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Biographie

Vision Of Disorder

Vision Of Disorder se forme en 1992 et se fait rapidement un nom dans les souterrains New-Yorkais, par de nombreux concerts et leur mélange habile de hardcore et de metal, lorgnant sur le thrash. Leur premier objet Still EP voit le jour en 95, puis le premier album éponyme sort en 96 suivi deux ans plus tard par Imprint, désormais devenu un classique du genre (ces deux-là ont été distribués via Roadrunner Records). Le groupe refait surface en 99 avec For The Bleeders, une compilation qui regroupe d'anciens morceaux réédités. Leur dernier album en date, From Bliss To Devastation, voit le jour en 2001, sur la major TVT Records et montre une grosse évolution dans le son, s'orientant davantage vers les atmosphères planantes et les mélodies obscures. En 2002, Tim Williams et ses camarades de jeu se séparent, se produisant toutefois sporadiquement sur quelques scènes, dans le même temps le premier et Mike Kennedy (guitare) iront tenter quelques trucs avec Bloodsimple.le reste s'agitera au sein de Karnov ou DRAG.
 
2012, fin du monde approchant, le quintet se dit sans doute qu'il serait judicieux de se reformer et de pondre un dernier disque, The Cursed Remain Cursed chez Candlelight Records, avant de trépasser. Il n'en sera rien car les New-Yorkais sortent un cinquième album en 2015, Razed To The Ground, produit par Zeuss (Rob Zombie, Bleeding Through, Soulfly, Municipal Waste, etc).

Brendon Cohen : Batterie
Mike Kennedy : Guitare
Tim Williams : Chant
Mike Fleischmann : Basse
Matt Baumbach : Guitare

16.5 / 20
6 commentaires (15.92/20).
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Razed To The Ground ( 2015 )

L’un des rescapés d’une scène hardcore New-Yorkaise en pleine émancipation dans les années 90, l’un des groupes les plus sous-estimés de sa « catégorie », Vision Of Disorder n’en démord pas et s’acharne à sortir des disques de qualité. L’album du grand retour de 2012, The Cursed Remain Cursed, bien que pas si simple d’accès, contenait toujours ce qui fait la force de VOD, soit l’alliance limpide du hardcore et du metal (mais pas que), portée par un vocaliste continuellement bluffant de maîtrise. Razed To The Ground emprunte la même voie, peaufinant la synthèse entre rage et mélodies bien senties, flanqué d’une production (par Zeuss) plus organique, plus instantanée, et d’un visuel qui claque, très à-propos.

Disons le d’emblée, ce cinquième album est une belle gourmandise, un superbe gâteau fourré au groove et au songwriting d’exception pour faire dans l’analogie pâtissière approximative. Des éléments constants chez VOD, qui atteignent ici des sommets de cohérence couplée à une puissance de feu intarissable. Le bestiau nous agrippe dès le furibard Heart Of Darkness et ne relâchera nos oreilles prostrées qu’aux derniers instants du somptueux et follement pertinent Amurdica: Culture of Violence, sans doute l’un des meilleurs titres pondus par les New-Yorkais. Entre les deux on aura droit à un enfilage de perles, qu’il s’agisse d’Electric Sky où Williams emprunte un instant les cordes vocales de feu-Layne Staley (Alice In Chains), comme ça tranquille, ou bien de l’éponyme ultra percussif en mutation permanente, enchaînant les plans de manière évidente, démontrant une souplesse rythmique et riffique admirable. Il n’y a tout bonnement rien à jeter, chaque morceau est une friandise qui s’avale tout à fait naturellement, qui glisse toute seule et se digère sereinement. Plus que jamais le groupe avance unifié, comme un seul être, intense et sincère, mélancolique et déterminé.

Alors qu’on pouvait reprocher une production un peu trop plate sur l’objet précédent, difficile de trouver un défaut à ce Razed To The Ground, tant le dosage des différents éléments y est millimétré, faisant le lien entre la brutalité d'Imprint et le spleen de From Bliss To Devastation. En jouant les tatillons on pourrait pointer justement l’aspect calibré du bouzin, mais c’est un défaut qui n’en est plus un lorsqu’on s’aperçoit que la rondelle tourne en boucle et qu’on ne s’en lasse jamais. Vision Of Disorder confirme une fois encore et définitivement son statut d’incontournable.

