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Biographie

Transatlantic

Transatlantic est un super-groupe formé en 1999 à Millbrook aux Etats-Unis autour de Neal Morse (à l'époque encore frontman de Spock's Beard) au chant et clavier, Roine Stolt au chant et à la guitare (The Flower Kings), Pete Trewavas à la basse (Marillion, Edison's Children) et Mike Portnoy (batteur de Dream Theater au moment des faits). S'il ne devait s'agir au début qu'un side-project pour ses membres, le groupe sort pourtant deux disques coup sur coup : SMPT:e en 2000 et Bridge Across Forever en 2001. Chaque album est accompagné d'une tournée, et lors des concerts, Daniel Gildenlöw (Pain Of Salvation) est la cinquième roue du carrosse (seconde guitare, second clavier, chœurs), pour parfaire le côté "all-star" du groupe. Chacune des ces deux tournées se voit soldée par la publication d'un live.
En 2002, suite à la révélation de sa foi, Neal Morse quitte Spock's Beard et Transatlantic pour se consacrer à une carrière solo axée sur des thématiques religieuses. Le groupe entre en hiatus, mais le frontman continue de travailler très régulièrement avec Mike Portnoy, qui enregistrera la batterie sur ses albums solos et dans la quasi-totalité de ses futurs projets et groupes. Lors des concerts de Neal Morse pendant cette période, des titres de Transatlantic sont régulièrement interprétés.

En août 2008, Roine Stolt rejoint Neal Morse et Mike Portnoy lors d'un concert solo du frontman, pour jouer deux titres de Transatlantic. Cette réunion au trois-quart provoque un vrai retour du groupe au complet : début 2009 la chose est officialisée et The Whirlwind sort à la fin de la même année. L'album contient une seule piste de plus d'une heure et quart. Daniel Gildenlöw rejoint à nouveau le supergroupe pour assurer la tournée, la première qui aura lieu en Amérique et en Europe, c'est à dire la première à être effectivement transatlantique.

En 2013, Neal Morse (et Mike Portnoy qui joue pour lui) tourne avec The Flower Kings, et c'est à nouveau l'occasion de jouer des titres de Transatlantic avec Roine Stolt. Plus tard la même année, le groupe annonce être en train d’enregistrer un quatrième album. Kaleidoscope sort en janvier 2014. Daniel Gildenlöw n'étant pas disponible pour des raisons médicales, c'est Ted Leonard (Spock's BeardEnchant) qui assure le rôle de musicien de session pour la tournée qui suit (dont sera tiré KaLIVEoscope).
Chacun ayant d'autres projets, le quatuor met sept ans à se réunir pour sortir début 2021 deux versions du même album : The Absolute Universe - The Breath Of Life, et The Absolute Universe - Forevermore.

Chronique

The Absolute Universe - Forevermore ( 2021 )

Transatlantic n'a jamais vraiment fait les choses à moitié. Line-up de tueurs, disques blindés au maximum de la capacité des CDs, pistes de 30 minutes, triple-albums live, le jusqueboutisme du groupe n'est plus à démontrer. Et pourtant, avec ce cinquième opus, la formation repousse encore ses propres limites en créant une expérience sans précédent. Néanmoins, qui dit unique, dit aussi confusion et doute. Comment s'approprier cette nouvelle parution ? Quelle version choisir, est-ce que toutes sont nécessaires ?

Le groupe propose trois différentes déclinaisons de ce nouvel album. The Absolute Universe: Forevermore (Extended Version) est un double-album qui dure environ 90 minutes. C'est comme ça que Transatlantic a écrit ce disque en septembre 2019. Mais plus tard, en travaillant sur ces compositions, certains membres de groupe se disent que c'est trop, qu'il faudrait raccourcir l'ensemble. N'arrivant pas à se décider, le quatuor opte pour faire les deux. Mike Portnoy (batterie, chant) supervise la version longue, et Neal Morse (claviers, chant) la version courte (qui se nomme The Absolute Universe: The Breath Of Life (Abridged Version)).
Il s'agit donc d'un seul et même album, mais exécuté selon deux approches différentes. Il faut bien comprendre que TAU: The Breath Of Life (Abridged Version) n'est PAS une version "éditée" de TAU: Forevermore (Extended Version), ou des passages auraient simplement étaient retranchés. Les deux déclinaisons sont des enregistrements différents, les transitions ne s'articulent pas de la même façon, les paroles sont adaptées, un même couplet sera tantôt chanté par l'un des musiciens et tantôt par un autre (puisque les membres de Transatlantic sont tous chanteurs)... Au final, la version courte est réellement pensée comme un disque complet à part entière, et pas un "sous-album". Cette version courte contient même deux titres absent de la version longue (Can You Feel It et Take Now My Soul), et certaines titres sont plus longs dans cette version "light" (Love Made A Way) ! En revanche, format oblige, certains titres en sont complètement absent (ou juste évoqués au sein d'une autre piste).
La troisième occurrence, The Absolute Universe: The Ultimate Edition, est une sorte d'addition des deux premières. Il s'agit, grossièrement, de TAU: Forevermore (Extended Version) auquel sont ajoutés les moments propres à TAU: The Breath Of Life (Abridged Version). L'ensemble dure 1h40, soit 10 minutes de plus que TAU: Forevermore (Extended Version). Pour les fans, c'est effectivement la variation la plus aboutie, mais elle n'est disponible qu'en coffret 5LP + 3 CD + blu-ray, pour la modique somme d'un rein et demi.

Album "vaguement conceptuel", The Absolute Universe s'inscrit dans la mythologie du groupe comme une sorte de cousin à The Whirlwind : les deux disques sont supposés être une seule longue chanson à écouter d'un bloc (mais séparée en plusieurs pistes pour aider à se repérer), traitent plus d'un thème global que d'une histoire précise, et ce nouvel opus fait hommage à son ainé à travers certaines paroles.

Les thèmes musicaux récurrents sont toujours au rendez-vous (la mélodie "swing high swing low", le thème "love made a way"...), mais aussi les refrains ultra accrocheurs et feel-good (Reaching For The Sky (ou Heart Like A Whirlwind, il s'agit du même morceau mais son titre est différent selon les versions)), les passages proggy déjantés (Higher Than The Morning, Bully), quelques rythmiques un peu plus "deep-purplèsques" (Owl Howl)... En somme, si la forme va toujours plus loin dans l'aspect "prog nerd", le fond est un album de Transatlantic tel qu'on pouvait l'attendre. Sans surprise ? Pas nécessairement pour autant. Les quatre musiciens n'ont jamais autant partagé les tâches au niveau vocal, et quelques nouvelles influences semblent distillées ça et là (l'étrange intro de Belong). Et même si ces nouveautés sont plaisantes, le quatuor connait si bien son sujet qu'on se régalerait même d'un album classique. D'ailleurs, quand on expérimente dans ce format, peut-on réellement parler de disque "conventionnel" ? The Absolute Universe ne l'est en tout cas pas, et poursuit avec brio les explorations menées sur les quatre opus précédents.

Opération marketing ou créativité de génie ? On vous laissera trancher. Pour notre part, on se régale doublement : d'une part de façon directe, grâce à la qualité et la cohérence de la livraison proposée ; et d'autre part d'une manière plus subtile, en s'amusant à comparer les écouter, à déchiffrer ce qui est présent dans une version et absent de l'autre, à décider laquelle on préfère... Et changer d'avis sans cesse.

A écouter : Reaching For The Sky, Looking For The Light, Love Made A Way