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Biographie

Zapruder

Depuis sa formation en 2010 Zapruder n'a cessé de chercher l'équilibre parfait entre son amour pour la complexité du Mathcore, la folie du Noise, le groove du Rock'n'roll et les atmosphères enivrantes du Post-Rock. Première pierre de son édifice, leur EP Straight From The Horse's Mouth, enregistré/mixé par Amaury Sauvé à La Senelle Studio (Birds In Row, As We Draw, The Rodeo Idiot Engine) et masterisé par Sylvain Biguet (Birds In Row, Trepalium), sort en 2012, soutenu par Blue Wave Production (Kruger, Coilguns...) et défendu lors d'une tournée française durant laquelle le groupe partagera la scène avec des formations comme Kruger, Celeste, Cowards, As We Draw ou encore June Paik, Offending et Betraying The Martyrs.

Deux ans et demi plus tard, le groupe a achevé son premier album, Fall In Line, une évolution logique de leur son, dans une oeuvre qui se veut plus cohérente encore mais dont le coeur artistique reste cette fascination pour la variété des ambiances et la surprise. Enregistré/mixé par Amaury Sauvé, masterisé par Rob Gonnella et Nick Zampiello, et soutenu par Hipsterminator Records et Apathia Records, Fall In Line est attendu pour 2014, avant une tournée de 13 jours autour de la France.

15.5 / 5
1 commentaire (16/20).
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Fall In Line ( 2014 )

Vous connaissez sans doute Zapruder sans le connaître. Ce tailleur de vêtement ukrainien émigré à Brooklyn en 1920 et grand admirateur de Kennedy doit sa célébrité à l’assassinat de ce dernier, pour en avoir capturé les images.
Si ce bref précis historique ne vous aura que simplement épargné une recherche Wikipédia, votre serviteur aura de son côté trouvé la parade idéale pour vous parler d’un Zapruder homonyme, combo Hardcore venu de Poitiers, dont le premier-né Fall In Line a vu le jour cette année.  Un opus qui semble entamer une carrière prometteuse dans des conditions plus que favorables.

Produite par Amaury Sauvé (membre de Birds In Row et producteur pour  As We Draw, Taste The Void ou Calvaiire), la musique du quintet n’irritera pas les blasés du HxC à deux neurones dopé au D-Beat et aux riffs rebattus. Fall In Line s’inscrit dans une veine qui emprunte à Converge sa dissonance et ses structures alambiquées, à Birds In Row ou Botch leurs sonorités, ou encore qui évoque la folie de leurs compatriotes Barbarian Koala.
Energique, torturé, le son des Poitevins ne met cependant pas le feeling de côté ; des paroles au chant sans oublier les partitions des six-cordes, un mélange de fureur, de hargne et de désespoir s’entremêlent. Sublimés par les touches Post-Rock du morceau final, ou de manière intimiste et minimaliste sur un « Loquèle» acoustique, ces instants plus émotifs sont bienvenus et tempèrent avec habileté les penchants plus agressifs du groupe. Le Jazz froid de « Delusion Junction »quant à lui fait figure de transition entre la lourdeur de « Moloch » et les passages assassins de « Doppleganger » ; véritable OVNI au beau milieu de la galette, on y retrouve un saxophone larmoyant, perdu entre de doux accords fantomatiques.  C’est dans ce curieux mélange que Zapruder se démarque et captive l’auditoire, là où les influences s’entremêlent et donnent naissance à un Hardcore polymorphe et plutôt inédit.

Apparemment loin d’être à cours d’idées, les musiciens exploitent leur créativité jusqu’au bout. Les morceaux avoisinent sans peine et sans redites les 5 minutes où le traditionnel couplet-refrain a été jeté aux oubliettes. Adieu genres, structures et règles oppressantes, la spontanéité est reine et balaie ces contraintes avec tout le naturel du monde. Un solo quasi-Hard Rock et une wahwah sautillante entre des rythmiques massives sur « Modern Idiot » ? Pourquoi pas. Une intro qui lorgne vers le Melodic-Hardcore pour « Moloch » avant quelques passages Post dissonants ? Pas de problème. Abrasif, sensible, surprenant, beaucoup de caractéristiques pour un seul album. Pourtant, l’ensemble ne lasse pas même après des écoutes répétées, aucun titre n’est à jeter. Pour apprécier Fall In Line, chaque étape du voyage est à vivre intensément jusqu’au final, hurlé en français, et à compter parmi les meilleures minutes du skeud. Clairement dominé par un Post-Hardcore presque outrancier tant il incarne une hargne désabusée, « Je Ferai De Ma Peau Une Terre Où Creuser » saisit votre âme et se « glisse sous votre peau » pour paraphraser le quintet, vous abandonnant hébété, apaisé et confus. Conquis ou non par les partis pris de la formation poitevine, les dernières notes de Fall In Line ne vous laisseront dans tous les cas certainement pas insensible.

Parmi tant d’autres, Zapruder est une formation étiquetée made in France à surveiller, affichant une vision musicale très large dans leurs compositions et offrant un premier effort qui fourmille d’originalité et de bonnes idées. On ne peut que saluer de telles initiatives et espérer croiser le combo prochainement sur les routes pour défendre leurs morceaux sur scène.

L'album est à retrouver en intégralité sur bandcamp.

A écouter : Modern Idiot, Je Ferai De Ma Peau Une Terre Où Creuser

Straight From The Horse's Mouth ( 2012 )

S'appeler comme celui qui a immortalisé la tristement célèbre scène de l'assassinat de JFK, il fallait y penser. Zapruder, originaire de Poitiers, s'illustre donc avec ce premier EP Straight From The Horse's Mouth dans un registre oscillant principalement entre Mathcore et PostHardcore, 2 styles proches mais avec suffisamment de variations pour réussir ou se planter complètement.
Que ce soit sur "Lost in Vegas" ou "Guns, Speech and Madness", Zapruder fonce à tête baissée à la manière d'un Harlots, Every Time I Die ou Dillinger Escape Plan (avec notamment quelques plans un peu jazzy sur certains titres). C'est d'ailleurs ce qui leur permet un peu de se démarquer, comme The Phantom Carriage sur son New Thing (originaires eux aussi de Poitiers), et d'imposer l'élément central "Mt Fuji in Red", pierre angulaire de 12 minutes très Postcore, ou la seconde moitié de "We Carry Just Enough To Play", classique dans sa composition mais diablement efficace avec sa sensation de fin du monde. Catchy, un brin syncopé, tous les éléments sont là pour marquer les neurones à grands coups de PostHardcore dans la foulée des classiques du genre, sans être renversant ou phénoménal.
Un premier EP loin d'être désagréable, voilà ce qu'il faut retenir de Zapruder. Le pilier central de l'album, "Mt Fuji in Red", permet de stabiliser les titres plus fougueux du disque, tandis que le dernier titre s'avère paré pour le live.