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Biographie

Tomb Mold

Tomb Mold naît à Toronto sous des cieux Death Metal. Le groupe accouche en 2016 de deux démos et réussit à signer chez Blood Harvest pour la sortie de Primordial Malignity l'année suivante. Assez remarqué parmi les amateurs du genre, le groupe attire la sympathie de 20 Buck Spin qui sort leur deuxième méfait en 2018, alors que les Canadiens s'apprêtent à défendre Manor Of Infinite Forms (produit par Arthur Rizk qui a bossé sur Power TripPissgrave ou Code Orange) sur les routes Américaines en compagnie de Of Feather And Bone.  

Planetary Clairvoyance ( 2019 )

Compact et massif, dégoulinant, habité par un râle caverneux, voilà comment on pourrait en quelques mots résumer la musique de Tomb Mold, quatuor canadien qui sévit depuis désormais trois albums sur les terres Death Metal. Sortis du tube digestif du deuxième LP, direction l’espace cette fois avec un artwork franchement alléchant. 

Tomb Mold jouit d’un son de guitare aussi épais qu’un ogre affamé en ventripotent, se traînant mollement à la recherche d’une proie dans des marécages infestés. Et ne croyez pas que le générateur de métaphores foireuses s’est emballé, c’est très honnêtement l’image qui me vient lorsque le groupe dégaine ses six-cordes boursouflées. 
Et autant cette surdose de gras est un avantage non-négligeable vu le genre honoré par Tomb Mold, autant c’est aussi un vernis que l’on risque de gratter au bout de quelques écoutes. Car avec un tel rythme de sortie (Manor Of Infinite Forms est paru l’année dernière, Primordial Malignity l’année d’avant), force est de constater que nos gars ont un peu baissé en folie. 

Alors que Manor Of Infinite Forms nous promenait dans des allées suintantes aux dimensions sans cesse remises en question par du riffing bizarroïde, Planetary Clairvoyance lui est lisible assez immédiatement. Le groupe compose certes de bons morceaux, mais moins marquants car les guitares surnagent beaucoup plus épisodiquement tandis qu’elles menaient la danse auparavant. Et puis malheureusement les plus curieux avaient déjà consommé (sans le savoir) deux titres parus l’année dernière (Cerulean Salvation et Planetary Clairvoyance), ce qui entache un peu l’effet de surprise des premières écoutes. 
Planetary Clairvoyance reste un album sur lequel on peut compter à plusieurs égards, et tous les clients d’un Death Metal épais y dénicheront de belles perles. On ramasse un joli coup de pelle derrière la nuque avec le break du morceau titre, la deuxième moitié de Accelerative Phenomenae est riche en patterns lourdingues, et on s’abreuve tout du long de cette voix éminemment putride qui confère une profondeur folle à la musique. Plus surprenant, Tomb Mold révèle également des talents dans la lenteur avec un Heat Death qui s’offre une ambiance de tombeau cybernétique dessiné par les effets futuristes des grattes. 

Il y a une baisse de régime sur ce troisième volet; jetez-vous tout de même dessus si vous frémissez à l’écoute d’IncantationAbhorrence ou Demilich. Mais après avoir autant bossé, Tomb Mold peut se payer quelques congés bien mérités une fois qu’ils auront (très certainement) dévasté l’Europe dans les mois à venir. 

15.5 / 20
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Manor Of Infinite Forms ( 2018 )

Qu’est ce qui n’a pas encore été dit, écrit sur le Death Metal Old School ? Franchement, j’ai envie de le vendre à tous les fans du genre cet album, mais comment ne pas se répéter, comment ne pas user la plume dans des sillons mille fois creusés d’adjectifs redondants et fades ? Oh et puis merde, on sort le générateur de chronique bateau ? 

« Allez J-M, enfile ton costard de VRP de l’extrême et montre-nous ce que tu sais faire. »

-C’est facile d’écrire un papier sur le Death en fait, il suffit de placer les termes adéquats, les buzzwords comme on dit entre marketeux start-up nation. Déjà planter le décor avec le bon name dropping lexical fait toujours son petit effet : crypte, tombe, caverne, auquel tu ajoutes le qualificatif de ton choix. Ça peut être putride, suintant, nécrosé, you name it ! Avec ça, tu écartes déjà ceux qui s’attendaient à du Metal plastique et sur-technique lancé à 3270,4 BPM, et c’est pas plus mal parce que c’est pas vraiment le cœur de cible du jour.
Ensuite ton produit, faut qu’il soit un peu neuf mine de rien sinon ça se voit, mais pas trop non plus pour pas dérouter le consommateur. Alors tu peux orienter ta com’ sur la production par exemple, plus ronde qu’avant, pleine, avec cette batterie légèrement étouffée et ce sens solennel de la mélodie rappelant la Finlande. Tu peux aussi parler de la pochette, si Manor Of Infinite Forms est au top de bandcamp en ce moment c’est aussi parce qu’il attire l’œil avec ses formes semi-abstraites et répugnantes. On pense marketing viral les mecs, tous nos hommes-sandwich qui vont acheter le t-shirt pour se la jouer true tu peux être sûr qu’ils vont pas passer inaperçu !

