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Biographie

The Velvet Underground

1964, New-York. Lou Reed (chant, guitare) et John Cale (basse, chant, piano...), deux musiciens avant-gardistes, se rencontrent et s'accordent pour former un groupe. Peu de temps après, Sterling Morrison (guitare) et Maureen Tucker (percussions) viennent grossir les rangs. The Velvet Underground est né.

L'année suivante l'artiste « Pop Art » Andy Warhol devient le manager du groupe. Grâce à sa renommée il décroche un contrat avec Verve Records pour le premier album du Velvet. Warhol suggère fortement la présence de Nico au chant, ce que Reed désapprouve. Ce dernier finira cependant par lui accorder trois chansons. Ainsi en 1967 sort le premier album du Velvet, intitulé The Velvet Underground and Nico. Warhol a réalisé la cultissime pochette du disque : une simple banane autocollante qui eu une fois décollée révèle une banane pelée rose. A côté on peut y lire « Peel slowly and see ».
L'album ne connaît pas un grand car il fut vite retiré de la vente en raison d'un droit à l'image. Le réalisateur Eric Emerson, qui apparaît au dos  de la pochette, assure que son image a été utilisée sans son consentement. Une fois le problème réglé le disque ressort, mais se vend peu, faisant de la prémière édition une pièce de collection.

Séparé de Warhol et Nico, The Velvet Underground part en tournée et fait la part belle aux improvisations, celles-ci donneront naissance à White Light/White Heat, le second album du groupe enregistré en seulement deux jours sous la houlette de Tom Wilson (Frank Zappa, Bob Dylan...). White Light/White Heat est un album référence faisant la part belle aux expérimentations comme en témoigne la longue et torturée Sister Ray, pour ne citer qu'elle. Durant l'accouchement de l'album des tensions sont apparues entre Reed et Cale, les deux têtes pensantes du groupe, le second n'acceptant pas les penchants Pop du premier. Cale est évincé en 1968 et remplacé par Doug Yule, qui correspond plus à la vision musicale de Reed.

1969, nouvelle année, nouvel album pour le Velvet. Lou Reed est seul aux commandes et livre un disque à la production léchée, plus calme, plus chanté. Si l'on excepte la psychédélique The Murder Mistery, il ne reste plus grand chose de l'avant-gardisme du groupe, qui malgré ceci ne décolle toujours pas dans les ventes.

Victime de la purge de MGM, la maison mère de Verve, le Velvet se retrouve chez Atlantic pour son quatrième album, Loaded. Lou Reed, fatigué et contesté par Doug Yule quitte le groupe pour une carrière solo un mois avant la sortie de l'album, non sans avoir composé l'intégralité des titres du disque. Doug Yule reprend donc le flambeau de Reed et le Velvet tombe en miettes avec le départ de Morrison et le renvoie de Tucker. Walter Powers et Ian Paice (Deep Purple) font leur apparition dans le groupe pour Squeeze en 1972. Le départ du manager Steve Sesnik l'année suivant marque la fin de Velvet Underground.

Deux décennies plus tard Reed, Cale, Morisson et Tucker remontent sur scène en première partie de U2 et ont un nouvel album en projet. Mais les tensions entre Reed et Cale sont toujours présentes, et la mort de Morisson en 1995 mettent fin à cette idée.

Plus de quarante ans après son premier The Velvet Underground reste une pierre angulaire du Rock, source d'inspiration de moult artistes de par son côté poétique, provocateur et avant-gardiste.

Chronique

18 / 20
5 commentaires (18.4/20).
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The Velvet Underground & Nico ( 1967 )

Aux États-Unis la seconde moitié des années 60 a de particulier cette incroyable effervescence  artistique novatrice, notamment portée par Warhol, producteur du Velvet. En musique un nouveau son émerge et s'apprête à changer à jamais son paysage. Lancé par les talentueux Lou Reed et John Cale, le Velvet Underground est le premier groupe représentatif de cette mouvance.

Pour bien comprendre le Velvet il faut savoir que la musique et la drogue sont intrinsèquement liées chez eux. Le groupe a toujours été obnubilé par les subtances psychotropes et en usait lors de ses compositions et interprétations. L'usage de drogues a souvent été au cœur de la création pour de nombreux artistes, et ce depuis les grands jazzmen Be-Bop qui ne concevaient pas l'improvisation sans en prendre. L'histoire du Rock nous a montré que celui-ci ne dérogeait par à la règle. Maintenant la question est de savoir de quelle façon cette influence transparait-elle sur la musique du Velvet ?
Tout d'abord par les rythmes répétitifs, ou dissonants, qui sont à la fois agressifs, malsains, mais surtout et par dessus tout  hypnotiques. Ensuite, la voix de Lou Reed erre littéralement sur cette promenade « psychotropée », ne faisant que renforcer l'immersion dans ce monde complètement stone dépeint par le Velvet. On n'en décolle pas. Certains y ont vu une dégénérescence de la musique tandis que d'autres (beaucoup) y ont vu son nouveau souffle. Un nouveau souffle car une nouvelle façon de faire de la musique est apparue : à partir de dorénavant on peut tout faire, et tout dire en musique.

Reste le cas Nico à présent. La muse de Warhol imposée à Reed chante trois chansons et sa présence divise autant qu'elle rassemble. Elle s'intègre pourtant très bien dans le disque même si l'on sent qu'elle a freiné les ardeurs novatrices de Reed et Cale. Les chansons sur lesquelles elle apparaît sont en effet plus courtes, et surtout plus conventionnées. Mais cela rentre bien dans la facette Pop du groupe.
Le premier disque du Velvet a justemment d'incroyable cette faculter à conjuguer mélodies Pop « dylanesques » (Sunday Morning) avec une volonté d'expérimenter de nouveaux rythmes et sons (Venus in Furs, The Black Angel's Death Song, European Son). L'alchimie entre les deux  donne une musique à la fois simple et complexe, abordable et déstabilisante.
Cet album choque d'ailleurs en son temps, de la pochette au phallique provocant confectionnée par Warhol à la musique perchée de la troupe de Reed en passant par les textes abordant la drogue (I'm Waiting For The Man, Heroin) ou le sadomasochisme (Venus in Furs). Mais le Rock a toujours su affronter les tabous d'une société en les exposant. Si Elvis a marqué le premier, le  Velvet a transformé l'essai.

Au final Velvet Underground & Nico est un incontournable de la musique. Ce disque a eu une influence considérable dans cette sphère, que ce soit en musique Pop, Psychédélique ou même Punk. Indubitablement, le Rock ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans ce grand album totalement perché, mais assurément inspiré.

A écouter : Dfonc, sobre, le jour, la nuit...