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Biographie

We Butter The Bread With Butter

We Butter The Bread With Butter prend forme en 2007 avec Marcel Neumann, qui s’adjoint Tobias Schultka au chant / batterie, s’orientant vers un Deathcore teinté d’électro. A l’origine une blague, le combo tourne avec pas mal de groupes comme Callejon et A Day To Remember tout en enchainant les albums : Das Monster aux deg Schrank (2008) puis Der Tag an des die Welt unnerving (2010). Tobias quitte le groupe peut après la sortie de l’album et se retrouve remplacé par Paul Bartzsch. Passé du duo au quinte avant la sortie du second opus, WBTBWB subit quelques autres changements de line-up en enchainant les albums (Goldkinder en 2013 et Wieder geil! En 2015), avec un passage chez AFM Records par la même occasion.
En 2019, le groupe redevient un duo, avec Marcel Neumann et le retour de Tobias Schultka, annonçant également Das Album peu de temps après. Ce dernier arrive en 2021, entre-temps le groupe a remixé « Hypa Hypa » d’Eskimo Callboy et Neumann a produit un des titres du combo.

Chronique

12 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Das Album ( 2021 )

Ou s’arrêtera donc la blague We Butter The Bread With Butter ?
Difficile à dire, quand on voit le succès d’un Eskimo Callboy qui cartonne avec son côté Partycore, ses perruques et ses refrains easy-listening. De fait, il est aisé pour certains de se lancer dans la brèche ouverte avec un certain succès, même si WBTBWB n’en est pas à son coup d’essai avec Das Album.

Ben oui, pourquoi se prendre la tête à chercher un nom de disque. Das Album, L’album par chez nous, c’est donc 13 morceaux (dont une intro), le retour du chanteur originel et six ans depuis Wieder geil!. Bien que le précédent opus possède déjà ce côté 18ème degré (« Ich mach was mit Medien », littéralement « Je fais quelque chose avec les médias »), les rajouts électro oscillant entre kitchs et épileptiques (voire les deux ne même temps), c’est avec Das Album que la mécanique semble aboutie.

Das Album, au-delà de la chanson des trottinettes, parle aussi de doigts (« Meine Finger sind zu klein »), de papier (« Schreibwarenfachverkäufer ») et de Doner Kebab (« Angriff der Dönerteller »). Le tout sur un côté encore plus décalé, puisque le dernier titre cité parle de l’attaque d’un plat de Doner spatial. Pas sûr que l’on comprenne la subtilité si on ne parle pas Allemand ou sans renfort visuel, mais la musique peut se suffire à elle-même la plupart du temps : Des claviers tubesques (« Läuft », prêt pour un remix de Mark with a K), du blast, un chant hurlé (« Jump’N’Run »), des breaks parfois assez lourds et quelques gimmicks vocales parsemant le tout., comme la cerise sur ton milk-shake. Si tu rajoutes le coulis au chocolat façon épique de « Letzer Song » et l’alternance growl / chant dégueu sur « Piks Mich » tu en as pour ton argent.

Musicalement donc, le disque n’est pas dégueu du tout, à l’image du titre mis en avant il y a quelques mois (« 20 km/h » pour ceux qui liront ça plus tard), ca part un peu dans tous les sens, avec donc des refrains qu’on peut reprendre en choeur, des passages assez lourds et cette cassure parfois électro en son milieu. J’aurais repris le même descriptif pour « Hypa Hypa », sauf qu’ici on tient face à un album complet. Ouvre tes oreilles, on passe en force. Un dernier point, qui tient largement plus de l’appréciation personnelle : il va être difficile de fédérer dans la langue natale des musiciens, là ou un chant en anglais aurait eu plus d’effet pour retenir autre chose que les « Oh Yeah ».

L’un des principaux soucis est que le truc peut devenir assez indigeste par moment, avec un trop plein de côté kitch, un côté parfois too much qui sied plus au live qu’au support physique. Parce que justement, on imagine facilement les gaziers venir sur scène avec une trottinette, un costume de dinosaure ou encore des sandwich Döner.
Comme vous vous en doutez, au-delà de la musique, l’aspect visuel joue grandement dans le potentiel succès de Das Album : entre la vidéo preview façon Signes (combo champ de maïs, chapeau en aluminium et regards étranges) et le clip de « 20 km/h » (qui assure bien plus que celui de « Dreh Auf! », plus classique même si je cherche encore un sens à cette banane), difficile de faire un truc plus coloré / kitch que certains groupes de Deathcore.

Est-ce que We Butter The Bread With Butter tiendra dans la durée avec ce disque. Pas sur que tous les titres reviennent régulièrement, même si un petit « 20 km/h » peut faire son effet. C’est là aussi tout le défaut de ces dernières sorties : arriver à passer le cap du « le clip est drôle / les paroles sont fun » sur plus de quelques mois. A mon sens, Das Album est bien plus taillé pour le live, comme un Ultra Vomit Goethien. D’autres, que je rejoins, parlons d’un objet de consommation.