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Biographie

This Gift Is A Curse

This Gift Is A Curse est un groupe de Black Metal / Sludge / Hardcore originaire de Stockholm formé en 2008 par Lars Gunnarsson (Basse), Johan Nordlund (Batterie), Patrick Andersson (Guitare / Chant) et Jonas A. Holmberg (Chant). Une première démo sort en 2009, vite suivie par un ep éponyme enregistré au Sunlight Studios (Entombed, Dismember, Refused, Disfear) en une semaine. Démontrant tout le potentiel du quatuor, inspiré de formations comme Gaza, Admiral AngryLeviathan ou Neurosis et Godflesh, This Gift Is A Curse est fin prêt pour s'affirmer avec une premier méfait d'une violence rare intitulé I, Gvilt Bearer qui parait chez Discouraged Records.

A Throne of Ash, ( 2019 )

Une soirée froide d'hiver. Une pièce humide et sombre. La solitude, l'isolement. Et bientôt, la fin. C'est ce que m'a toujours inspiré This Gift Is A Curse, combo Suédois de Post-Hardcore / Sludge / Black Metal (oui, ça commence à faire un paquet d'étiquettes) dont le premier opus, I, Gvilt Bearer, avait mis tout le monde d'accord. Un déchaînement passionné de violence et de haine dont on ressort changé. Pas nécessairement en bien ou en mal, mais... changé. Le groupe avait confirmé son talent avec All Ail The Swinelord après une signature chez Season Of Mist. Ce A Throne Of Ash sort sur ce même label et était attendu. On note une nouveauté de line-up : un second guitariste a rejoint les rangs. Loin d'avoir changé l'âme de la formation, David Deravian semble avoir apporté ce quelque chose en plus dans la formation suédoise.

Parmi les choses qui ont changé entre 
All Hail The Swinelord et ce troisième album, on note la durée moyenne des compositions. This Gift Is A Curse a tendance à raccourcir notablement ses morceaux, délaissant ainsi le côté post pour une musique plus directe, plus Punk. Et c'est justement lorsqu'il prend son temps que le groupe nous entraîne avec lui : ces plages sonores oppressives, ces riffs répétés jusqu'à en avoir le tournis, jusqu'à ce qu'on perde nos repères au milieu de ce chaos. Les alternances de blasts frénétiques et de mid-tempos sombres sont moins présentes, et on a le sentiment de se retrouver face à un disque plus lisse.

Cette rage que nous vomit le groupe semble plus aveugle, moins empreinte de désespoir. En plus d'une omniprésence du chant qui pourrait en agacer certains,
This Gift Is A Curse semble avoir décidé de foncer dans le tas tête baissée et de se « blackiser » un peu plus : on a désormais droit à une double pédale et à des rythmiques plus simplistes et linéaires. On nous avait habitué à des morceaux déconstruits et retors, miroirs d'un esprit malade. A Throne Of Ash blaste, et blaste. Au revoir les chœurs, au revoir les chants clairs.

Au revoir également la production un peu dégueu ultra-étouffante : tout a gagné en clarté et en définition, en particulier la batterie. Les guitares ne sont plus autant en avant et le chant est encore plus saturé. Tous ces éléments sont témoins d'un réel changement au sein de la formation qui n'est hélas pas une évolution mais plutôt l'inverse : This Gift Is A Curse va vers l'uniformisation en se débarrassant de ses racines Post-Hardcore. L'esprit est toujours là et l'album n'est pas exempt de moments de bravoure : l'outro de Gate Dweller, Monuments For Dead Gods ou Wormwood Star sont là pour le prouver. Mais encore une fois, le groupe semble trop pressé d'en finir, de plier ce chapitre.

A Throne Of Ash n'a pas cette vague à l'âme tant adorée et échoue à nous emporter aussi loin qu'on le souhaiterait. La musique ne décolle jamais comme on y a été habitués : beaucoup de morceaux semblent trop courts. Non pas qu'ils auraient été amputés d'une partie, mais que cette part manquante n'a jamais été écrite, comme si le groupe s'était contenu malgré lui. En découle une légère frustration qui donne plus envie de revenir aux précédents actes que d'insister avec cette nouvelle production.

