Biographie

Tortuga

Tortuga, du nom de la légendaire cité des Pirates, se forme sur les cendres des groupes Bossk et November Coming Fire. Rapidement, le groupe sort un premier opus Kings Of Albany, suivi courant 2009 par un split avec les metalleux de Devil Sold His Soul.

Chronique

13.5 / 20
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Kings Of Albany ( 2008 )

L'artwork de Kings Of Albany n'est pas ce qui fera craquer lors du parcours des étalages indé. Sous son apparence flashy et explosive (certains diront vomitive au vu des couleurs utilisées) et sa prod épurée se cache à première vue un brûlot hardcore qui nettoie les oreilles. Mais Tortuga ne livre pas que cela... et s'élance telle une hydre à deux têtes : l'une rugueuse et virulente via un hardcore primaire, l'autre poisseuse et étouffante à grand coups de Post-Hardcore. Bien loin de sa pochette rose bonbon en somme. Ces deux personnalités se côtoient sans distinction, parfois au sein d'un même titre ("Winter's Widow"). Régulièrement au sein de cette dualité viendront à l'esprit Cursed et ses dérivés (Trap Them, Trash Talk, ...) ou les cultes Converge sur "The Laudanum Boys Club" via quelques riffs bien placés. Tortuga suit le sillon des grands.

Mais voilà, la prod, parfois juste ("The Tomb Of John Wortley"), s'embourbe sur quelques compos dans un ensemble maladroit ("Something Blue" et son chant en certains instants instable). Sur d'autres passages, les anglais manquent cruellement d'idées : le Neurosissien "Somethingness", trop court pour clouer l'auditeur au sol et surtout bien trop banal. Autre exemple, "Hell's Red Roads" collant aux corps et notes de Converge sans grande inspiration.

Malgré cela, Kings Of Albany recèle de moment véritablement prenants : la première moitié de "This Lonely Sailor" qui, si elle semble à première vue tanguer musicalement, se révèle envoutante avec son "Baby It's You" douloureux. Que dire du somptueux "The Laudanum Boys Club", pilier central de Kings Of Albany, résumant les 11 titres en quelques minutes. Ces passages maintiennent sans gros problème le disque au-dessus de la moyenne, permettant à Tortuga de bien plus séduire que décevoir si l’on considère l'album dans son ensemble.

Kings Of Albany permet à Tortuga de se frayer un frêle chemin via des compos incisives mais parfois trop fragiles sur les parties les plus lentes. Néanmoins, il faut reconnaitre que les anglais font preuve de fougue sur 11 titres oscillant entre hardcore et post-hardcore. Il faudra pourtant encore attendre une seconde production pour entrevoir la véritable valeur du groupe.

A écouter : Winters Widow The Tomb Of John Wortley The Laudanum Boys Club