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Biographie

The Snake The Cross The Crown

Kevin Jones: Chant/Guitare
Franklin Sammons: Guitare/Chant
William Sammons: Clavier/Programmation
Mark Fate: Batterie

Originaire de Huntsville, Alabama, le groupe (formé à la mi-2002) déménage dès sa formation pour la Californie, et Santa Barbara plus précisément.
Enrôlant les membres de Curbside Service, le groupe compose vite et se retrouve, même pas un an plus tard, aux célèbres Orange Whip Studios pour enregistrer son premier EP Like A Moth Before A Flame pour Waste Of Time Records. Le disque sort officiellement en août mais met du temps à s'acheminer vers les disquaires si bien qu'il n'est dispo qu'à la fin '03. Ils retournent en studio en avril '04 pour pondre un album complet intitulé Mander Salis, sorti sur Equal Vision puisque le combo a très vite attiré l'attention du label découvreur de talent. Trois ans passent, et TSTCTC revient enfin avec un second effort : Cotton Teeth.

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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Cotton Teeth ( 2007 )

Assumé, Cotton Teeth est un album assumé. Après avoir entamé un virage country-rock sur son prédécesseur, The Snake The Cross The Cross revient trois ans plus tard avec un effort revendiquant pleinement l’influence de ces maîtres-à-jouer que sont  Bob Dylan, les Beatles ou bien encore les Pink Floyd. Le groupe d’Alabama y puise son inspiration, déploie ses racines folk, et parachève un album dans la plus pure tradition Americana.

Des origines tout autant appréciées par leur producteur, Angus Cooke (Bad Astronaut, The Ataris, …) qui continue de les suivre malgré cette (r)évolution ; bien entendu, ceux ayant eu du mal à avaler la pilule à la sortie de Mander Salis se trouveront d’autant plus lésés, à contrario, ceux qui, pour exemple, demeurent encore contemplatifs à l’écoute de cette autre révolution qu’est Wood/Water de The Promise Ring, seront sous le charme. Chacune des dix pistes de Cotton Teeth est à elle seule une pièce d’orfèvrerie qui ne souffrirait en aucun cas de la comparaison avec des "Echolalia", "On the Threshold of Eternity" et autre "An Honest Misappropriation of Funds". Preuve en est faite avec "Cakewalk", accompagnement lumineux d’un banjo, guidant la complainte de Kevin : «And I Wanna Live on the Stage, I Wanna Play the Guitar, and I Wanna Get Paid». La musique, rien n’a plus d’importance aux yeux de nos musiciens, et leur aisance dans la composition, cette sensibilité insufflée à chacune des notes, n’en est que plus désarmante. Piano, banjo, maracas, tambourin, guitares, basse, orgue et consorts, tous ont un rôle primordial à jouer dans le travail d’écriture de TSTCTC, sans oublier la pierre angulaire sur laquelle repose chacun des instruments : la batterie. En ouverture, en clôture, en rupture, elle déboule, se cabre, repart de plus belle, rythmant chacune des mélodies, son cavalier s’amusant de son indocilité, et les autres donnant du souffle à tout rompre. Comment ne pas y aller de son «Ohohohhh You Let Us to Soon» sur "Behold the River", ne pas taper du pied sur "Gypsies Melodies", ou s’inquiéter du chant impassible de Kevin sur "Floating In & Out", sans aucun doute possible la pièce maîtresse de l’album.

Même si, en définitive, "Electronic Dream Plant" s’avère un cran au dessous, The Snake The Cross The Crown surclasse très largement la production actuelle, approchant l’élite des Sparklehorse, Death Cab For Cutie et autres Syd Matters pour la scène française. Décidément, à croire que dans le serpent, tout est bon…

Télécharger : "Behold the River"

A écouter : jusqu' plus soif

Mander Salis ( 2004 )

The Snake The Cross The Crown avait su nous séduire en 2003 avec un EP à la fois intense et mâture pour une première oeuvre: Like A Moth Before A Flame. Une nouvelle fois porté par la voix transie de Kevin Jones, les Californiens remettent le couvert avec Mander Salis, abordant ainsi un virage à 90° qui ne tient qu'à vous d'anticiper.

A l'instar de Cave In sur "Burning Down The Billboards", TSTCTC se permet de rendre hommage aux illustres Beatles, et autres Simon&Garfunkel en parcourant des contrées country/folk  ("Empires", "A Brief Intermission"). Kevin Jones pose une prose de qualité que ne renierait pas Elliott Smith, preuve flagrante de la maturité du groupe en témoigne "On The Threshold Of Eternity", hymne intimiste de Mander Salis. En apesanteur, le duo chant/guitare-acoustique est exquis, le bassiste s'essaye d’ailleurs à des vocalises apathiques, ou a contrario, plaintives au possible, interrompues par une batterie au rythme plus lourd, bien qu'adoucie par le clavier. Si à première écoute, cette oeuvre peut paraître plus calme, l'énergie déployée par le combo sur l'EP n'a pas été encore totalement évincée.

