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Biographie

Unsilence

Unsilence se forme à Bolton (UK) en 1993 autour de Kieron Tuohey (guitare), Mick Grundy (basse), Andrew Hodson (chant), Rick Harding (guitare) et Ric Barnes (batterie). Une première demo intitulée Shadows Cast in Stone voit le jour moins de six mois plus tard, sur laquelle le groupe joue un doom death alors très en vogue dans l’underground britannique (Paradise Lost, My Dying Bride, Anathema, etc). Après quelques concerts et autres changements de line-up, le groupe se voit offrir un deal par le label italien Full Moon Rising pour la sortie d’un EP. Malheureusement, la disparition du label obligera le groupe à revoir ses plans et à ne sortir qu’une démo, appelée assez logiquement Unfinished Chapter.
On croit que la chance finit enfin par tourner en 1997 avec une nouvelle offre en provenance d’Italie, de la part de Seven Art Music, qui signe les britanniques pour un album. Manque de pot encore une fois, puisque non seulement le groupe accumule les galères lors de l’enregistrement dudit album, mais en plus, il doit encaisser la disparition de son label une fois l’album achevé, pour la seconde fois. En conséquence, Choirs of Memory n’a toujours pas pu voir la lumière du jour.
Ce nouveau coup dur ne marque pas pour autant la fin du groupe, qui enregistre un EP en 1999, qu’il nomme Transfiguration. Pour l’anecdote, l’artwork est celui qui était prévu pour Choirs of Memory. Cet EP autoproduit marque un tournant puisqu’il montre la formation délaissant le doom death pour le doom traditionnel. Transfiguration sera suivi d’un nouvel EP, A Walk Through Oceans, qui sortira en 2002 chez Golden Lake Productions.
Mais encore une fois, la poisse frappe le groupe qui se retrouve paralysé par de nombreux changements de line-up pendant plusieurs années. Mis à part quelques concerts ici et là, il faudra attendre 2006 pour que le groupe sorte une démo, Echoes Awaken, puis 2008 pour qu’enfin, le groupe décide d’enregistrer un album. Ce coup ci, pas grand-chose ne vient perturber le processus, et Under a Torn Sky sort finalement en 2009 chez PsycheDOOMelic Records. Depuis, entre deux changements de line-up, Unsilence a notamment participé au Dutch Doom Days 2010.

Line-up :
James Kilmurray (guitare / chant)
Kieron Tuohey (guitare)
David Elliot (basse)
Graham Bewley (basse)

Chronique

14.5 / 20
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Under a Torn Sky ( 2009 )

  Depuis qu’Unsilence a sorti Under a Torn Sky en 2009, la scène doom metal est quelque peu divisée à leur sujet. D’un côté, ceux qui célèbrent leur talent, et face à eux, les autres, pour qui ce groupe n’est qu’un rip off absolu des regrettés Warning. Si les seconds ne manquent pas d’arguments, il ne faudrait toutefois pas oublier que pour une majorité des groupes du genre, le plagiat est une marque de fabrique… Ah non, pardon, il faut dire ‘‘rendre hommage aux glorieux anciens’’, c’est vraiment que ça sonne mieux.

 Il est vrai qu’à la première écoute, Unsilence ressemble énormément à Warning. Comme à toutes celles qui vont suivre, en fait. Presque à s’y méprendre : riffs similaires, chant similaire… Tout est similaire, en fait. On pourrait donc aisément taxer le groupe d’opportunisme ; sortir un album reprenant exactement les mêmes ingrédients utilisés par Warning sur Watching from a Distance, qui plus est l’année même où ces derniers jetaient l’éponge, il faut avouer que gueuler, c’est tentant. Mais, encore une fois, personne ne se plaint du demi-quadrillion de groupes qui repompent intégralement, au hasard, Candlemass, Sorcerer et compagnie.

  C’est pour cette raison que cataloguer Unsilence comme le Warning du pauvre n’est rien d’autre qu’une preuve de malhonnêteté et d’un manque de perspective flagrant. Car finalement, Unsilence ne fait rien de plus que perpétuer la tradition britannique du doom fait de riffs monstrueux portés par un chant clair aux émotions à peine contenues, tradition érigée en art par des groupes tels que Warning, The River ou encore Solstice. Ainsi, des titres comme The Last Day, The Burning Midnight ou encore Of What May Become s’inscrivent tout à fait dans cette optique. Même la production est la même que celle des groupes précités, avec cette mise en avant des riffs parfois au détriment de la voix qui, loin de pénaliser la musique du groupe, au contraire ajoute à la majesté de l’ensemble, rendant le chant plus fragile, plus éthéré, et peut être plus sincère aussi. On pourrait rapprocher cette démarche de celle de The Wounded Kings (tiens donc, un autre groupe anglais).
    
  Mention spéciale au chant d’ailleurs, sans doute le meilleur atout du groupe puisqu’il évoque rien de moins que les plus belles voix du genre : Robert Lowe, Simon Matravers, Johan Lanquist ou plus récemment Chuck Brown, et ce grâce à un élément tout simple, mais qui se fait rare : l’émotion sincère. Ainsi, en plus de sa capacité à sonner relativement heavy, le gros atout du groupe est son chanteur, qui parvient à émouvoir l’auditeur grâce à la justesse de sa voix d’où transpire une mélancolie presque contagieuse. En ce sens, Winds of Enlightenment est un véritable morceau de bravoure et joue parfaitement son rôle de point culminant de l’album, qu’il conclue magistralement.

  Et puisqu’on parle conclusion, il est temps d’arrêter les logorrhées ; Unsilence n’est pas le groupe le plus original du monde, c’est une certitude, mais il se montre capable de délivrer, avec Under a Torn Sky, un doom metal lumineux et de très grande qualité, et ce dès le premier album et demi. Alors mettons donc un terme à un procès qui n’a pas lieu d’être et contentons nous de profiter du fait qu’il existe encore des groupes qui pensent à autre chose qu’à être les nouveaux Reverend Bizarre.

  1. The Last Day
  2. The Burning Midnight
  3. Transfiguration
  4. Baricade
  5. Echoes Awaken
  6. Of What may Become
  7. The Hour of Arrival
  8. Winds of Enlightenment

A écouter : The Burning Midnight, Of What May Become, Winds of Enlightenment