Bien sûr dans tout ça il faut parler musique, et là encore c’est brainstorming les gars. Lourd, massif,... déjà fait...écrasant ? Non pas assez impactant. Bon, essayons colossal tiens, je vois d’ici le pitch : « Tomb Mold, le Colossal Death Metal. Leur meilleur album depuis 2017 !». Pas mal hein, disruptif sans être excluant, j’aime beaucoup. Comment ? Oui ça « poutre », ça « envoie le pâté » si tu veux, mais oublie pas qu’on est aussi lus par des mecs chétifs à lunettes qui font 40 kilos tout mouillés, et il faut leur parler aussi à ceux-là. C’est les intellos qui mettront la main au porte-monnaie, pendant que les autres bineuronaux se repasseront pour la énième fois leurs trois Cds gravés de Cannibal Corpse en buvant de la mauvaise bière. Donc il faut leur faire sentir qu’ils sont au dessus du lot, que Tomb Mold sous ses apparences de grosse brute sait composer des morceaux avec plein de plans, avec des notes inattendues et des tempos ralentis qui te hérissent le poil. Eh, je crois que j’en ai une bonne là « Blood Mirror vous rappellera les belles heures du Death complexe de Blood Incantation avec ses nombreux enchaînements audacieux, tandis que Chamber Of Sacred Oothecas fera remuer vos boyaux avec ses riffs en tourbillons à en donner la cinétose ». 
Avec ça crois-moi que ça va se la raconter sur Rate Your Music, et d’expérience, plus ces gars-là se triturent l’encéphale, plus on a des chances de voir grimper la hype. Imagine, toucher 5% des ventes d’albums pour une feuille de chou de 600 signes, tu peux être sûr qu’il est à l’affût le J-M haha !

Sérieux, pourquoi perdre des heures à écouter en boucle un même disque ? Tous les titres se ressemblent et puis, personne n’en saura rien. Si tu veux vendre du Disma, du Incantation ou du Demigod c’est la même ! Tu changes juste deux-trois trucs et tu mets tes mots dans un autre ordre, pas besoin de chercher plus loin. 
Allez je m’arrache, j’ai un afterwork dînatoire au concert de Portal. Tu veux venir ? 

14.5 / 20
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Cerulean Salvation ( 2018 )

Tomb Mold ne vous dit rien du tout ? Vous n’avez pas le temps d’écouter toutes les sorties de l’année et Manor Of Infinite Forms vous a glissé entre les doigts ? Allez ouvrez grand la bouche, on part pour deux petites cuillerées de Death Metal Old School histoire de réparer cet affront illico presto. 

Écouter cet EP revient à mettre les doigts dans la prise. Tomb Mold chope sa proie en deux temps trois mouvements et le premier morceau fait un excellent travail pour appâter le chalant. Ca pue le Death caverneux tout en offrant de la rythmique efficace qui distribue les gnons avec générosité. Avec Planetary Clairvoyance, on retrouve un Tomb Mold qui aime sophistiquer ses plans (sans abuser non plus) pour mieux lâcher des missiles d'efficacité juste derrière. Un peu comme si Blood Incantation avait pris des leçons de riffing avec Obituary par exemple.

On peut se réjouir que ce premier volet ne soit pas un simple fond de tiroir ressorti pour faire joli. Planetary Clairvoyance prouve en tout cas tout le contraire avec son final à ranger parmi les trouvailles les plus efficaces et groovy des Canadiens. Ca vous a plu ? Vous en voulez encore ? Filez écouter les albums. Car en comparaison, Cerulean Salvation qui poursuit et conclut ce deux titres paraît plus fade. Bien que l’on pense pas mal à du Death deuxième âge, moins de moments marquants parsèment cette seconde offrande plus Doom et moins fantasque. Un titre plus classique qui a en effet davantage sa place comme bonus que comme vrai pan important d’un album. Pas désagréable mais facilement dispensable. 

Si Manor Of Infinite Forms n'avait pas encore trouvé grâce à vos oreilles, voilà de quoi vous donner un avant-goût rapide et digne de l'album sorti cette année, histoire de bouleverser votre Top 2018 à la dernière minute.