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Biographie

Toundra

Originaire de Madrid et formé par Víctor, Esteban (Guitares), Alberto (Basse) et Guillermo (Batterie), Toundra est un quatuor créé en 2007 dans l'idée de jouer un Post-Rock instrumental influencé par Pelican, Isis ou ses homologues espagnols Jardín De La Croix et Hand Of Fatima. Guillermo étant remplacé par Alex, ils signent par ailleurs un premier split avec ces derniers en 2008, intitulé Nordeste. S'en suit un premier disque éponyme la même année réédité un an plus tard sur le label français Basement Apes Industries. Très rapidement un second disque éponyme voit le jour en 2010 chez Aloud Music Ltd, Astoria Records, Narshardaa Records et Basement Apes Industries. Deux ans plus tard, Toundra poursuit toujours son chemin d'un Rock instrumental mouvementé et évolutif avec III.

Chroniques

Toundra (III) Toundra
15 / 20
7 commentaires (15.64/20).
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Toundra (III) ( 2012 )

C'est quatre ans plus tard que je reprends contact avec le groupe de Post-Rock espagnol Toundra qui en est déjà à son troisième album. Comme ils ne s'embarrassent pas avec les titres, on a encore une fois à faire à un éponyme (avec le suffixe III pour ne pas les confondre avec les autres) et un joli artwork dessiné en guise de pochette.

Réglés comme des horloges suisses, tous les deux ans, Toundra sort un nouvel album et le pire, c'est qu'ils n'ont pas l'air d'avoir lâché la bride. Ils ne se calment pas et ne nous pondent pas des compositions au rabais. Au contraire, III semble témoigner d'un propos plus affirmé que par le passé même si le groupe ne s'est pas véritablement éloigné de ses influences, puisque agissant dans le même créneau que Pelican ou Russian Circles, à savoir un Post-Rock entièrement instrumental plutôt musclé. A défaut de proposer une musique réellement novatrice, il faut reconnaître que les espagnols savent construire des pistes (de souvent 7min) à la fois vivaces et mélancoliques. Ca ne tient pourtant pas à grand chose : une écriture impeccable, de l'intensité en continue et un savoir-faire pour nous embarquer lors de leur périple et nous reposer qu'à terre seulement après 40 minutes de traversée. Pas une minute d'ennuie, pas une faute de goût. Parce que Toundra use de cordes habiles et gracieuses (Ara Caeli) ou fait tonner les amplis (Espirita). Entre délicatesses aériennes et attaques fougueuses, les espagnols maintiennent le cap d'une musique haletante ou même les incursions au violon (Ara Caeli) et les passages acoustiques (Requiem) ne dénotent pas avec l'ensemble et sonnent admirablement bien. Comme un volcan en ébullition, la vivacité de Toundra est tenace (Cielo Negro (Black Sky)) et se permet quelques moments de bravoure (les cuivres de Marte (Mars)).

S'il ne fallait retenir qu'une chose de cet album, c'est que le Post-Rock de Toundra est remuant et habité. Bavard, mais jamais pédant, le juste milieu entre complexité et facilité, III se révèle d'une profondeur insoupçonnée. D'un tout cohérent et scrupuleux, que se soit à la première écoute ou à la vingtième, la découverte est permanente, le plaisir à chaque fois renouvelé.

A écouter : Ara Caeli, Requiem

Toundra ( 2008 )

Parce qu'en Espagne aussi on sait faire du Post-Rock, voici venir le quatuor Toundra qui, avec un premier disque éponyme édité tout d'abord en 2008 chez Devilchild Records, puis réédité par Basement Apes Industries l'année suivante, compte bien marcher sur les traces des américains que sont Pelican ou Isis pour ne citer qu'eux.

Les influences dors et déjà balisées qui auront fait fuir les allergiques d'un énième groupe de Post-Rock ou auront attisé la curiosité des autres, venons en à ce dont les espagnols sont capables. Comme l'indique la pochette (qui n'est autre qu'un joli copier-coller de Cap Adarre de Guns Of Brixton) et la traduction des titres qui font référence à la mer, Toundra nous emporte dans une traversée où embardées tumultueuses et climats apaisants se font au fil de l'eau. Si Bajamar commence de manière rassurante avec ses sages mélodies de guitares qui s'entrelacent, l'intensité du combo espagnol ne tarde pas à faire jour avec un Rock incisif aux riffs percutants et au tempo accéléré. C'est un peu ce genre de schéma qui va se répéter tout au long de l'album (Medusa). On connait donc la formule mais on se laisse embarquer sans problème, parce que les compositions sont biens construites et que certains passages massifs et puissants qui feront hocher la tête à certains (Órbita) et que d'autres plus calmes avec de jolis arpèges (Tesalia) se montreront attirants.

Pourtant assez conventionnel dans son jeu instrumental, Toundra s'en sort quand même pas trop mal, alternant montées classiques en crescendo mais pas dénuées d'intérêt et passages plus pesants. Sur une base de morceaux évolutifs, les espagnols alternent donc les rythmes et les atmosphères et même si la chose ne vous fera pas tomber le cul par terre, il faut avouer que ce n'est pas mal fait du tout. Jamais trop technique ou complexe et sans avoir la prétention de révolutionner quoique se soit, ce qui fait surement le charme d'un tel groupe, on demeure ainsi accroché à ces sept titres qui ne totalisent qu'une gentille quarantaine de minutes. Accessible musicalement et agréable à écouter, muni d'un assez court format, Toundra est exactement le genre de disque à se relancer de temps à autre pour ceux qui aiment se faire prendre au jeu du Post-Rock sans se faire trop bousculer.

Mais c'est aussi ce que l'on pourrait reprocher à Toundra, rester en chemin trop balisé par ses prédécesseurs et ne pas assez oser pour créer quelque chose d'un peu plus neuf en matière de Post-Rock. Passé ce détail, peut-être que le groupe s'aventura d'avantage hors des barrières sur leur prochain album, c'est ce qu'il faudra surement faire pour gagner une reconnaissance au delà des frontières ibériques.

A écouter : Bajamar, Medusa, Tesalia