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Biographie

Xibalba

Xibalba est un groupe de Beatdown Hardcore / Sludge formé en 2007 à Pomona en Californie par Jason Brunes (Batterie), Jensen Hucle (Guitare), Brian Ortiz (Guitare), Bryan Valdivia (Basse) et Nate Rebolledo (Chant). Après une démo en 2007, le groupe fait ses premières armes avec Madre Mia Gracias Por Los Dias et un split avec World Of Pain et Ruckus en 2010, soit douze titres au total qui seront repressés par A398 Recordings l'année suivante sous forme d'une compilation éponyme. Inspirés de groupes comme Disembodied, Morbid Angel, Obituary, SepulturaCrowbar ou Earth Crisis, Xibalba revient en 2012 avec Hasta La Muerte qui sort chez Southern Lord Recordings. Un split sort en 2014 avec Suburban Scum, où Mike Salazar arrive en tant que troisième guitariste, mais Bryan Valdivia quitte le groupe peu après. Tierra Y Libertad parait pourtant en 2015, toujours chez Southern Lord Recordings et c'est Jensen Hucle qui s'occupe de la basse sur l'album. Ce sera également le cas sur l'ep Diablo, Con Amor​.​. Adios qui parait en 2017 chez Closed Casket Activities. Xibalba revient avec toujours plus de lourdeur en 2020 avec l'album Años En Infierno.

Años En Infierno ( 2020 )

Les disques qui surprennent et les disques qui font ce que l'on attendent d'eux, voilà une classification que ni les zoologistes, botanistes et sociologues ne pourront se targuer d'égaler en terme de clarté mais qu'aucun n'adoptera. Pourquoi ? Car il est possible de se situer dans ces deux catégories et Anos En Infierno en est la démonstration du jour. 

Xibalba n'a pas fondamentalement changé, il joue toujours un mélange de Death Metal et de Hardcore bas du front qui réveillera en vous de bas instincts que des années de civilisation, de bienséance et de politesse n'auront que réussi à éteindre momentanément. Après une intro dont la longueur ne dépasse pas les cinq secondes, nous voilà reparti en terrain hostile sous les coups de boutoir, les riffs transforment les hommes en chair à canon, eux-mêmes changés en agrégats informes sous l'effet de la chaleur. Évidemment, on voit passer Bolt ThrowerDisembodied et Entombed mais c'est surtout à Xibalba que l'on pense, le groupe ayant enfin réussi à faire grandir ce qui attendait, tapis dans l'ombre et le couteau à la bouche. 

Puisque, on en vient enfin à la surprise des chefs de gang, on imaginait difficilement le groupe parvenir à nous surprendre. Après trois disques et une vision qui semblait devenir de plus en plus monoculaire, ne voyant au loin que l'idéal Death Metal, ce petit dernier réussit à replacer le Hardcore, ou plutôt son essence, au centre du propos. Comme l'ont fait en leur temps et dans des genres différents Neurosis, Crowbar ou Kickback, Xibalba va le chercher et le ramène à la force du poing. Il dégouline dans tous les sens et imprègne chaque parcelle de ce nouveau disque qui ne s'encombre d'aucun second degré. Un corps muerte metal donc, mais habité par cette chose indéfinissable, intangible et que pourtant nous semblons tous reconnaître lorsque nous croisons son chemin, l'esprit Hardcore. Il amène plus loin le groupe dans les dédales obscurs et tribaux (l'instrumental "Saka" et ses percussions et ses instants finaux sacrificiels), sur les voies de la transe par la vitesse ("Santa Muerte" et sa batterie folle), danse lourdement sur les cadavres de ses ennemis (le final du morceau éponyme) avant de se sacrifier et de renaître sur les deux morceaux conclusifs, Xibalba s'aventurant cette fois sur un terrain qui est nouveau mais non pas inconnu. Quoi de plus logique que de les voir enfin pousser la porte de la déprime ? Bolt Thrower, malgré leurs muscles bandés et huilés, ne regrettent-ils par leurs camarades tombés ? Crowbar, habité lui aussi par l'esprit du Hardcore, ne conjugue-t-il pas avec brio les verbes écraser et pleurer ? 

