logo Varials

Biographie

Varials

Monté en 2013 à Philadelphie, Varials suit un parcours similaire à Jesus Piece, groupe originaire du même bled, le premier pratiquant un Hardcore moderne plutôt inspiré par le Neo Metal des années 90/2000, en particulier Slipknot, mais aussi par le Beatdown, le rapprochant davantage de Knocked Loose, autre compagnon de tournée. Le quintet de formation (Shane Lyons, James Hohenwarter, Mike Foley, Sean Rauchut et Jared Pilieri) sort un premier EP la même année, Recollection, regroupant leurs singles d'alors, puis le chanteur Pilieri se retire du groupe pour laisser place à Travis Tabron en 2014. Un second EP, Failure / Control, sort en 2015, suivi d'un split avec le groupe Vicious Embrace l'année d'après. En 2017 Varials signe sur le label Fearless Records pour la sortie du premier long format Pain Again, accompagnée d'un nouveau départ, cette fois-ci du guitariste Lyons remplacé par Mitchell Rogers. A peine deux ans plus loin le quintet sort son deuxième album, In Darkness, toujours chez Fearless, mais se sépare une fois de plus de son chanteur, Tabron, en 2020, Rogers s'occupant alors de la voix sur la tournée prévue cette année-là.

Chronique

16.5 / 20
0 commentaire

In Darkness ( 2019 )

Issus des mêmes souterrains philadelphiens que leurs voisins de palier Jesus Piece, les jeunes gens de Varials enfoncent tout de même les planchers depuis 2013, à travers un réajustement Hardcore fort judicieux et personnel, s’inspirant néanmoins d’éléments du passé relativement récent, en particulier de ce que l’on nomme souvent de manière péjorative « Neo-Metal », genre qui avait lui-même emprunté au noyau dur. Résolument marqué par la fin des 90’s et du début des années 2000, le quintet (désormais quartet après le départ du chanteur en 2020) ne fait pas non plus n’importe quoi et se contente simplement d’extraire le meilleur de cette période (on pense surtout aux premiers Slipknot) pour l’intégrer à la violence intelligemment exécutée de sa musique, pleine de souffle Shoegaze et d’une souplesse Beatdown proche de celle de leurs autres camarades de tournées Knocked Loose. In Darkness est l’aboutissement de cette lumineuse démarche.

Le premier album Pain Again impressionnait déjà par cette science du dosage entre pétages de tronche massifs, vapeur ambiante et spoken words pré-enregistrés. Un hurleur qui donne des leçons à Corey Taylor, des guitares méchamment lourdes, un son de basse qui grignote la cervelle et un batteur, sans être virtuose, captivant de précision et de puissance. On imagine bien que la production en béton avait sa part de responsabilité, mais on ne pouvait que saluer le boulot d’ensemble malgré un léger manque de variété dans l’écriture. Rebelote avec In Darkness donc, de manière plus aérée encore, et moins monolithique, l’objet bénéficiant ici de subtilités électroniques toujours pertinentes, sans toutefois laisser le brutal de coté, loin de là.

I Suffocate empile les gros riffs bien gras, fait vibrer la basse dans un bain d’acier fondu, et nous moleste via des frappes lourdes de sens, en phase avec les paroles (« It takes the air right from my lungs, but I could never bite my tongue, you watch me die »), tout comme South of One et son groove captivant dans lequel la voix de Brendan Murphy de Counterparts s’inscrit à merveille. Romance et surtout le très fameux The Love Machine s’aventurent un instant sur les terres de Deftones par un chant clair fragilisé, puis les machines plus ou moins grésillantes font la passerelle ici et là, vers notamment une Deathsong au pilonnage ample et viscéral, ou encore la correction quasi industrielle d’un Maze final aux contours Death ramassés.

Les références de Varials sautent aux oreilles mais se fondent idéalement dans un magma de Hardcore moderne assez inédit, où la passion et la mesure règnent, au risque de fournir de jolis frissons. De manière plus appuyée que son prédécesseur, In Darkness brille par sa singularité dans une scène manifestement gavée de ressources et d’avenir.

Intégralement disponible à l'écoute dans les ténèbres de tontube.

A écouter : dans l'ombre.