Renegades arrive comme un cheveu bras sur la soupe et y reste.

A écouter : la nuit