A écouter : de manière cyclique.
15.5 / 20
5 commentaires (16.8/20).
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The Cursed Remain Cursed ( 2012 )

11 ans de hiatus interminable pour un groupe qui nous aura laissés gisants-là tels des connards émerveillés, décontenancés, ou bien carrément dégoutés par un From Bliss To Devastation qui, quoi qu’on en jacte, débordait de créativité malgré une orientation mélodique planante assumée et joliment assurée. Et voilà qu’on nous annonce soudainement, à grands coups de promo inopinée, un nouveau disque de Vision Of Disorder. La chose se nomme The Cursed Remain Cursed, mais pas l'ombre d'une malédiction au-dessus des caboches new-yorkaises, bien qu’on ait pu y songer durant ces onze années de disette musicale.

Que les aficionados des premiers émois de VOD se rassurent, la violence est on ne peut plus présente, renforcée et augmentée d’un son énôrme, quoique sporadiquement lisse. Le tubesque Loveless est là pour en témoigner, et le reste de l’album aussi. Que les adeptes du virage mélodieux sèchent leurs larmes de grands sensibles, le chant clair se fait entendre dès l'entame, un brin calibré "hard FM" parfois, ce qui est plutôt irritant mais ça ne s'étale pas trop. Et puis, il faut tout de même avouer que l’agencement de ces deux aspects est plutôt remarquable sur l’ensemble des compositions, comme Blood Red Sun qui fait la transition à merveille, ou bien l’ultime titre Heart And Soul, un petit bijou auditif de hardcore sirupeux entrecoupé de phases mélodiques étranges et incongrues, dont la voix évoquera...Bono (U2).

Ce disque comporte une ribambelle de riffs assassins pétés de rythme (Hard Times, The Enemy, New Order Of Ages), de lignes de basses destructrices, de frappes aussi fluides que sèches, et on peut reconnaître que Tim Williams a toujours son putain de coffre, saturé de variations multiples, alternant subtilement entre clarté et viol de cordes vocales (Skullz Out (Rot In Pieces), ou l'étonnant Be Up On It). Le reste de l’équipe ne démérite pas, maintenant la pression instrumentale du début à la fin, sans coup de mou, avec précision et dextérité. Le quintet semble avoir avalé toute sa discographie pour la digérer en matière sonore de premier choix. L’on peut regretter un léger manque de spontanéité sur les premiers titres, qui n’obstruera point le plaisir instantané ressenti à l’écoute de ce hardcore métallisé mutant, se révélant finalement comme un consistant hommage aux scènes induites. Ça flaire bon les nineties et ça ajoute une belle ingéniosité dans les structures et textures. Non, le poids des années n’a vraisemblablement eu aucun effet négatif sur l’énergie, la puissance et le groove souple de Vision Of Disorder, c’est même tout à fait l’inverse.

The Cursed Remain Cursed en écoute sur deezer.

A écouter : Blood Red Sun, Hard Times, Skullz Out (Rot In Pieces), The Enemy, New Order Of Ages, Be Up On It, Heart And Soul.
15 / 20
11 commentaires (14.18/20).
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From Bliss To Devastation ( 2001 )

Trois longues années de patience auront été nécessaires avant de découvrir enfin le successeur de l'excellent Imprint répondant au nom prometteur de From Bliss to Devastation. Désireux de s'élargir vers d'autres horizons musicaux avec un album que le groupe décrit comme influencé par Black Sabbath ou les Beatles, Vision of Disorder a consacré deux années entières à la composition de ses nouveaux morceaux.

Dès la première écoute, on remarque qu'il n·y a quasiment plus de passages criés. Tim Williams chante beaucoup plus que sur Imprint et il s'impose comme un chanteur d'exception avec son timbre de voix particulier et sa faculté à alterner passages criés et chantés avec la même aisance. Plus généralement le rythme s·est ralenti, laissant place à des riffs noirs lourds que n'aurait pas renié Black Sabbath (comme le début de "Living to Die") ou même quelques autres groupes de metal plus actuels.
En bref, Vision of Disorder s'est fait beaucoup plus planant et envoûtant, même si un morceau comme l'excellent "Itchin' to bleed" nous rappelle les racines hardcore du groupe. Globalement, les morceaux sont de très bonne facture et on retiendra en particulier "Living to Die", "Itchin' to bleed", "Pretty Hate" et "Walking the Line" qui sont de petits bijoux. Néanmoins on peut regretter le manque de dynamisme et de rythme sur certains titres qui restent tout de même très bons.

Malgré ce virage musical qui décevra sans doute les hardcoreux purs et durs, Vision of Disorder n'a rien perdu de son talent et nous le démontre avec cet album bien loin de toutes les modes actuelles.

A écouter : Living to Die ; Itchin