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Biographie

Victorius

Victorius voit le jour à Leipzig en 2004 mais il faudra attendre 2010 pour que le quintette allemand sorte son premier album, autoproduit, Unleash The Titans : un vrai désastre, avec un chant faux au possible, des riffs bateaux et des solos à côté de la plaque (raisons pour lesquelles cet album n'est pas disponibles sur les plateformes de streaming ?).Là où beaucoup auraient pu jeter l'éponge, Victorius se ressaisit et sort l'année suivante un album digne de son nom et de son genre. The Awakening pose les jalons d'un Power Metal épique, à la croisée entre Dragonforce et Edguy et on sent à tous les niveaux les énormes progrès réalisés par le groupe. En 2014, les Allemands récidivent avec Dreamchaser, toujours aussi efficace, et part en tournée aux cotés de Freedom CallVan Canto ou Grave Digger
En 2017, Victorius s'aventure dans un registre un peu plus symphonique sur Heart Of The Phoenix, mais il manque toujours le petit plus pour faire la grosse différence. C'est alors qu'en fin d'année le groupe annonce la sortie, prévue le 26 janvier 2018, d'un EP sobrement intitulé Dinosaur Warfare - Legend Of The Power Saurus.

Chronique

Dinosaur Warfare - Legend of the Power Saurus ( 2018 )

Qui n’a pas été fan de dinosaures dans sa prime jeunesse ? Presque personne, c’est un fait établi. Mais qui est encore fan de dinosaures passé 30 ans ? Encore pas mal de monde vu le succès au box office du dernier Jurassic World. Et notamment cinq gaillards allemands, certainement lassés des thématiques emblématiques et clichés du Power Metal (dragons, magie, Croisade, Japon médiéval…) qu’ils ont épuisés sur leurs trois premiers album. Cependant, ayant certainement trop regardé Kung Fury, ils se sont dit que de simples dinosaures, ça serait pas assez marrant. Alors ils leur ont rajouté des lasers et les ont fait s’allier au sein de la Dinoforce, une section d’élite chargée de combattre les aliens venus envahir leur royaume !

Une fois ce décor planté, on serait alors tenté de dire que Dinosaur Warfare est au Power Metal ce que Sharknado est au cinéma, mais il n’en est rien, bien au contraire. Car si Sharknado a été filmé avec les pieds, autant Dinosaur Warfare bénéficie d’une écriture et d’une production impeccable : chevauchées rythmiques endiablées, refrains qui te rentrent immédiatement dans le crâne et que tu as envie d’hurler à plein poumons, solos épiques, tout est là, calibré pour te faire péter le cerveau à 200bpm. 

De plus le format court de l’EP s’adapte parfaitement bien ici. Victorius avait peut-être en tête les adages « point trop n’en faut » ou « les meilleures blagues sont les plus courtes ». Le concept étant déjà tellement abusé, il était intelligent de la part des Allemands de ne pas aller trop loin, ni trop longtemps, empêchant aussi l’auditeur de succomber à une overdose de notes. Le résultat est donc très équilibré, avec un titre qui introduit l’univers, trois qui développent les évènements et présentent les protagonistes (dont un tigre à dents de sabre laser qui vole !) et un dernier qui conclut l’histoire. Les ambiances des titres sont également adaptés à leur emplacement sur le disque et si Lazer Tooth Tiger ou Razorblade Raptor sont tonitruants, on sent une pointe de mélancolie dans le refrain de Flames Of Armageddon qui clôt le récit.

Le Metal est un milieu qui se prend souvent trop au sérieux (coucou Manowar), aussi ce concept EP complètement débile et assumé apparaît comme une bouffée de fraîcheur. Oui, c’est n’importe quoi du début à la fin (Ross Geller affirmerait que les tigres à dents de sabre n’ont pas vécu à la même période que les dinosaures, les premiers spécimens étant apparus plus de 60 millions d’années après la disparition de ceux-ci) mais on s’en fiche complètement. On ne pourra donc qu’acquiescer : les dragons, c’est surfait !

A écouter : après avoir binge watché l'intégrale de Denver, le dernier dinosaure