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Biographie

Une Misère

Une Misère voit le jour en avril 2016 à Reykjavík. Le sextet, qui se considère plus comme la partie scénique d'un collectif plus large, se fait remarquer lorsqu'il gagne, l'année suivante, le Wacken Metal Battle Iceland et se classe 4ème au classement final.En 2018, fait assez rare pour un groupe de Hardcore, ils sont invités au Roadburn au cours duquel ils joueront à trois reprises alors qu'ils étaient sans label et n'avaient, à ce jour, sorti qu'une mixtape et quelques morceaux épars.
En 2019 Une Misère signe sur la Major Nuclear Blast pour un premier LP intitulé Sermon et dont la coloration est bien plus Metal que ne pouvait le présager les précédentes productions.

Chroniques

Sermon 010717

Sermon ( 2019 )

Quelques deux années après la sortie de la démo / mixtape 010717, c’est avec un premier LP, Sermon, et signés chez Nuclear Blast que l’on retrouve les Islandais Une Misère. Encore une fois, les choses semblent être allées très vite pour le sextet, passé directement de la case démo à la case major.

Il ne faut pas longtemps pour comprendre que plus qu’un long discours, c’est une démonstration de force que nous réserve ce premier album. L’attaque frontale de Sin&Guilt est ainsi à l’image de ce qui va suivre, exception faite de quelques rares accalmies (une intro, un interlude ou un passage chant clair). On se fait donc gentiment rentrer dedans, le tout dans une ambiance noire, oppressante violente et lourde. Tous les ingrédients d’un Metal moderne qui surprend plus qu’il n’est surprenant. On avait en effet en tête un Hardcore chaotique, froid et industriel venant certes piocher allègrement en dehors de cette seule sphère de nombreux élément et on se retrouve à se demander pourquoi donc on avait assimilé Une Misère à la scène Hardcore. Si, comme souvent avec les formations contemporaines, les influences sont nombreuses, toutes appartiennent définitivement à la sphère Metal. En pagaille on peut ainsi lister Chimaira, Thy Art Is Murder, Slipknot ou même Korn. De prime abord, les deux dernières risquent de surprendre mais l’écoute de Burdened / Suffering (ce petit riff si Kornien à 2 mn) de Beaten ou encore de Damages devraient suffire à lever les doutes : la section rythmique ou les samples ne suscitent-ils pas une impression de « déjà vu » en provenance de Des Moines ?

Que Sermon dévoile de nombreuses influences ou investigue un style ne correspondant pas tout à fait à l’idée que l’on s’en faisait n’est somme toute pas très important. En effet, avec la première écoute, vient surtout une déception découlant du sentiment d'une promesse non tenue : celle de la différence. D’une certaine manière au fil des écoutes successives de l'EP s'était insinué en nous l'idée qu'Une Misère était résolument différemment et voilà qu’à l’heure du bilan le sentiment dominant est celui d’avoir affaire à un album assez classique, trop même par rapport à ce que nous espérions. 

Cette chronique n’est pas évidente car il ne s’agit pas de trasher de façon unilatérale ce premier album. Si la plupart des morceaux sont bons, c’est dans l’incapacité à créer une ambiance que Sermon pêche. Reproduire à grande échelle l’atmosphère de 010717 n’était peut-être pas ce qu’il fallait faire mais le disque manque cruellement d’un liant qui fasse également office de différenciant. A titre d’illustration, l’interlude Offering tombe comme un cheveu sur la soupe et, qui plus est, bien trop tardivement. Discours religieux, il ne faut pas oublier qu’un sermon peut également désigner un exposé ennuyeux. Il serait bien entendu complètement déplacé d’appliquer ce sens à ce LP mais force est de constater qu’on ne passe parfois pas loin de par son homogénéité (notamment au niveau du chant de Jón Már Ásbjörnsson) et son manque de surprises.

Les attentes après 010717 étaient certainement trop élevées, ce qui ne créé jamais de contexte facile à l’évaluation d’un successeur pour ce qu’il est vraiment mais quand bien même, on se dit que les islandais auraient pu proposer quelque chose d’autre parce qu’il semble évident qu’ils en sont capables et qu’ils portent en eux un potentiel qui ne s’est pas encore concrétisé. Espérons donc que tout cela ne soit que partie remise.

Sermon s'écoute en intégralité sur bandcamp.

A écouter : Overlooked / Disregarded, Beaten, Damages

010717 ( 2017 )

Une Misère n'est pas français mais islandais et, fait autrement plus surprenant, ne fait pas du Black Metal mais du Hardcore. Un morceau en 2016, un autre en 2018 et, entre les deux, une mixtape : ce sextet, n’a pour l’instant pas passé beaucoup de temps en studio. Aussi brusquement que peuvent apparaître les îles volcaniques, c’est sur scène que la formation a émergé. Quelques rares apparitions ont suffi. Tout (ou quasiment) a en effet commencé quand Une Misère a gagné en 2017 le Wacken Metal Battle, ce qui lui a donné le droit de jouer dans le festival du même nom. Et puis, il y a ce fameux concert dans une pizzeria, en marge du festival islandais Eistnaflug au cours duquel ils furent repérés par Walter Hoeijmakers, l’emblématique fondateur et organisateur du Roadburn. Résultat : ceux-ci furent intégrés dans le line-up de l’édition 2018 lors de laquelle ils jouèrent à trois reprises.

Qui dit Hardcore agressif dit profusion de breaks. Sur ce point, 010717 ne vous décevra pas, à commencer par l’entame très frontale de Condescend. Mais cela est loin de résumer l’album (appelons-le comme cela). Celui-ci propose un paysage sonore constitué d’ambiances froides et industrielles desquelles surgissent trois émergences qui disparaissant aussi brusquement qu’elles étaient apparues. Dans une certaine forme de refus des structures conventionnelles, les titres s'achèvent toujours de façon impromptue, nous prenant systématiquement au dépourvu. Une Misère refuse également toute idée de linéarité. Dans une grande instabilité pourtant non chaotique et toujours très maîtrisée (ils ne sont pas nordiques pour rien), ça part dans tous les sens, du Tough Guy Hardcore au Powerviolence en passant par des touches de Black Metal. Penchez-vous ainsi sur Backstabbed et sur la manière dont le sextet accélère et finit par déconstruire le riff d’ouverture à la Slayer et vous aurez un bon aperçu de la façon dont sonne Une Misère. Reprenant jusqu'au bout les codes de la mixtape, les islandais, qui souhaitent également que les différentes scènes s’ouvrent les unes aux autres, proposent en face B une série de remixes auxquels, avis personnel, on préférera les originaux.

On ne va pas se mentir, alors qu’il leur reste encore tout à prouver, la hype autour d’Une Misère est grande et risque de faire des jaloux. Pour autant, force est de constater que ces débuts sont pour le moins prometteurs et surtout exaltants. On attend désormais un peu plus de matière afin de satisfaire nos attentes et notre appétit !

010717 s'écoute sur Bancamp et se télécharge gratuitement sur le site du groupe.

Une Misère

Style : Hardcore
Tags : -
Origine : Islande
Site Officiel : unemisere.com
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