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Biographie

Trainwreck

Composé d’anciens membres d’Eaves et Engrave, Trainwreck a pris corps en Octobre 2005. Il accouche d’un premier ep éponyme dès janvier 2006 qui sera suivi d’un nombre conséquent de concerts en Europe avec des groupes comme Cease Upon The Capitol. L’intervention de React With Protest et Heart On Fire permettent au combo allemand d’enregistrer un split avec Comadre pour clore l’année. Succèdent à ces séances de studio, des nouvelles tournées qui les voient partager la scène avec Graf Orlock ou Drowning With Our Anchors, et qui débouchent sur un nouveau split avec Perth Express, Zann et Ghostlimb en 2008 via Adagio830 Records. La bête est définitivement lâchée. Elle peut désormais sortir son premier album : Of Concrete Canyons And Inner Wastelands en 2009, à nouveau chez Adagio830. Rapidement salué pour sa qualité de composition, ce premier opus est suivi par un ep en 2011, If There Is A Light, It Will Find You, puis par un second album, Old Departures New Beginnings en 2014.

Andi, Chant
Felix, Batterie
Benni, Basse
Timo, Guitare
Marc, Guitare
Micha, Guitare

16 / 20
2 commentaires (15/20).
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Old Departures New Beginnings ( 2014 )

Il y a en Trainwreck cette délicatesse omniprésente mais enfouie sous cette fureur de vivre qui déchaine passion et destruction. Des sentiments et sensations omniprésentes dans cette vague screamo-hardcore au sein de laquelle les Allemands se sont imposés dernièrement avec le bref EP If There Is a Light, It Will Find You. Sous couvert de resservir la même recette, Old Departures New Beginnings remonte en haut des barricades, la rage au ventre et le poing près du coeur.
Tel un trou noir, Trainwreck attire en son centre, fait grand bruit pour jeter ses mots comme une prose expiée dévorant ce qu’elle touche. Pourtant, l’espoir n’est pas étouffé par la noirceur de ses cordes : « inside all of us is hope, inside all of us is love, inside all of us is longing, a need to feel at home » clame le frontman. L’abandon de Of Concrete Canyons and Inner Wastelands n’est plus omniprésent, la lueur du EP précédent se fait flamme qui gagne en puissance (« No Kind of Home ») à mesure que leur Hardcore progresse.

La patte screamo est ici toujours présente, en dehors du chant, au travers de passages parsemant ce nouvel opus : le break de « Apnea » et son jeu de cordes sur la dernière minute, le démarrage en trombe de « Heartless ». Zann n’est pas loin de hanter ce disque, projetant son ombre sur les différents titres qu’a composé Trainwreck, mais ces derniers se sont forgés une base identifiable très rapidement, que l’on pourra rapprocher de Kaospilot. Les Allemands sont devenus valeur sûre avec une identité forte : « Coming Home » et son refrain à reprendre en choeur, « Regardless » et sa fougue dévorante rappelant leurs confrères d’Alpinist ou l’intensité émotionnelle de « Splitting the Seams ». On suffoque, on s’écroule et vient la conclusion, celle de « I will show you fear in a handful of dust » qui achève en quelques lignes vocales ou le désespoir coule à chaque syllabe arrachée. Inside of all us are lonely.
Il serait possible d’user de figures stylistiques aussi imagées que possible mais rien n’arriverait à effleurer la sensation procurée par l’écoute de Old Departures New Beginnings. Trainwreck ne relâche pas la pression, et même si If There is a Light, It Will Find You était plus léger, ce nouvel opus contribue à une discographie jusqu’à présent sans faille.

A écouter : Les 2 derniers titres. En boucle.
15.5 / 20
1 commentaire (14.5/20).

Of Concrete Canyons And Inner Wastelands ( 2009 )

Trainwreck nous avait ébahi par son 4 way split, son split avec Comadre et son Self-Titled. Ombré par la fureur et la destruction, Of Concrete Canyons And Inner Wastelands est l’étape supérieure.

Le procédé artistique de Trainwreck consiste à limer d'abord, à retourner complètement le sol à grand coup de guitares-bêcheuses et de batteries-moissonneuses batteuses ensuite, avant d’y laisser ce je-ne-sais-quoi de gracieux et d’addictif ("Less Than Nothing"). Dans le sillage de formations comme Perth Express ou Burial Year, le côté nébuleux en plus prononcé, Trainwreck remue la terre, les trippes et les cadences et quand tout semble en charpie, place une mélodie fuoriclasse en arrière plan ("Dem Staub Keine Traene"). Comme une orchidée sur des décombres (L’interlude mélancolique "We’ve got skies in mind but no stars to see" à la Circle Takes The Square).

Tout en brusquerie et en rudesse, le quintet malmène ainsi son tracé, par le biais de riffs sombres et progressifs qui semblent se répandre et occuper de plus en plus d’étendues à mesure que les secondes avancent (Les morceaux sont particulièrement longs et évolutifs pour le genre ["Mistakes and Misdirections"]) . Courbé sous une batterie d’assaut, guidé par une souffrance diaphane, Trainwreck absorbe l’oxygène avec ses guitares buvards et travaille à rendre l’air irrespirable. L’Hardcore ici doit abîmer l’auditeur, le priver de lumière, d’espace, de souffle. Il doit le concentrer dans l’avancée rampante de ce canyon. Les parois rayées évoquent alors le chant écorché d’Andréas, qui tout en étant HxC de filiation ("The Dead Next Door"), emprunte au screamo sa coloration malade, enragée et brisée ("We must run, we must run, we must run").

Eaves, Zann avaient ouvert la voie avec ce style à la croisée des genres entre métal, hardcore et screamo. Trainwreck assoit ce mélange, unit ses tendances, disloque ses rythmes – tantôt effréné, tantôt massif – et offre une brutalité à la limite de l’étouffement. Difficile d’en sortir indemne. Mais "qui cherche la vérité de l'homme doit s'emparer de sa douleur".(G.Bernanos)

En écoute sur myspace.

A écouter : "Dem Staub Keine Traene", ("Mistakes and Misdirections"