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Biographie

Tricky

Tricky, de son vrai nom Adrian Thaws, est né en janvier 1968 à Bristol. Issu d'une famille métissée (Jamaïque, Espagne, Angleterre, Asie, ...) et à l'histoire tragique (son père quitte la famille peu avant sa naissance et sa mère se suicide alors qu'Adrian n'a que 4 ans), il vit chez sa grand-mère durant son enfance. Durant les années 80, il fait partie de The Wild Bunch, puis contribue aux deux premiers albums de Massive Attack au début des années 90. En 1995 sort son premier album solo, Maxinquaye (du nom de sa mère, Maxine Quaye), dont de nombreuses chansons, sous des formes différentes, sont présentes sur Protection de Massive Attack, Tricky ayant collaboré  l'écriture des paroles sur ce disque.
Les albums s'enchainent (Nearly God, Pre-Millenium Tension, Angels With Dirty Faces, Juxtapose, Blowback, A Ruff Guide, Vulnerable et le plus récent Knowle West Boy), ainsi que les collaborations (Bjork, PJ Harvey, Emilie Simon, Scott Ian d'Anthrax, Neneh Cherry, ...), accompagné à ses débuts par la chanteuse Martina Topley Bird, puis par Costanza Francavilla.

Tricky est en relation constante avec le milieu du cinéma, soit en tant que musicien (The Crow : La Cité des Anges, Strange Days, Queen Of The Damned, ...), soit comme acteur (Le 5ème Element, Clean ou encore Parabola, le clip de Tool).

Chronique

11 / 20
2 commentaires (14.25/20).
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Knowle West Boy ( 2008 )

Retour de l'énigmatique Tricky en 2008. Alors que l'anglais nous avait habitués à une sortie par an (ou tous les 2 ans), 5 ans se sont écoulés depuis Vulnerable. Après de nombreuses collaborations, une discographie conséquente, on pouvait se demander ce que le quarantenaire pouvait encore offrir.

Lorsque l'on écoute un disque au hasard dans la discographie de Tricky, une des premières choses frappantes est l'éclectisme des morceaux, chose qui transparait toujours dans ce Knowle West Boy. Du Trip Hop planant de Past Mistake au rock electro dansant de C'Mon Baby, en passant par un hip hop très Asian Dub Foundation sur Baligaga, et un rock aux sonorités rappelant Joy Division sur les refrains de Far Away, Tricky frappe encore, comme si le temps passé lui avait permis de reprendre des forces. A l'image d'un Blowback ou d'un Nearly God, Knowle West Boy se paie le luxe d'être entraînant, enchaînant les compositions sans ordre apparent. Mais ici, aucun guest ne vient seconder la voix de Costanza Francavilla ni expérimenter sur les instruments de Tricky. Celui-ci se montre ainsi à nu, dans la lignée de Vulnerable ou Blowkback.

Et pourtant, malgré ceci, Knowle West Boy sonne comme un vague melting pot electro trip-hop, sans réelle accroche. Les morceaux défilent, s'enchaînent mais ne résistent pas à plusieurs écoutes. Past Mistake sonne comme une pâle copie de l'époque Massive Attack, l'élégance en moins, School Gates, qui ferme les portes de Knowle West Boy, vaguement rock, sent le sud profond des westerns spaghettis (laissant clairement imaginer le soleil frapper le dos de l’artiste ou l’auditeur) couplé à la drogue utilisée par Pink Floyd (quelques sons de guitare pourraient sortir d’un album des Floyd). Tandis que Baligaga manque de rythme, peine à le garder avec un beat trop fort, étouffant les autres sons, la reprise de Kylie Minogue, Slow, fait pâle figure, sonnant comme un brouillon d'une version finale gardée précieusement par Tricky. L’artiste manque ici clairement d’inspiration, recrache des sons intemporels mais sans s’en réapproprier l’essence.

Knowle West Boy est agréable, mais ne restera pas l'un des meilleurs albums de Tricky. Trop dépouillé et à la fois trop riche, Tricky n'a pas su reformer les fragments mis entre ses mains pour créer Knowle West Boy. Derrière le masque effrité de Knowle West Boy se cache un disque inégal, creusé de faiblesses, comme si la peur de montrer la réalité pouvait être cachée derrière un visage lisse et vierge.

A écouter : Veronika - C'mon Baby