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Biographie

The Strokes

 Formés en 1998 par Julian Casablancas (chant) et Nikolai Fraiture (basse), The Strokes sont très vite remarqués par les maisons de disques grâce au buzz médiatique généré par le groupe au sein du milieu bourgeoisement hype new-yorkais. Rejoins par Albert Hammond, Nick Valensi & Fabrizio Moretti, le quintet enregistre très vite un EP intitulé The Modern Age. Quelques mois après sortait leur premier opus Is This It?,album culte acclamé unanimement par la presse. Leur pop chic aux influences diverses (de Television au Velvet Underground ) leur permit d'écouler plus d'un millions de copies. Après un Room On Fire décevant, le groupe revient en 2006 avec le très bon First Impressions Of Earth.

Chronique

17 / 20
8 commentaires (17.44/20).
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First Impressions Of Earth ( 2006 )

Pourquoi hésiter devant ce disque ? Peur d’une nouvelle redite ? Peur que le quintet New-Yorkais ne nous ressorte un nouveau Room on fire, pâle copie de son illustre prédécesseur Is this it ? Inutile de le nier First Impressions of Earth était attendu de pied ferme : Chronique d’un album du renouveau et de la consécration.

 

Premières notes discrètes, et première frayeur très vite estompée : non les Strokes ne sont pas tombé dans leur propre piège, dans la facilité de la redite. Le morceau d’ouverture bien que quelque peu commun annonce déjà le changement principal, La métamorphose : le chant de Julian Casablancas. Le nonchalant leader du groupe semble se révéler pleinement et exploser littéralement. Sa voix prend de l’ampleur, sans forcer, retombe dans un souffle, puis , tout en justesse, va chercher ses limites, son point de rupture. Casablancas chante bien et cela s’entend . Plus de distorsion ni d’effets masquant sa voix, mais une production mettant en valeur son timbre si particulier, éraillé, chaleureux . Néanmoins, l’éloquence chic et nonchalante reste présente et l’on tient sans conteste ici le chant le plus aboutit que nous aie jamais servis le jeune new-yorkais. La timidité passée est oubliée et Casablancas se révèle plus doué que jamais. Tantôt doux, quasiment intimiste ( evening sun ) puissant et enlevé ( Ize the World, Juicebox) voir même « Poguesien » (15 minutes) , le chant devient un des atouts majeurs de FIoE .

Pour les fans de la première heure, le choc peut être brutal. Il est finit et bien finit le temps d’ Is this It et de sa pop de luxe, classieuse et robotique : Les Strokes ont évolués, se détachant de leur style passé en enrichissant leurs compositions de multiples influences. L’aspect minimaliste et concis des 2 premiers albums semble oublié : Le nombre de tracks est plus important, les morceaux plus fouillés et même si certains comme You only live Once ou Heart in a cage ne détonnent pas des opus précédent, l’ensemble du disque semble prendre une direction toute autre. On pourra bien objecter que le duo basse-batterie est toujours aussi présent, ou que les 2 guitares, mélodique et rythmique, s’entremêlent toujours avec autant de facilité, cependant il n’en reste pas moins indéniable que quelque chose à changé au sein du groupe. Le jeu de batterie, auparavant fort linéaire et robotique nous offre ici une variété et une puissance particulièrement étonnante, révolutionnant le « son » stroksien. Le son est lourd et pesant, toujours aussi dansant bien que beaucoup plus teinté d’un rock fiévreux et emballé. Les guitares s’échappent souvent du schéma bien connu rythmique/ soli « synthétique » puisant aussi bien dans une pop rock électrique et saturée ( Ize the World) que dans des ballades élégantes et délicates ( evening sun ) C’est cette diversité musicale couplée à un chant enfin libéré qui donne a cet album une ampleur que ne tenait pas ses prédécesseurs. Les ambiances défilent au cours des morceaux aussi fluides que la voix de Casablancas. On quitte le climat noir et blanc d’Is this it pour des paysages colorés : d’un rouge vif et éclatant à un bleu azuré, de Juicebox à Fear of Sleep : First Impressions of Earth est un tourbillon, une vague délicate, précise et puissante. Les structures sont plus complexes, le jeu plus technique, mais les mélodies restent toujours aussi accrocheuses et entêtantes : Impossible, après la première écoute de ne pas fredonner tel refrain ou de chantonner tel pont. Tout en donnant une épaisseur nouvelle à leur musique, les Strokes ont réussis a garder ce qui fait d’eux un des meilleurs groupes d ‘« entertaining » pop du moment : une simplicité déconcertante, machine tubesque aux morceaux tous plus cultes les uns que les autres, une facilité à nous offrir des stantards du rock aux riffs d’une évidence provocante.
Parfois, la machine semble vouloir aller trop loin. On peut penser notamment au magnifique Vision of Division dont la perfection est quelque peu entachée par un pont barré et psychédélique que ne renierai pas Daron Malakian, semblant pousser ici la surenchère un peu loin . Mais ce serait chipoter que d’y voir un défaut tant le soucis de perfection est perceptible sur cet album. A noter , la présence de l’ovni Ask me Anything, ballade langoureuse et répétitive dans laquelle un violoncelle sert de support à la voix de Casablancas, plus présente que jamais et résumant à elle seule ce nouveau cru stroksien : douce, puissante, assurée et changeante.
Un album du renouveau et de la consécration, à écouter dans son intégralité qui sans chercher à atteindre la pureté d’Is this It, part explorer de nouveaux chemins, plus colorés et chaleureux.

 

Même si la scène pop-rock est envahie depuis quelques années par les émules de groupes tel Franz Ferdinand ou les White-Stripes, certains émergent de la masse, que ce soit les Arcade Fire par leurs ambiances et leurs expérimentations, ou Clap your hands and say yeah et leur originalité décalée. Pour les Strokes, il peut s’agir de la simplicité ravageuse des morceaux, des mélodies désabusées…ou bien peut-être ne s’agit-il ici que de cette classe new-yorkaise et du charisme d’une des formation les plus intense de ces dernières années.

A écouter : vision of division, heart in a cage, Ize the World