Certes TSTCTC est déterminé à rendre hommage au Rock des décennies passées, mais il en va de même pour les futures. "Echolalia" démontre à nouveau leur talent via une introduction de 2 min' tout en nuance, clin d’œil à une scène post-rock émergente ; une hâte insoutenable se fait alors percevoir quant au commencement du morceau : riffs de guitare entamés, voix posées, basse en porte à faux, TSTCTC enivre un auditeur prompt à écouter tout ce qui pourra se faire entendre. L’envoûtement d’ "Echolalia" trouvera une certaine résonance auprès de sa dauphine "An Honest Misappropriation of Funds", et ravira ainsi les opposants  au virage folk nettement abordé par le combo.

Ce second opus, indéniablement surprenant, conserve certains arômes de son prédécesseur, à savoir des arrangements denses et riches, des morceaux parfaitement déstructurés, et une atmosphère omni-programmée. Dès les premières mesures, une large palette orchestrale se fait sentir, l’album lorgne d'ailleurs vers un rock progressif plus sombre qu’à l’accoutumée ("The Sun Tells the Moon"). D’aspect similaire à cette dernière, "Gates of Dis", bien que moins véhémente, instaure un climat pesant de part ses effets chimériques si chers à Like A Moth Before A Flame.

Mander Salis nous gratifie de 10 titres aussi savoureux les uns que les autres, la nostalgie du siècle passé amoindrie par ce nouveau soubresaut émotionnel. Malgré tout, les mauvaises langues pourront toujours hurler «  Plagiat !  Blasphème ! »; pour ma part, il s'agirait davantage d'une délicieuse excursion temporelle dont on ne se lasserait jamais. Si la vie n'est rien d’autre qu'un éternel recommencement, nous ne pourrons qu’espérer ne jamais entrevoir sa défunte soeur, et nous délecter à jamais de cette oeuvre.

Télécharger: Empires - Gates of Dis - On The Threshold Of Eternity (vidéo live).

N'hésitez pas à en débattre sur le forum.

A écouter : Echolalia; An Honest Misappropriation of Funds, On The Threshold Of Eternity

Like A Moth Before A Flame EP ( 2003 )

Attention: fans d'emo/indie rock, bombe en vue!
The Snake The Cross The Crown réussit dans le genre là où tant de groupes chutent (dans le parodique et le banal) depuis 2 ans.
Fort de ses influences, le groupe construit une musique originale, hautement mâture, d'une sincérité évidente, marqué par un mélange de mélodies légèrement sombres, énergiques et accrocheuses au possible.

Les morceaux ne se ressemblent pas (de la balade "Moneymaker" au style largement plus emo punk "The Contortionist", qui est peut être le titre le moins envoûtant de l'opus tout en étant très réussi), ont une construction bien pensée et pas vraiment simple d'approche même si paradoxalement l'ensemble coule tout seul, d'un trait. TSTCTC multiplie les ponts, breaks et les parties différentes, sans jamais s'attarder sur un riff (relançant ainsi constamment l'intérêt pour l'auditeur) et évitant soigneusement le côté binaire du couplet/refrain. Ainsi, les morceaux sont généralement longs mais loin d'être répétitfs.

Le clavier occupe ici une place à part entière et il n'est nullement un simple artifice pour faire plus 'emo'; on le retrouve dans tous les morceaux, en ambiance ou en constructeur de mélodies; à ça il faut rajouter les effets sonores bien incorporés... c'est à dire assez en retrait et qui ne choquent pas l'oreille par leur aspect 'technoïde'.

Carl Marshall (chant/basse), sans jamais en faire trop ni être monocorde (/monotone) avec sa voix plutôt sombre, prouve qu'il maîtrise une palette importante de chants et ses rares envolées passionées sont un régal.
Pour les autres (les 2 guitaristes et le batteur), techniquement c'est irréprochable, tout autant qu'au niveau du sens de la mélodie qui s'impose de lui même comme rarement! Sans parler de la créativité des musiciens, car dans ce domaine peu de groupes les égalent, c'est certain.

Et que dire des acrobaties d'Angus Cooke (qui a déjà attaché ses services à des groupes comme Bad Astronaut, The Ataris, Mad Caddies, Whippersnapper, Nerf Herder, Inspection 12 ou Lagwagon), admirable à la production tant il fait ressortir le potentiel du groupe (on ne peut s'empêcher de penser au dernier Houston... de Bad Astronaut pour ce côté là)

Tout en se détachant largement de ses influences, TSTCTC serait facilement abordable par les amateurs de The Juliana Theory, Copeland, Jimmy Eat World, Mae, Park, .moneen. ou encore Bad Astronaut, Motion City Soundtrack et Ozma pour le côté un peu plus pop.

TSTCTC ne manquera pas d'éveiller bon nombre de frissons chez les amateurs d'emo et d'indie rock. Les 2 premiers morceaux "Letter" et "Hot Anger, Soon Cold" (que je n'ai pas pu résister à vous mettre en mp3) suffisent très largement à démontrer le talent du combo... de là à crier au génie, il n'y a qu'un pas!

T

A écouter : Letter ; Hot Anger, Soon Cold
The Snake The Cross The Crown

Style : Indie / Folk
Tags : -
Origine : USA
Site Officiel : snakecrosscrown.com
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