Biographie

The Tallest Man On Earth

La guitare en bandoulière, The Tallest Man On Earth, appellation d'un one-man-band qui cache le nom de Jens Kristian Matsson, noircit ses cahiers de chanson depuis le milieu de la décennie 2000. Originaire de Suède, mais profondément influencé par Bob Dylan, il égrène ses peines le long de mélodies folks qui ont gagné en variété et en arrangements tout au long de sa discographie composé de deux ep Self Titled (2006) et Sometimes the Blues Is Just a Passing Bird (2010), et de trois albums Shallow Grave (2008), The Wild Hunt (2010) et There’s no leaving now (2012). Au point de faire de lui aujourd’hui un incontournable de la galaxie folk.

Chronique

There's No Leaving Now ( 2012 )

"Tout à coup, quelque part au milieu du chorus, il ferre le it ; tout le monde sursaute et comprend ; on écoute ; il le repique et s’en empare. Le temps s’arrête. Il remplit le vide de l’espace avec la substance de nos vies […]"

Ainsi pourrait-on décrire ce premier morceau. "To just grow away". De ces titres qui pulvérisent et recomposent. De ceux qui envahissent. Qui captent tout. Qui empêche d’entendre la suite. "To just grow away" est le it de The Tallest Man On Earth. L’expression de ce moment où il a su dompter les démons dont parlent Thomas Mann et qui peuplent les chansons. Des arrangements sublimes. Une corolle de notes entêtantes. Une voix. Sculptée dans l’émotion la plus nue et la plus pure.
 
Mais puisqu’il s’agit de continuer, de ne pas réduire cet opus magnifique à un seul titre, il faut – aussi – dire tout ce que les 9 autres titres regorgent de petits prodiges. Plaçant ses souliers usées dans les empreintes bien marquées de Bob DylanJens Kristian Mattsson rappelle par la voix nasillarde et les accords soignés, le légendaire song-writter américain ("Leading me now", "Criminals"), mais contrairement aux efforts précédents où la ressemblance était trop prégnante – voire handicapante –, ici le suédois met sa propre peau sur la table, puise au fond de ses tripes et délivre une partition grimée par le ressenti personnel. La voix de tête s’envole ("Winds and Walls"), les notes dessinent une douce mélancolie ("Little Brother") et c'est la tradition de la folk à la Jackson C. Frank qui se libère alors: solitaire et désespérée.

Parvenant à faire valoir sa singularité dans une discipline où il n’est pas aisé de se déployer, The Tallest Man On Earth, avec ce There’s No Leaving Now, se hisse dans le wagon très prisé qu’occupent Bon IverElvis Perkins ou James Vincent McMorrow, ces rares folkeux actuels qui ont le truc en plus. Qu’on écoute le single "1904", "Bright Lanterns" et sa pédale steel, "There’s No leaving now" belle à chialer ou la très dylanienne "Criminals" pour s’en convaincre. La folk n'est pas qu'une histoire de musique, elle est un verbe. Alors folkons. 

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