Albums du moment
Pochette Back In Business
Chroniques
Pochette Mere Mortals
Pochette Anesthetic
Pochette Sus
Pochette Undying Light Pochette Le Culte Des Bourreaux

logo Ultha

Biographie

Ultha

Ultha voit le jour en 2014 à Cologne. Ses cinq membres sont issus de diverses formations parmi lesquelles PlanksAtkaGoldust, Ira... La musique jouée par le quintet allemand est un mélange de Black Metal US, de Feneral Doom avec des influences Dark Wave.

Après un premier LP Pain Cleanses Every Doubt sorti en 2015, c'est avec leur deuxième album, Converging Sins, qu'Ultha se fait véritablement remarquer. Cette reconnaissance leur permet de signer chez Century Media, label sur lequel sort en 2018 leur troisième LP, The Inextricable Wandering.

Chronique

The Inextricable Wandering ( 2018 )

Bien que les allemands d’Ultha soient très prolifiques depuis leur création en 2015 (trois LP, deux EP et quelques splits), c’est seulement avec leur troisième LP que nous prenons ici le train en marche.

Le plus simple pour décrire The Inextricable Wandering serait certainement de parler de Black Atmosphérique, gigantesque fourre-tout à la croisée de multiples styles. Pour autant, cela ne dirait pas grand-chose de ce qui nous est donné à entendre car la musique d’Ultha est avant tout une affaire de construction et d’atmosphère.
Prenons l’ouverture, The Avarist (Eyes of a Tragedy). Pendant plus de 14 minutes se met en place un implacable palimpseste dans lequel tout semble parfaitement à sa place. La maîtrise technique est parfaite, la précision absolue. On retrouve ce sentiment de contrôle dans le morceau qui suit, With Knives to the Throat and Hell in you Heart : les changements de rythme arrivent à point nommé, au fil des variations successives, on passe de façon très fluide de l’épique à l’inquiétant, au lumineux et enfin au carrément aérien. C’est simple, on retrouve à la fois ce goût pour les ambiances mélancoliques présentes chez bon nombre de leurs compatriotes (en premier lieu Downfall of Gaia) et des influences à chercher du côté de la scène Black nord-américaine actuelle (Ash BorerYellow Eyes, Vanum, Alda...). Que du bon donc.
Tenons-nous pour là pour autant l’album de l’année ? Pas nécessairement. Tout d’abord pour la simple et bonne raison que The Inextricable Wandering est, d’une certaine manière, l’archétype parfait de l’album de Black atmosphérique. L’ensemble est incroyablement bien réalisé mais, il faut reconnaître, sans réelle surprise ni innovation. Ensuite, parce que pour apprécier le disque, il faut vraiment aimer les longues plages d’ambiance parce que visiblement, Ralph Schmidt, le leader et unique compositeur du groupe, adore cela. Et là, c’est quitte ou double. Soit vous considérerez que cette dimension, avec ses claviers gothiques, enrichit l’album soit vous considérerez que cela rallonge inutilement l’album à coup de titres de transition (There Is No Love, High Up in the Gallows) ou de morceaux interminables (entre 7 et 20 minutes). Au milieu de tout cela, We Only Speak in Darkness détonne avec son ambiance gothique / Post-Punk à la Tombs (influence que l’on retrouve également dans certains riffs de Cyanide Lips).

The Inextricable Wandering montre donc plusieurs visages et semble être sur courant alternatif. S’il semble souvent être la démonstration d’un potentiel infini, à d’autres moments il laisse sur sa faim en nous offrant des plages de transition (autrement dit, d’attente) ou des titres qui, tout en restant honorables, n’atteignent pas les sommets de tension des deux premiers morceaux. Au final, tout ce que l’on peut reprocher à ce troisième LP d’Ultha c’est de ne pas aller aussi haut que son entame ne le laissait entrevoir. Il y a pire.

A écouter : The Avarist (Eyes of a Tragedy), With Knives to the Throat and Hell in Your Heart