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Biographie

Whisper Of Death

Originaires d’Ablis, petit village du sud des Yvelines, les cinq membres de Whisper Of Death se dirigent immédiatement dans le Death Metal, se concentrant dans un Death rapide et entrainant et n’hésitant pas à introduire des riffs inspirés de tous les styles extrêmes afin d’élargir ses influences, blast et groove à l’appui. Après des scènes (Manimal, Leng Tch’e, Pitbulls in the Nursery, Black Bomb A, l’Esprit du Clan, Betraying the Martyrs…) et de la formation (carte Blanche avec Gojira et le plateau 109 du CRY), Whisper Of Death prend le chemin du studio pour enregistrer sa première démo  Désossage en 2008.

Les années 2009 et 2010 sont une période creuse pour le groupe, marquées par le remplacement d’un cinglé originel (Fred, bassiste) par un cinglé original (Alexandre, bassiste) mais aussi par le grave accident d’un des guitaristes, fauché par une voiture.

De nouveau sur pied, le groupe se remet en scène et après quelques dates reprend la direction du studio pour enregistrer sa deuxième démo : Epilepsy en 2012, enregistrée au Dark Wizard Studio et très bien accueillie par les médias, Whisper Of Death enchaînealors les concerts. Le groupe s’éloigne ensuite quelques temps de la scène afin de se concentrer entièrement à l’enregistrement de son premier album, Noise of Obstinacy

Chronique

Noise Of Obstinacy ( 2014 )

Les fans de Death sont coutumiers des boyaux, viscères et organes sanguinolents qui peuplent les paroles de leurs groupes favoris. On n’en est même plus étonnés, et il n’y a guère plus que la ménagère tombant sur les albums de son brutal ado de fils pour s’en insurger.
Sauf que là, c’est une autre affaire, puisque Whisper Of Death est issu de l’hexagone et entend bien imposer le bon goût et le verbe fleuri dans la langue de Molière.

Quintet résolument Death Metal, les musiciens ne se feront pas prier bien longtemps (le temps d’une brève intro à base de mouches autour d’une charogne, tu situes ?) pour décocher des riffs typiques du genre, rythmés et surtout qui ne faiblissent que rarement en terme de vitesse. Agressif mais conservant un certain groove (« Torture For Dummies »), le duo de guitares est secondé par un batteur efficace assénant son lot de blasts bien placés et de séquences ultra-nerveuses (« Cadaveric Discharge »), faisant presque penser au Brutal Death par moments. Pas de recettes potentiellement inédites mais le tout est massif, musclé, et porté par des cris et chants gutturaux puissants que l’on décode non sans mal.

A l’écoute de l’album, on imagine bien les douleurs à la nuque qu’infligera le groupe à son public les lendemains de live. Mais avant l’expérience concert, les « En pleine gueule » figurant sur la jaquette illustrent assez justement la prod’. Pour un premier album, Whisper Of Death bénéficie d’un son brut mais travaillé, s’éloignant quelque peu des tendances actuelles des grosses machines au son trop lisse ; ici on restitue une batterie plus « garage » (toute proportion gardée), des guitares au grain corrosif. Seule ombre au tableau, cette basse quasi-fantôme qui ne semble faire que de rares apparitions pour de (pourtant) bons slaps.

Mais lorsque des paroles francophones viennent envahir nos tympans, voilà notre curiosité piquée au vif, et on ne peut s’empêcher d’aller jeter un œil aux vers des Yvelinois. Ce serait d’ailleurs se priver d’un des gros atouts de ce Noise Of Obstinacy. Au fil des pages, des illustrations et des morceaux, on y découvre un univers barré, « fun gore », où les personnages absurdes s’abreuvent et s’expriment à travers une violence outrancière qui en devient ridiculement drôle. Parti pris intéressant, contrastant avec une musique sonnant comme du Death Metal « sérieux », offrant pour le plaisir des yeux et des oreilles quelques doux messages d’amour et de paix : «Pogo de lépreux, éclatez-les tous », le titre « OBF » ou « Open bar de fœtus », et autres  « Faire un gâteau avec ses viscères et ses boyaux ».Textes qui ne recevront sans doute pas les éloges de l’Académie Française mais qui contre toute attente sonnent correctement une fois hurlés et growlés (néologisme affreux oui) dans notre langue, celle qui donne tant de complexes à bon nombre de groupes locaux. Whisper Of Death a osé et s’en démarque.

En définitive, si la formation attire l’œil par une musique déjà bien construite et singulière pour un premier effort, elle capte l’attention par son approche relativement décalée du Metal extrême. Peut-être trop déjanté pour des puristes psychorigides, on espère cependant que le quintet aura raison des canons du genre et sera au cœur des prochains bouches à oreilles de l’underground.

A écouter : OBF, Désossage