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Biographie

The Wounded Kings

On ne sait que peu de choses sur The Wounded Kings, si ce n'est que le groupe semble être sorti de l'eau et s'être mis à ramper sur le sol britannique vers 2005. Trois ans auront été nécessaires à son évolution, dont le résultat pris la forme d'un premier album, intitulé The Embrace of the Narrow House. N'en déplaise aux créationnistes, la bête continue d'évoluer jusqu'en 2010, année où elle accouche d'un second opus, The Shadow over Atlantis, qui rencontre un franc succès un peu partout.
Le nouvel album de la formation, In the Chapel of the Black Hand, est annoncé pour la fin de l'année 2011, toujours chez I Hate Records.

Line-up:
Sharie Neyland - chant
Steve Mills - guitare
Alex Kearney - guitare
Mike Heath - batterie
Jim Willumsen - basse

Chronique

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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The Shadow Over Atlantis ( 2010 )

  Oh, un groupe de doom occulte avec un nom à la con. Original ? Ben ouais en fait. Ici, l’idée n’est pas d’honorer Black Sab’ via stimulus buccal, mais bien de jouer quelque chose qui ne ressemble à rien d’autre. Car oui, The Wounded Kings n’est pas qu’un simple groupe de doom de plus.

  Débarqués de nulle part (‘fin, de la Perfide Albion quoi) en 2008 avec The Embrace of the Narrow House, ces rois blessés n’avait pas vraiment trusté le sommet de l’affiche, même s’ils avaient quand même réussi à faire parler un peu d’eux. Et à raison. Sur ce The Shadow over Atlantis, le groupe évolue toujours dans un doom metal ultra lent, tellement qu’on s’approche parfois du funeral doom, sans jamais pourtant franchir le pas, un peu à l’image des compatriotes de Warning, même si beaucoup d’élément évoqueront plus volontiers Electric Wizard, le groove en moins. Mais l’intérêt de ce disque est ailleurs, à savoir son ambiance sinistre, poisseuse et terriblement évocatrice.

  En effet, si tel était déjà le cas sur leur premier opus, les lascars se montrent d’une habilité rare quand il s’agit de créer une ambiance vraiment prenante. Si l’expression ‘atmosphère de fin du monde’ est aujourd’hui employée à tort et à travers, elle convient en revanche parfaitement à ce disque qui semble vraiment raconter l’histoire de la fin, non pas du monde, mais d’un monde, celui de l’île légendaire d’Atlantis. En fermant les yeux, les plus imaginatifs n’auront pas vraiment de difficultés à se représenter le malaise grandissant au sein des insulaires alors même que les signes avant-coureurs d’une catastrophe imminente s’accumulent. Les autres se diront simplement ‘ah ouais, c’est comme voir les nuages s’agglomérer au dessus de l’océan avant une tempête !’ et ils ne seront pas forcément plus loin de la vérité.

  Sans tomber dans le -très hype- doom psyché, ce disque, l’ambiance de ce disque colle tout à fait au thème récurrent de la cité perdue, du crépuscule d’une civilisation mythique, en partie grâce à un mysticisme certain, proche de l’art lovecraftien (Invocation of the Ancients parle pour elle-même). En cela, le groupe parvient à faire aussi fort que des références en la matière telles qu’Ahab, Thergothon ou encore Evoken, pour rester dans le royaume du doom. Par ailleurs, même si l’album n’est pas évident à digérer, sa structure équilibrée qui alterne entre longues compositions et courts instrumentaux de toute beauté (Into the Ocean’s Abyss et Deathless Echo) favorise l’immersion de l’auditeur et casse l’impression d’avoir affaire à un monolithe uniforme. De plus, au fil des écoutes, plein de petits détails très utiles pour maintenir l’auditeur captivé révèleront la richesse de ce disque, tels que le chant halluciné sur Baptism of Atlantis, les murmures démoniaques sur The Sons of Belial ou encore les cœurs possédés sur Invocation of the Ancients.

  On l’aura donc compris, The Shadow over Atlantis est un grand disque, qui restera évidemment comme un des très grands disques de 2010, propulsant du même coup The Wounded Kings parmi les formations les plus intéressantes du genre en ce moment car fortes d’une réelle identité musicale, telles que Jex Thoth, Mar de Grises, Hour of 13 ou Ahab (même si...).  Humide et poisseux, voilà un vrai disque pour l'été, finalement.

Tracklist: 01. The Swirling Mist, 02. Baptism of Atlantis, 03. Into the Ocean's Abyss, 04. The Sons of Belial, 05. Deathless Echo, 06. Invocation of the Ancients.

A écouter : Tout l't