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Biographie

Vein.fm

Émergeant des sous-sols de Boston les cinq gaziers de Vein amorcent leurs brutales activités en 2013, et sortent un premier EP sans titre qui posera les jalons d'un hardcore chaotique renouvelé, augmenté d'influences néo metal et drum and bass, ou encore cinématographiques et vidéo-ludiques. Deux ans plus tard le groupe sort un deuxième EP répondant au nom de Terrors Realm, distribué en cassette via Threat Collective, et un troisième court, Self-Destruct, en 2017, cette fois hébergé par Closed Casket Activities. On patientera un an de plus pour voir débarquer le premier album, Errorzone, produit par Will Putney (Body Count, Thy Art Is Murder, Every Time I Die, Knocked Loose).

15.5 / 20
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This World Is Going To Ruin You ( 2022 )

Enregistré début 2020, This World Is Going To Ruin You fait partie de ces albums dont la destinée a été perturbée, COVID oblige. Ce n’est ainsi que deux ans plus tard, en mars 2022, que le successeur d’Errorzone est enfin sorti. Le temps pour les bostoniens de changer de nom (avec l’ajout du suffixe .fm), d’enregistrer une compilation de titres réarrangés (Old Data In a New Machine Vol. 1), de monter un collectif (Deathfmradia), de se lancer dans de multiples side projects (No Souls SavedFleshwaterLiving WeaponVenom Benzo), d’incorporer un nouveau membre, Benno Levine (DJ / Samples) et surtout, de changer d’état d’esprit. En effet, comme l’expliquait le chanteur Anthony DiDio dans une interview, jouer en concert pour la première fois des titres composés plus de deux ans auparavant n’est pas aisé. Dans le même temps, cela a permis au groupe de tester leur pérennité.

Dans sa première partie, This World Is Going To Ruin You se la joue « Errorzone Vol. 2 ». L’alliage instable d’éléments de Hardcore, de Mathcore, de Screamo et de Neo qui caractérisait son prédécesseur est ici comme augmenté par une production plus grasse et une approche mécanique, pour ne pas dire Indus. Contrairement à d’autres aspects de leur son (on y reviendra), l’approche très beat électro de la batterie (The Killing Womb), les ambiances créées par les samples et ce culte du chaos sonore (Versus Wyoming), ancrent définitivement Vein.fm dans quelque chose de très actuel, les reliant ainsi à des formations comme Code Orange, Knocked Loose ou encore Candy (avec leur dernier LP). 

Précipités d’énergie brute et de violence, les titres aux formats très courts (la plupart ne dépasse pas les 2’30) s’enchaînent ainsi à un rythme effréné. Mais rapidement This World Is Going To Ruin You se révèle ne pas être la redite de son prédécesseur. Moins systématiques dans leur composition (Errorzone usait et abusait des riffs stridents), les morceaux se font plus variés, laissant place à des respirations qui n’existaient pas auparavant. Ces aspects plus « soft » de leurs morceaux sont d’ailleurs ceux qui font de Vein.fm une formation dont il est souvent dit qu’elle regarde vers le passé, avec de nombreuses influences issues de la fin des années 90 / début des années 2000. Fear in Non Fiction propose ainsi un featuring avec Geoff Rickly de Thursday, Magazine Bleach a un côté très GlassJaw, Wavery développe des nappes à la Deftones. Funeral Sound, quant à lui, réhabilite le fameux dernier morceau « calme », censé être la preuve de l’atteinte d’une forme de maturité dans l’écriture musicale. L’enchaînement Wavery / Funeral Sound fait basculer l’album dans une autre dynamique en développant un son très différent, plus posé, plus aéré. Du fait qu’ils clôturent This World Is Going To Ruin You et qu’ils représentent à eux deux plus d’un tiers de la durée du disque, ils imprègnent forcément l’image que l’on en conserve. Mon sentiment à leur égard est ainsi mitigé : ils proposent une ouverture et font que le LP n’est pas d’un seul tenant mais, dans le même temps, ils renvoient à des sonorités qui restent un peu datées, même s’il y aurait (cela reste à être confirmé) une forme de revival Nu.

Avec ses multiples références et influences, Vein.fm semble parfois tenter de résoudre la quadrature du cercle. Malgré les quelques doutes évoqués, force est de constater qu’ils y arrivent plutôt bien. Dans tous les cas, si les bostoniens passent par chez vous, n’hésitez pas une seule seconde et prenez-vous une place tant ils assurent en live !

This World Is Going To Ruin You s'écoute en intégralité sur bandcamp.

15.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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Errorzone ( 2018 )

Le quintet de Boston est de cette vague de groupes de jeunes (Code OrangeJesus Piece, Knocked Loose, etc) qui échafaudent de nouvelles manières de brutaliser nos frêles oreilles pour un genre déjà correctement renouvelé. Engagé depuis 2013, le hardcore chaotique imprégné de saveurs néo metal de Vein ne dévie pas de sa ligne fracassante, néanmoins de plus en plus chiadée à chaque sortie. Errorzone en est donc la concrétisation en « long » format, qui s’impose comme un efficace agent d’entretien des cages à miel.

On calcule direct que l’on a pas affaire à un groupe de hardcore comme les autres, Virus://Vibrance ou Rebirth Protocol trempés dans un bain drum and bass nous le confirment avec virulence. Chaos oblige, les pétages de plombs sont légion, et se percutent aussi bien aux réminiscences d’un bruyant néo metal exhumé (Broken Glass Complexion, Demise Automation) qu’à la déconstruction familière d’un Converge. La plupart des titres ne dépassent pas les trois minutes, malgré une consistance assez incroyable, tandis que d’autres se démarquent par leur durée, mais pas seulement. C’est le cas de Doomtech, qui nous trimballe dans les profondeurs de la machine et prend le temps de nous en extirper par le biais d’une voix claire faussement salvatrice, alors que End Eternal malmène nos chétifs corps humains par ses guitares stridentes et son groove éclaté, la section rythmique étant de façon générale plutôt ébouriffante, ultra sèche et sans concession, aucune. Quant à Errorzone le point culminant est atteint, le tempo ralentit un brin pour nous laisser apprécier une lourde progression vers un retour de chant clair et maladif, doublé, qui s’incruste dans l’esprit comme la peste, accompagné de notes de piano joliment disposées. Le reste constitue un déluge de riffs gras et concassés, de hurlements sacrément vénères et possédés, souvent typés screamo, et d’un paquet de trouvailles sonores qui ont le bon goût de s’inscrire à merveille dans le chaos ambiant.

Errorzone donne le sentiment d’écouter une machine consciente en cours d’émancipation, tordant jusqu’à la rupture les barreaux de son programme, cherchant par tous les moyens de s’offrir une vie meilleure, sans vraiment y parvenir. En 27 minutes Vein sublime un dosage que le quintet rode gentiment depuis ses débuts, et on suivra désormais la suite de ses aventures avec une attention décuplée.

Bandcampzone.

A écouter : entre deux lignes de code.
Vein.fm

Style : Hardcore / Mathcore / Metal
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Origine : USA
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