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Biographie

Yakuza

  C’est en 1999, à Chicago, que se forme Yakuza. Le groupe s’articule autour de James Staffel (batterie/percussions/claviers), Matt McClelland (guitare/chant), Jackson (basse), et Bruce Lamont (chant/saxophone/clarinette). Aussi bien inspiré par le métal que le jazz, le rock progressif, la world music, le hardcore et le grind, Yakuza accouche en 2000 de son premier album, Amount To Nothing. Deux ans plus tard, les américains remettent le couvert chez Century Media avec Way Of The Dead, leur deuxième album, ce qui leur permet de partager la scène avec Opeth, Isis, The Dillinger Escape Plan, Mastodon, mais aussi Sonic Youth, Melt Banana, ou le jazzman Ken Vandermark. Pour leur troisième album, c’est Matt Bayles (Botch, Mastodon, Isis) qui est choisi pour assurer la production, et Samsara sortira finalement au printemps 2006 chez Prosthetic Records (Kylesa, Lamb Of God, Himsa…).

Chronique

16.5 / 20
7 commentaires (16.86/20).
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Samsara ( 2006 )

  Vos vaccins sont-ils à jour ? La question peut surprendre, mais elle est clairement opportune lorsque l’on aborde le cas Yakuza. La formation chicagoane éprouve en effet, depuis ses débuts, un goût immodéré et communicatif pour l’évasion, le voyage vers les lointaines contrées, et teinte donc sa vaste base métal de riches couleurs asiatiques et orientales. Samsara perpétue cet incoercible besoin, mais cette fois-ci c’est à Matt Bayles (Botch, Mastodon, Isis) que fût confié le travail de production de ce troisième opus.

  Un choix pour le gros son des plus propices puisque le quatuor pratique à l’origine un métal véritablement acharné et nourri par diverses influences. Cela peut déboucher par exemple sur un hardcore métal parsemé de pointes thrash suraiguisées (l’entame exaltée Cancer Of Industry, Just Say Know), ainsi que des explosions mid-tempo rappelant l’entreprise de démolition Mastodon (Monkeytail). Un côté très incisif qui peut prendre également la forme, plus inattendue mais tout aussi cohérente, des riffs les plus nerveux et efficaces du premier album de System Of A Down (20 Bucks). Néanmoins, Yakuza ne s’arrête pas là. Alors qu’on pourrait légitimement penser que le groupe se trouve pied au plancher, il s’adonne soudainement à de dévastatrices embardées death métal auxquelles sont adjoints parfois des moments mélodiques et  épiques (Dishonor), ou des passages hardcore totalement chaotiques (le break déchaîné de Cancer Of Industry, Plecostomus). Une violence qui trouve son corollaire dans le chant farouche du guitariste Matt McClelland, alors que le timbre presque grunge de Bruce Lamont se trouve assigné, quant à lui, aux parties plus mélodiques.
 
  Mais ce qui fait de Yakuza une entité unique au sein de cette scène, ce sont ses envolées "orientalisantes" irrésistibles orchestrées par Bruce Lamont sur la quasi-totalité des dix titres de Samsara. Articulés autour du saxophone et/ou de la clarinette, ces passages diffusent le sentiment grisant de chasser le Dragon dans une humide et clandestine fumerie d’opium du Golfe du Tonkin. Ces mouvements dépaysants, psychés en diable, bénéficient en outre du travail consciencieux de Matt Bayles, ce dernier leur conférant une plus grande densité, un meilleur impact par rapport à ceux de Way Of The Dead. Cette spécificité trouve essentiellement son origine dans l’admiration sans bornes que portent les membres de Yakuza à la world music mais surtout au jazz. Ils en ont ainsi conservé la dimension progressive, laquelle s’incarne dans le passionnant Exterminator, mais aussi l’aspect feutré comme en témoigne Glory Hole où le pianiste Jim Baker fait état de toute sa classe.
  Une liste d’invités sur laquelle figure également le dur à cuire Troy Sanders (Mastodon). Celui-ci vient poser sa voix sur les refrains brutaux du massif Back To The Mountain, final s’étirant sur près de neuf minutes et dont les humeurs postcore (proches de Callisto du fait du saxo) permettent de conclure ce disque de la plus soigneuse des manières.

  Samsara répond donc pleinement aux attentes qu’avait suscité Yakuza lors de la sortie de son précédent album. Disposant d’une production mettant plus en valeur sa singularité, d’une fougue intacte, et d’une distribution désormais digne de ce nom, les américains devraient s’imposer sans peine sur le devant de la scène…en attendant la prochaine réincarnation discographique.

Télécharger : Cancer Of Industry.

A écouter : Cancer Of Industry, Monkeytail, Exterminator, Back To The Mountain...