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Biographie

Zombi

Zombi - dont le nom vient du titre italien du film "Dawn of the Dead" de George A. Romero - se forme à Pittsburgh en 2003 autour de Steve Moore (basse, synthés) et Anthony E. Paterra (batterie) et signe quasi instantanément sur le label pourtant très orienté Metal extrême Relapse Records pour sortir son premier album Cosmos (2004), précurseur de la Synthwave, également imprégné de psychédélisme et de Rock progressif, le tout exécuté de manière totalement instrumentale. Le duo va alors tourner avec Don Caballero, Isis, DaughtersTrans Am, Goblin ou encore Red Sparowes (dans lequel officiera aussi Steve Moore). Zombi sort ensuite ses albums de manière relativement constante : Surface To Air en 2006, Spirit Animal en 2009, Escape Velocity en 2011, Shape Shift en 2015 et le plus orienté Doom Metal 2020 en...2020. Sans compter les formats courts tels que Twilight Sentinel (2003), The Zombi Anthology (2005, ressorti en 2015 par Relapse), Digitalis (2006), Slow Oscillations (2011), Evans City (2020) ainsi qu'un split avec Maserati en 2009.

Chronique

17.5 / 20
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2020 ( 2020 )

2020. Le monde terrestre est en proie à une nouvelle pandémie, le virus absorbe l’actualité de la plupart des pays et les mesures bancales prises par certains d’entre eux n’encouragent pas à l’optimisme forcené. En effet l’économie capitaliste mondialisée doit tourner « quoi qu’il en coûte », malgré le fait qu’elle soit la principale responsable du désastre, par l’élevage intensif, par la circulation tout aussi frénétique des capitaux, par la destruction préalable et en cours de la recherche et des systèmes de santé publiques, entre autres gourmandises au service d’une poignée de puissants toujours plus gras chaque année, toujours plus enclins à surveiller et réprimer massivement des populations appauvries, exaspérées ou nageant en pleine confusion. Une ère dystopique s’installe un peu partout, imaginée jadis par les grand.e.s auteur.e.s de science-fiction, captée, interprétée par quelques artistes et formations telles que le fantastique et sous-estimé duo Zombi, soit Steve Moore et A.E. Paterra.

Avant-gardiste, Zombi proposait déjà en 2004 sa vision peuplée de synthés, équipée d’une basse centrale et d’une batterie à la fois lourde et souple. Son premier album Cosmos sortait alors sur le label Relapse, pourtant essentiellement associé au Metal extrême mais pourvoyeur sans le savoir d’un genre nouveau encore non défini, la Synthwave. Mais la musique du duo de Pittsburgh ne se limite pas aux synthés, dépoussiérant de manière instrumentale le Rock progressif et l’Electro des années 70/80, y ajoutant une dimension filmique s’attachant nécessairement aux travaux d’un John Carpenter ou d’un Vangelis. Après le psychédélisme marqué des deux disques introductifs, le colossal Spirit Animal de 2009 vient pousser magistralement mémé dans les orties du Rock progressif synthétique, puis débarque Escape Velocity en 2011, taquinant le dancefloor d’un Giorgio Moroder  associé au Krautrock de Neu!, et enfin Shape Shift quatre ans plus loin, aux frappes sèches et aux nappes Synthwave plus appuyées, baignées dans une sauce cyberpunk au goût prononcé.

Nouvelle décennie oblige, Steve Moore décide d’intégrer une guitare aux compositions sans pour autant marcher sur les plates-bandes de la basse, alourdissant et assombrissant un propos en phase avec son époque, bien que les rares solos de 2020 soient exécutés par Phil Manley de Trans Am, sur le surprenant Breakthrough&Conquer très typé Hard FM des 80’s. Earthscraper et No Damage viennent ensuite mettre en pièce notre enjaillement initial par des mouvements Doom majoritaires finement bouffés par les synthés (se confondant presque avec des orgues sur le second) ainsi que les frappes amples et précises de Paterra, tandis que XYZT illumine un instant nos perceptions illusoires, afin que la réalité puisse mieux nous coller des gifles via l’opposition basse/batterie de Fifth Point of the Pentangle. Le Doom reste fil conducteur sur Family Man, où les synthés s’approprient les parties de guitare, tandis que Mountain Ranges puis First Flower réinstallent la six cordes au milieu d’un environnement futuriste plus que palpable, définitivement dangereux et plombé. L’aventure se termine alors en apothéose sous l’ombre aussi menaçante que bienveillante de tonton Carpenter avec Throughtforms, dans une temporalité plus courte qu’à l’accoutumée sur les conclusions des albums du duo.

Zombi signe clairement ici son objet le plus pesant, ombragé, et sans doute l’un de ses meilleurs, bien que l’intégralité de sa discographie soit indispensable pour tout.e amatrice/amateur de Synthwave et de pertinence musicale en général. Le bien nommé 2020 restera gravé dans nos cœurs noircis par cette année sans concessions, qui en appelle sûrement d’autres.

A écouter : au présent et au futur.