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Biographie

Ventura

Ventura est un trio de Giez-sur-Lausanne (Suisse) créé en 2002 et formé d'ex Illford et Iscariote dévoués à la cause de l'indie rock aux accents noise.
En 2005 le groupe sort 2 split 10" sur Get A Life Records avec Cortez (chronique) et Disco Doom. Ventura participe également à la BO du film Rollow de Emmanuelle Antille avant la sortie de Pa Capona, premier album en 2006.

Chroniques

Ultima Necat Pa Capona
16.5 / 20
7 commentaires (16.14/20).
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Ultima Necat ( 2013 )

Ventura s'offre le parcours rêvé d'une discographie sans faille. Avec son 3ème album, Ultima Necat, les Suisses flirtent à nouveau avec l'Indie Noise qui a su les imposer discrètement et dont ils ne se sont jamais détournés, initié sur les 2 premiers Splits et approfondi sur Pa Capona puis We Recruit.

Ultima Necat, du latin "La Dernière Tue", est un titre trompeur. Sans se limiter en une seule compo, Ventura démontre son talent sur l'intégralité des 9 titres, des 11 minutes de "Amputee" au captivant "Body Language". Rien ne dépareille, ne ternit l'aura qui se dégage de ce LP et ce sont les mêmes éléments qui caractérisaient Pa Capona ou We Recruit que l'on retrouve ici.
On pensait, lorsque l'on écoutait pour la première fois Pa Capona, à Slint ou Fugazi. C'est toujours le cas, mais l'identité de Ventura est forte : le chant ne hausse jamais le ton, tandis que les cordes vibrent jusqu'à faire s'effondrer les derniers remparts de la volonté (l'ensorcelant "Amputee"). Car c'est bien là ce qui permet à Ventura de toujours rester au top, cette sensation de toujours se renouveler sans pourtant changer la méthode initiale.
On pourra noter le très bon "Nothing Else Mattered", un brin 90's sans autant être passéiste ou avoir d'air de "déja entendu", qui amorce le tube "Body Language" et succède à l'époustouflant "Little Wolf". La mélancolie est de mise, la fragilité également, mais pourtant tout ceci vient sans désespoir, plutôt avec une douceâtre résignation. Tout prend finalement sens sur "Amputee" : ce que l'on cherchait depuis tout un temps, ce qui frémissait sur We Recruit, cette amère volupté dont le parfum se transforme en essence de sensations. Un régal.
Il n'y a rien à dire de plus au final. Ceux qui ont aimé les précédents opus seront enchantés par Ultima Necat, parce qu'il ressemble vaguement aux sorties antérieures mais n'en a heureusement pas tous les traits. On résumera Ultima Necat en ce qu'il est : un putain d'album, avec un trio toujours capable de livrer des mélodies fraîches et saisissantes.

Une tuerie.

A écouter : Tout, sans hésitation !
16 / 20
1 commentaire (19/20).

Pa Capona ( 2006 )

Un rapide coup d'oeil sur le site web de ces anciens Illford, Shovel et Iscariote nous apprend que "Pa Capona" signifie en patois Saviésan "Ne pas baisser les bras". A n'en pas douter, le trio helvète s'est efforcé d'appliquer ce précepte, car au bout de 4 ans d'existence arrivent enfin les premièrs disques et surtout ce premier album, véritable aboutissement des efforts de Ventura.

Les deux excellents morceaux du split avec Cortez laissaient entrevoir une tendance à cultiver les assauts  bruitistes et écorchés autant que les atmosphères mélancoliques ("I Keep Starting") à travers un indie rock épais et puissant. Sur la même longueur d'onde, les 13 titres de Pa Capona distribuent autant de baffes que de caresses et entrevoient aussi bien l'énergie brute des guitares grasses et incisives que l'efficacité des mélodies classieuses et évidentes. Si on peut légitimement s'aventurer à quelques comparaisons comme Slint et Fugazi ("Violent, All The Time") pour l'aspect bondissant, le songwritting sans fioriture et le malaise quasi permanent ou Dinosaur Jr pour la violence des parties noise, Ventura propose une réelle alternative, voire même une des meilleures depuis un moment dans le genre.
Ventura met en avant un talent de composition bluffant qui, évitant les répétitions et autres essorages de recettes bien connues, mise sur une efficacité sans temps mort. A l'image des distorsions électriques du fabuleux "Limits" ou de la rythmique tragique de "Let Yourself go", chaque titre fourmille de trouvailles qui renouvellent l'intérêt à chaque instant. Capable de la plus grande finesse comme des dégringolades sonores les plus inattendus, Ventura donne le tournis, mais pas celui qui endort l'esprit, celui qui le fait pétiller de milles feux ! Quant au chant, tendu et soutenu par un grain très particulier, son adaptation à chaque situation lui permet d'insuffler une véritable âme sans trop habiter les compositions. Au final, même si on a un peu tendance à se rabattre sur les titres les plus "tubesques" ("Limits", "Thouhts and speeches"), les suisses réalisent un beau carton plein.

Présenté dans un beau digipack et servi par une production typée "live" taillée pour la course, Pa Copona est un premier album étincelant, efficace et très personnel qui saura faire son trou sans difficulté chez les amateurs d'indie-rock noisy de haute volée.

Page MySpace.

A écouter : Limits - Back to Sender - Let yourself go - Thoughts and speeches