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Biographie

Useless ID

Yotam Ben-Horin - Chant, basse
Ishay Berger- Guitare
Guy Carmel - Guitare
Yonatan Harpak - Batterie

Marrant comme on pourrait penser que Useless ID possède la vingtaine éternelle à les voir en photos et à les écouter. En images ou en musiques, les israéliens gardent en effet cette fraîcheur indécollable. Et pourtant, c’est en 1994 que Useless ID a posé les premières pierres de son édifice. L’affaire est d’abord locale et familiale. Le groupe joue principalement à Haifa, sa ville natale et sort ses deux premiers opus - Dead’s Not Punk (1997) et Get in the Pita Bread Pit (1999) - de manière indépendante via le label auto-créée pour l’occasion : Falafel Records. C’est l’occasion qui va permettre au combo de sortir du pays. Le groupe tourne en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. C’est là qu’il fait la rencontre de Kris Roe, le frontman de The Ataris. Les deux formations se mettent d’accord pour faire un split : c’est la naissance de Let It Burn (2000). Un de ses titres ("Too Bad You Don't Get It" ) est sélectionné pour faire parti de la fameuse compilation Fat Short Music for Short People (99 titres joués par 99 groupes différents dans des formats limités autour de 30 secondes).
Useless ID vient de rentrer dans la cour des grands. Ces événements permettent au quatuor de signer chez Kung Fu Records (The Vandals, Audio Karate) chez qui sort l’excellent Bad Story, Happy Ending (2001), sur lequel on retrouve Kris Roe à la production. Suit en 2003 le chef d’œuvre du groupe, No Vacation From The World qui voit la participation au processus de création de Angus Cook (Bad Astronaut), Joey Cape et Tony Sly (No Use For A Name). Un monument de punk rock mélodique européen. Un autre grand nom de la scène Bill Stevenson des Descendents se charge du suivant: Redemption (2005).Mais en dépit du titre, c’est plus un virage poppy qu’une renaissance auquel on assiste. Malgré ce semi-échec, les israéliens refont confiance à Stevenson et au studio du Blasting Room (Colorado) pour enregistrer leur 6e opus - The Lost Broken Bones – marqué par un retour à quelque chose de plus punk rawk et une arrivée chez Suburban Home Records.

Chronique

15.5 / 20
2 commentaires (17.5/20).
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The Lost Broken Bones ( 2008 )

"No more medecine". Le mot est lâché d’entrée, comme un avertissement. Comme une résolution.
Au diable le remède, le punk se nourrit des fléaux.

Au début des années 2000, Useless ID avait marqué de son empreinte le punk rock européen avec Bad Story, Happy Ending et No Vacation From The World, chef d’œuvre en 14 actes ; Useless ID détenait alors ce truc en plus, cette manière de rendre chacun de ses morceaux uniques et inoubliables. Et puis les années sont passés, et les israéliens ont quelque peu cédé aux ravages du temps qui gangrènent tant de combos punks : l’usure, le ralentissement, la popisation. On les a cru finis, on a eu tort. The Lost Broken Bones débarque avec l’évidente intention de briser quelques fémurs. Le Useless ID "pop" est enterré. Place est faite à la hargne.

Tout en ne crachant pas sur l’héritage des 90’s – early No Use For A Name en tête – Useless ID reprend donc le sens de la marche par la tignasse et lui fait goûter la peau âpre des tambourins. Do you feel the impact ? Conséquences : le rythme dit à nouveau "va chier" à la lenteur, et les guitares cambrent les cordes sans retenue ("Already Dead"). "It’s like killing a ghost".
Tout y est mis en double ration, sans lubrifiant et ce qui n’aurait été qu’effleuré sur l’opus d’avant se trouve ici gravé au burin ("Undecided"). En outre, en reprenant le contrôle de la monture et en n’hésitant plus à jouer des éperons, le quatuor retrouve alors de sa superbe et claque un nouvel enchaînement de compositions imparables ("Isolate Me", "Mouse In A Maze", "Night Stalker"… enfin toutes quoi !). La Mort aux trousses, la colère et le questionnement vis à vis du monde comme compagnon d'infortune (lyrics socio-méditatives des plus intéréssantes) Useless cavale comme aux plus belles heures de sa jeunesse, sans jamais se cabrer devant une belle mélodie ("Shallow End") ou devant un refrain/break/pont venu d’ailleurs et dont il a le secret ("Always The Same", "Give It Up"). Et c’est là le génie du combo d’Haifa, de toujours trouver le moyen de varier la silhouette de ses morceaux, de trouver l’ajout qui fait mouche, le changement de tempo qui renverse, le choeur qui électrise. En un mot: Useless ID flingue avec talent, comme à son habitude.

En 12 coups, et avec toujours sous l'épiderme ce don quasi sans pareil pour la catchysité, Useless ID remet ainsi les pendules à l’heure et retrouve sa place en haut de l’esplanade du punk rock européen pour y planter un étendard flamboyant, qui ne sent ni le renfermé ni la réédition. Still alive. Give It Up.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Mouse In A Maze", "Always The Same", "Give It Up"