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Biographie

Walking Across Jupiter

Walking Across Jupiter est un groupe de Metal moderne, mêlant Djent et Mathcore avec des éléments de Metal Progressif, originaire de Saint-Petersbourg (Russie). Le line-up tourne principalement autour d’Alexander Valitov (guitares) et Nikita Valamin (chant), tous deux compositeurs. Ils sortent la démo Scent en 2013, puis un single appelé Blossom en 2016. Au début de l’été 2018, Walking Across Jupiter publie l’album Oneiroid, qui présente de nouveaux morceaux mais aussi trois titres déjà présents sur Scent, en ajoutant à sa musique une surcouche de samples et d’arrangements orchestraux.

Chronique

16.5 / 20
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Oneiroid ( 2018 )

Ah, le Metal Symphonique. Ce genre étrange, qui, pour certains, ne parle qu'aux gamines émo ; qui, pour d'autres, donne des envies de parties de Donjons&Dragons en relisant Tolkien. De Nightwish à Blind Guardian, le panel est en effet large et on peut très bien être attiré par une extrémité du spectre sans accrocher à l'autre pour autant. D'autant plus qu'en dehors du genre à part entière, l'adjectif Symphonique peut s'apposer à d'autre styles : Black Sympho (Dimmu Borgir), Prog/Power Sympho (Symphony X), ou même Death/Grind Sympho (Fleshgod Apocalypse)... Et le Deathcore/Djent, a-t-il sa part du gâteau ? En a-t-il besoin, déjà ? La réponse a ses deux questions est "oui" depuis la sortie de Oneiroid de Walking Across Jupiter.

Pour affirmer ces réponses avec aplomb, il faut se poser une autre question, et on doit aussi en attendre un "oui" supplémentaire. Comme pour tous les autres sous-genres orchestrés, se pose la problématique suivante : est-ce bien branlé ? Avoir l'ambition de foutre du hautbois, de la harpe et de la clarinette sur son Metal habituel, c'est bien beau, mais encore faut-il avoir le talent de réussir ça proprement. Il faut que ça apporte quelque chose à la musique initiale au lieu d'essayer d'en masquer les défauts. Il faut que les compositions restent identifiables comme du Metal, sans que leur impact ne soit adouci par les arrangements. Il faut que l'ensemble "sonne", sans que ça donne l'impression d'être cheap, joué par un vieux synthé, car l'ambition est aussi d'élever la musique, de lui donner de la grandeur.

Les Russes de Walking Across Jupiter l'ont bien compris, et ont fait les choses bien : oui, c'est bien branlé.

Surprenant, plein de dynamiques (parfois inattendues), de changements d'ambiances, ce Oneiroid est un bijou d'originalité qui se démarquera facilement dans les deux scènes assez encombrées que sont le Djentcore et le Symphonique. Parmi les très nombreux exemples de qualités qu'on peut trouver dans cet album, citons par exemple la présence de quatre instrumentaux (de vraies longues pistes pour trois d'entre elles, plus une intro) qui n'en finissent pas de mettre en valeur les orchestrations intelligentes proposées par le groupe (sur la seconde moitié de Ask Och Embla, surtout).
Évoquons aussi l'art avec lequel les Soviétiques manient les mille grooves parsemés partout dans ces cinquante minutes : des phrasés de guitare presque plaintifs dans l'intro de Le Festin En Temps De Peste jusqu'au chœurs épiques dans Castaway en passant par les syncopes de l'intro colossale de Unus Multorum en ouverture d'album ou par ce côté "victorieux" dégagé par les folles ambiances de Hymns Of The Valiant, tout est complètement prenant, dansant, un appel au headbang.
Le chant est masculin (c'est important de le préciser quand il s'agit du registre Symphonique), souvent en voix claire mais régulièrement assez pêchu, poussant à l'occasion vers le semi-saturé. Et surtout, le chant est totalement maîtrisé. Le frontman donne ainsi une dimension incroyablement forte et puissante aux compositions (à l'image de la section 1:20 - 1:50 dans Unus Multorum, qui sonne comme le refrain le plus incroyable du monde, mais qui ne revient étrangement plus ensuite). Utilisé de façon dynamique et intuitive, les cordes vocales deviennent un véritable instrument, et le fait de s'en dispenser sur un tiers des titres de Oneiroid ne fait que mettre en lumière l'intelligence des Russes. On sent que l'ensemble est pensé cent fois pour aboutir à un résultat optimal. Si un passage requiert du trombone et du tuba plutôt que du chant, osef. Y a même du didgeridoo et de la cornemuse dans Unus Multorum, si si.

Walking Across Jupiter rate la perfection de peu, la faute à de rares passages un chouillat trop mièvres en fin d'album (Right To Life, Phantom Pain), mais surtout à cause de la reprise de Space Oddity (de Bowie bien sûr), qui casse le rythme du reste de l'album. Certes l'interprétation est originale et démontre encore les talents du vocaliste, mais l'ensemble ne parvient pas à décoller, le groupe s'étant focalisé, sur cette reprise, sur les ambiances plutôt que sur le côté bourrin de leur musique. Un manque de pêche en fin de disque qui ternit légèrement l'excellente impression qu'offrent les trois premiers quart de Oneiroid.

Alors la prochaine fois que vous entendrez parler de Metal Symphonique, vous pourr... Oui, vous deux là au fond, le thrasheur avec sa veste à patchs délavée et le coreux tatoué jusqu'en haut du cou, c'est à vous deux que je parle. Donc, la prochaine fois qu'on vous parlera d'orchestrations dans du Metal, avant de faire la grimace, dirigez la conversation vers Walking Across Jupiter et vous verrez que vous trouverez un terrain d'entente. Les gens qui écoutent du Sympo sont nos amis, il faut les aimer aussi.

A écouter : Unus Multorum, Castaway, Samum, Ask Och Embla
Walking Across Jupiter

Style : Metalcore / Deathcore Symphonique
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Origine : Union Soviétique
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