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Biographie

Villagers Of Ioannina City

Villagers Of Ioannina City est un groupe qui nous vient de la ville d’Ioannina en Grèce. Il se compose d’Alex Karametis au chant et à la guitare, Akis Zois à la basse, Aris Giannopoulos à la batterie, Konstantis Pistiolis à la clarinette et Achilleas Radis au clavier. 

Le groupe pratique un Stoner Rock pour le moins original. Il marie en effet les rythmiques lourdes sans concession du Stoner avec de la musique folk traditionnelle grecque, notamment par le biais de la clarinette. Cela donne des compositions au psychédélisme étrange, bien loin des frontières habituelles de ce genre musical. Après une première démo en 2010, le groupe sort Riza en avril 2014.

Chronique

16.5 / 20
9 commentaires (15.83/20).
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riza ( 2014 )

Il existe certains disques pour lesquels les premières secondes suffisent. Des découvertes qui égayent une journée, un mois, voire une année musicale. Les grecs derrière Villagers of Ioannina City sortent en 2014 leur tout premier album riza, et vous n’avez pas fini d’en entendre parler. 

Dès les premières secondes, disais-je. Après une courte introduction, Echoes brandit avec force la marque de fabrique du groupe. Tenter de réduire la musique pratiquée par Villagers of Ioannina City en une case est particulièrement difficile et réducteur tant ils se jouent des frontières et des a priori avec aisance. Disons toutefois que ce titre nous plonge dans un mélange de Stoner Rock teinté de Post-Rock le tout dans une veine Grunge notamment au niveau de la voix. Rien d’incroyable jusqu’à présent me diriez-vous, sauf que le meilleur est à venir, puisque la vraie particularité du groupe est de venir briser en mille morceaux nos acquis de mélomanes par l’utilisation de la musique folk traditionnelle grecque. Cette clarinette est véritablement centrale sur l’album et occupe la part belle sur presque chaque morceau. Sans être un effet gadget qui aurait pour unique but de faire original plutôt que de l’être réellement, elle donne tout son piment aux compositions du quintet. A certains moments, l’impression de retrouver la lourdeur du travail de Josh Homme avec Kyuss ou Queens of the Stone Age en featuring avec le Jazz fou et corrosif de Pharoah Sanders est tellement enivrante qu’elle est à peine croyable.

Du haut de son heure quinze de musique, riza reste passionnant de bout en bout. 
D’une richesse incroyable, muable et caméléon, le groupe émeut entre soli fragiles sur Perdikomata et l’utilisation de Field Recordings sur l’introduction Kalesma mais aussi au début de Chalasia. L’œuvre proposée est d’une minutie, d’un sens de la mélodie mais aussi du riffing comme j’ai rarement eu l’occasion d’écouter sur un premier album. 
Les guitares sont bien présentes sur riza et la puissance Stoner est même prédominante sur toute la durée de l’album. Des morceaux tels que Ti Kako et ses rugissements finaux ou encore St. Triad et sa conclusion tout en accélération accompagnée de cette fameuse clarinette malicieuse ne me contrediront pas. 
Impossible de rester indifférent face au chant d’Alex Karametis qui allie avec une grâce inédite puissance grunge à la Soundgarden ou Alice In Chains et rituels incantatoires tout bonnement inclassables. Toujours chantées en grec, c’est à partir de ce jonglage ambitieux que les compositions s’envolent au gré des vents d’une liberté saisissante. 
La construction de l’album est assez inhabituelle. Dispersés d’un bout à l’autre de l’album, de nombreux morceaux dépassent allègrement les huit minutes tandis que le reste oscille entre 3 et 6 minutes.  Ici la notion de « ventre mou » souvent décriée dans ce genre d’albums ambitieux n’est absolument pas au rendez-vous. C’est même tout l’inverse qui se produit puisque c’est au cœur du voyage que la tension atteint son apogée avec des titres comme Krasi, Ti Kako ou Perdikomata. Véritables points culminants de la démonstration, ces trois titres cumulent vingt-cinq minutes à eux-seuls et démontrent avec une classe absolue l’étendue pharaonique d’un génie créatif épatant. 

riza est une odyssée moderne où plane l’odeur sauvage et archaïque des côtes méditerranéennes. Au gré d’une promenade épique, Villagers of Ioannina City laisse une traînée salée sur nos pigmentations trop peu souvent malmenées de la sorte. Des découvertes de cet acabit ne se font pas tous les jours, passer à côté serait un crime de lèse-majesté.


NB : L'album est en téléchargement libre sur leur Bandcamp, raison de plus d'y succomber. 

A écouter : Avec attention.
Villagers Of Ioannina City

Style : Stoner Rock
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Origine : Grèce
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