This Gift Is A Curse ne remplit donc pas tout à fait le cahier des charges : 
A Throne Of Ash est un album le cul entre deux chaises, coincé entre sa volonté de faire du Black Metal plus classique et son désir d'exprimer le mal-être comme le fait si bien le Post-Hardcore. Le groupe se cherche et l'auditeur se retrouve au milieu de cette œuvre imparfaite, une œuvre de transition. Tout n'est pas à jeter, loin de là, mais on attend les suédois au tournant pour la suite de leur carrière, et constater leurs futurs choix avec un quatrième album qui sera sans doute décisif.

A écouter : Gate dweller, Wormwood star
17 / 20
4 commentaires (17.38/20).
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I, Gvilt Bearer ( 2012 )

On pensait avoir déjà tout vu, tout entendu. On se disait qu'on ne pourrait jamais aller plus loin que ce que ce beaucoup de groupes avaient déjà amené dans le monde des musiques extrêmes. On se trompait.

This Gift Is A Curse, c'est le dernier stade de l'évolution Post-Hardcore, qui va peut-être encore plus loin que les Celeste, GazaAmenra et compagnie. On va pas tous les faire, on pourrait en citer à tour de bras, chacun ayant son identité propre. Mais eux aussi, pas uniquement là pour tenir tête aux colosses déjà bien affirmés dans le genre. Car les suédois ont de la suite dans les idées en faisant de I, Gvilt Bearer un disque estampillé Hardcore / Sludge / Black Metal et tout ce qu'il y a de plus crade et de plus violent. Ces filiations deviennent de plus en plus communes surtout depuis quelques années, mais This Gift Is A Curse affine ses intentions, si bien que le moule de base n'a rarement sonné aussi affirmé, fondu et dense, comme si les frontières entre chaque genre n'étaient désormais réduite qu'à leur portion étymologiques. Donc oui, le quintet est certainement le groupe fait le mieux le lien dans ces racines des musiques extrêmes, mais surtout, il ne s'arrête pas là et propose de nouvelles choses pour tenter de se diversifier et ainsi se démarquer encore d'avantage de ses congénères.

Plus important, This Gift Is A Curse t'ouvre le ventre, te bouffe les tripes comme une meute de chiens enragés et ne te lâche qu'une fois rassasiés. Parce que ce n'est pas le tout d'avoir un concept, il faut encore avoir la force de ses convictions pour les transmettre. Et c'est bien évidemment gros point fort sur ce I, Gvilt Bearer qui nous happe de ses mâchoire carnassières pour ne nous lâcher qu'en petits morceaux à la toute fin. Ce disque est effroyable d'intensité et d'horreur. Il sait s'imprégner dans chaque pores de la peau, comme un lente toxine infestant les organes et s'insinuant dans le cerveau jusqu'à l'apoplexie. Des hurlements bestiaux et inhumains de Inferno A.D jusqu'à l'étouffement I Will Swallow All Light, This Gift Is A Curse te crache sa bile à la gueule. Alors tu serres les dents et tu encaisses les coups tant bien que mal. The Crossing fait semblant de caler un riff catchy pour mieux te désosser alors que Att Hata Allt Mänsglikt Live et Deceiver font tourbillonner le malaise dans leur larsens industriels. Ecouter I, Gvilt Bearer c'est donc faire preuve d'un certain masochisme. Ici tout n'est que souffrances, cris abominables, larmes de peine et ambiances mornes et dévastées où aucun rayon de lumière n'a la chance de filtrer, où aucune aide ne te tendra la main.

Rarement on a été aussi surpris par tant de violence, d'intensité et d'émotions noires. La concurrence est pourtant rude sur ce type de scène où il est difficile de se démarquer, mais This Gift Is A Curse renvoie tous les prétendants en pleur dans les jupes de leur mère. Tu dois l'avoir déjà lu plusieurs fois ailleurs, mais ici c'est bien la seule chose qui soit immuable, ce disque suinte véritablement la haine. Une haine totale, sans compromis, de par ses obsessions radicales jusque dans son interprétation. I, Gvilt Bearer en laissera surement plus d'un sur la touche, mais si vous ne craignez pas de vous abandonner complètement à un disque à la violence irrationnelle, alors tentez!

A écouter : tout, comme un bloc de haine