Biographie

Tromblon

Originaire de Caen, Tromblon est un groupe de Screamo / Hardocre dont le premier EP éponyme sort en 2014. Après plusieurs concerts, dont certaines dates avec Nine Eleven, Potence ou Constante ou encore une tournée en Islande, leur LP Je me fiche d'être Français sort début 2021.

14.5 / 20
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Put P​​​ù​​​rana / Tromblon Split ( 2024 )

On attendait potentiellement un successeur à ce Je Me Fiche d’Etre Français, petite pépite Hardcore / Screamo de 2021. Tromblon nous aura donc fait patienter pour un seul et unique titre, « Des futilités pour embrouiller la vie, pour bouleverser l'amour », qui se retrouve sur ce split avec les Italiens de Put Purana.

Et donc ?
Même si la partie de Put Purana est un brin plus classique pour des titres dignes de l’école Italienne du genre (La Quiete, RaeinRadura… avec une durée comprise entre deux et trois minutes), ca passe plutôt bien, notamment sur le « Recisione » et sa fin crescendo. Le son est très lumineux (« Secolo ») et tout s’enchaine avec harmonie, tandis que l’évolution avec Sospinti da una Massa Remota se perçoit dans l’effacement de certaines sonorités plus Emo. Et même si l’on pourrait regretter l’absence d’un titre digne de « Tornare a Casa », le rythme à toute berzingue de « Paysage » suffit à passer outre. Une bonne découverte pour celles et ceux n’ayant pas encore mis les Italiens dans leur playlist, qui s’inscrit parfaitement dans la vibe 2020 italienne (MeoMaremarcioRadura, …).

Côté Tromblon, un seul titre de huit minutes en deux mouvements. Une première partie plus aérienne, avec l’arrivée d’un chant assimilable à celui de Jérome de Amanda Woodward ou de Ground, avant de repartir sur ce que l’on connaissait de Tromblon : ce Screamo / Hardcore éreinté, à bout de souffle.
Ici, point de futilités, les cordes déchirent plus qu’elles ne vibrent, avec une cassure aux alentours de 4’30 pour repartir de plus belle, un peu à la Lorne Malvo. Et puis cela ne s’arrête plus, jusqu’à ces choeurs / spoken words que l’on pouvait déjà retrouver sur Je Me Fiche d’Etre Français. On en prend plein la gueule, on se tord les tripes et on se surprend à gueuler sur les dernières minutes.

Si le niveau qualitatif ne diminue pas pour les deux groupes sur les prochaines sorties, je n’ai qu’un mot à dire : foncez ! Une excellente introduction pour découvrir les groupes pour les amateurs, un bon complément pour les initiés.

16.5 / 20
2 commentaires (17/20).

Je me fiche d'être Français ( 2021 )

Mon premier contact avec Tromblon date de la sortie de leur premier EP, de quelques concerts au Mans et d’un Screamo Hardcorisé avec « Tout vœu s'exprime en temps de guerre par un salut militaire ». En dehors d’un split avec Like Pigs on Embers, j’ai peu suivi l’actualité du groupe, jusqu’à découvrir ce Je me fiche d’être Français. S’il démarre via une partie acoustique sur « Adieu La Vie », il offre rapidement un aperçu du pendant Hardcore de l’ensemble.

Définitivement, Tromblon ne tire pas à blanc. Chaque coup fait mouche et le gap entre l’EP précédent et le Je me fiche d’être Français est clairement audible. D’une part car ce dernier opus est bien plus riche musicalement, mais aussi parce que le groupe affirme son identité lyrique. Les gueules cassées du premier EP ont raccourci les titres sans altérer les mots, le Hardcore s’est affiné et enrichit de parties acoustiques qui le complètent. Des sonorités d’un Chaotic Hardcore, l’ensemble s’avère moins viscéral (exit la folie de « Notre père le boucher des sept couronnes »), gagnant en amertume et en sobriété ce qu’ils ont perdu en folie.

De « La Fatalité, ca n’arrange que toi » d’Amanda Woodward, Tromblon crie « La Fatalité, ca n’existe pas mon gars ». Cette fatalité, le quatuor semble pourtant s’en accommoder sur « Traitres à la nation » ou « Adieu l’amour » ; rien n’a de sens, si ce n’est que la fin est là et qu’elle ne sera que contestataire (le dernier verset de « Traitres à la nation », résumant le brûlot qu’il est). S’il est contestataire dans le fond, il est aussi clair dans sa posture (« Vive la France qu'ils disent, quelle drôle d'idée » ou « Combien sommes-nous, à subir chaque jour sans passion ? » n’en sont que quelques exemples) et se rapprochera ainsi d’un Chaviré.

Avec ce premier LP, Tromblon affine son combo Screamo / Hardcore. S’il manque parfois d’équilibre, on pourra faire le parallèle avec l’émotion de Chaviré, mais nourri au Hardcore dont la part belle est faite sur « Traitres à la nation ». Le point majeur sera l’acceptation de la posture engagée de Tromblon, mais on sait que le style l’est majoritairement depuis maintenant plusieurs années.