Vous le voyez, la démonstration est imparable. Xibalba réussit à nous surprendre en faisant exactement ce qu'il faisait auparavant : du Death Metal et du Hardcore. La seule différence est que sur ce disque, il le fait encore mieux que par le passé. Aidé en cela par un son colossal (il faut le souligner), cette entité hybride, ce serpent à plume, vient de signer son meilleur disque. « El rey de los muertos, viva el rey ». 

16 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Tierra Y Libertad ( 2015 )

Depuis quelques années déjà, les cinq gaziers de Xibalba ont réussi à faire leur trou dans la très exiguë scène du Hardcore Beatdown mondiale en prenant au pied de la lettre l'adjectif lourd. Mais contrairement à 90% de leurs collègues qui misent sur un trop plein de Deathcore aseptisé, eux lorgnent plutôt vers des genres Metal moins touchés par une certaine standardisation sonore, même s'ils s'accordent tout de même une production d'une propreté à faire pâlir les services d'hygiène suisses. A l'instar des derniers efforts de Pulling Teeth, Xibalba s'inspirait plus du Doom Metal ou du Sludge. Mais là, ils ont décidé de jeter tous leurs disques à la poubelle pour ne garder que le meilleur du Death Metal européen du début des années 90, Asphyx et Bolt Thrower en tête.

Très étrange situation où l'une des têtes de file de l'une des ultimes évolutions du Hardcore décide d'innover en se débarrassant des derniers reliquats de Hardcore de sa musique pour les troquer contre une inspiration Death Metal Old School... elle-même déjà à l'origine de 90% des riffs du Beatdown. La boucle est bouclée. Du Hardcore, donc, il ne reste plus que quelques gimmicks dont pas mal de fameux breakdown typiques, mais c'est surtout dans la façon d'éructer le chant que subsiste l'attitude « ghetto » typique des coreux, bagarreuse et basse du front, soi-disant célébrant les classes populaires, le clan, la famille ect... Bref la démagogie habituelle dans laquelle Xibalba se jette à pieds joints à sa façon, en reprenant à son compte le célèbre slogan du mouvement zapatiste « tierra y libertad », mais qu'on ne prendra pas au sérieux (j'ai des doutes concernant leur réelle volonté d'adhérer à une réorganisation de la société américaine suivant une redistribution équitable des terres agricoles au sein de la population).

La mise en avant constante de leurs origines hispaniques, qui finalement ne constitue qu'un argument marketing pour se différencier de la concurrence, est une des grosses faiblesses de l'album tant elle confine à la caricature. L'utilisation de l'espagnol (dont les sonorités peuvent être vraiment evil) reste la seule vraie bonne idée de cette pose, dommage que la langue de Cervantès ne sert que sur quelques pistes. Passés ces détails, on a affaire à un pur album de baston générale où les riffs sombres et épiques se répandent en avalanche dès la première piste, Enemigo, qui ne dépareillerait pas sur un album de Bolt Thrower. Blast, d-beat et mid-tempo se succèdent afin de permettre au groove ravageur de mieux prendre son ampleur sur les trois premières pistes qui sonnent comme autant de déclarations de guerre. 
  
Les hostilités sont calmées au milieu du disque par un interlude (une technique qui se répand de plus en plus, évitant à l'auditeur un trop-plein de violence parfois lassant). La deuxième partie du disque témoigne tout de même que leur amour de la lenteur ne s'est pas enfui. Ils balancent quelques gros breakdown bien sentis, plus présents sur la première partie, qui ne manqueront pas de mettre le feu aux pits du monde entier et se lancent sur la deuxième partie de En Paz Descence dans un ralentissement généralisé et poisseux, évoquant de loin Hooded Menace. Sur El Vecio, lente piste conclusive de douze minutes, les américains prennent à bras le coprs un Death / Doom Metal à la Loss pour construire de sanglantes ambiances autant mystiques et dramatiques que musclées.

Tierra Y Libertad
est un véritable coup de poing dans la gueule bien particulier. Peu de disques ont aussi bien mêlé Hardcore Beatdown et Death Metal Old School en respectant l’intégrité de ces genres. Cette galette aura probablement du mal à trouver son public. Probablement trop Beatdown pour les puristes du Metal et bien trop Death Metal pour le public Hardcore. A aucun moment Xibalba ne prend parti et se balade à sa guise dans chacun des univers en mêlant le meilleur, livrant des compositions racées et sincères qui montrent une véritable amour de ces deux styles et non pas une banale tentative de faire les originaux.