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Biographie

True Widow

Fondé en 2007 au Texas, le trio True Widow sort son premier album, éponyme, en 2008. Il est suivi trois ans plus tard par As High As the Highest Heavens and From the Center to the Circumference of the Earth. Le groupe signe ensuite chez Relapse à l'occasion de son troisième album, Circumambulation, et tourne notamment avec ...And You Will Know Us By The Trail Of Dead, Baroness et Kurt Vile. En 2016, les Texans reviennent avec Avvolgere.

Chronique

15.5 / 20
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Avvolgere ( 2016 )

Après avoir découvert le groupe en ouverture de Kurt Vile à Paris fin 2013, j’avais été ensuite aspiré par leur troisième album, Circumambulation, sorti peu de temps auparavant. Le « Stonegaze » hybride revendiqué de True Widow m’avait vite convaincu de ses qualités, ne cherchant pas à réinventer chacun des genres en question, mais leur rendant hommage de façon pertinente et sans donner l’impression d’une quelconque posture engluée dans un « revival » gratuit et opportuniste. Trois ans plus tard, l’arrivée d’Avvolgere confirme que les Texans n’ont pas changé de formule. On y trouve en effet, à peu de choses près, les mêmes éléments que sur son prédécesseur, assemblés d’une façon un peu plus harmonieuse et se détachant légèrement des influences Doom ou Sludge des trois premiers disques. C’est d’abord le versant psychédélique de sa musique que True Widow nous présente (l’enchaînement Black Shredder et Theurgist), n’hésitant pas à l’exposer aux assauts de guitares Shoegaze qui prennent leur temps, déconstruisent les riffs en répétant plusieurs fois chacune de leurs notes, comme pour ne nous laisser aucune chance d’y échapper. Avvolgere fait d’ailleurs partie de ces disques qui, derrière une apparente simplicité, continuent leur chemin en nous, même lorsque nous ne sommes pas en train de les écouter. Une « subliminalité » qui ramène inlassablement l’album sur la platine, malgré l’impression paradoxale de déjà-entendu de certains morceaux. 

Il s’avère finalement assez difficile de faire la part des choses entre le plaisir éprouvé à se laisser emporter sans se poser de questions et le sentiment que True Widow nous ressert inlassablement le même plat sans jamais, en raison de leur talent de composition et d’interprétation, arriver à nous rassasier. Face à ce dilemme, j’ai décidé après quelques écoutes d’arrêter de trop cogiter pour simplement apprécier ce moment passé hors du temps (même s’il sent fort les années 90), fait de rythmiques simples mais justes et de riffs minimalistes mais efficaces. L’alternance entre le chant du guitariste Dan Phillips et celui de la bassiste Nicole Estill fonctionne toujours très bien, apportant les nuances nécessaires et instaurant, comme sur The Trapper and The Trapped, un dialogue servant parfaitement la musique. A l’aise sur un interlude acoustique d’une grande beauté (To All That He Elong), True Widow n’hésite pas, ponctuellement, à accélérer le tempo, comme sur le très réussi Sante, penchant du côté de Sonic Youth.

True Widow se contente de peu, je n’écris pas cela de façon péjorative, et nous pousse à faire de même. Sans étalage d’artifices, le groupe parvient à toucher au but, pour peu que l’on soit dans l’état d’esprit adéquat et que l’on dépasse la première impression de facilité de l’album. En italien, Avvolgere signifie « enrouler ». Un titre qui correspond parfaitement à une musique qui évolue en cercles, sûre de sa direction et prête à prouver une fois de plus que tourner en rond n’est pas systématiquement synonyme d’échec et peut même s’avérer libérateur.