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Biographie

The Neal Morse Band

The Neal Morse Band est créé en 2014 par… Neal Morse (vous l'aviez pas vu venir hein !), qui recrute Randy George (Ajalon) à la basse et le célèbre Mike Portnoy (ex Dream Theater, TransatlanticMetal Allegiance, The Winery Dogs…) à la batterie, deux fidèles compères avec qui Neal Morse a l’habitude de sortir ses albums solo. Mais si le protagoniste principal joue toutes les parties de guitare, de clavier, et de chant en plus de s’occuper de la composition lors des albums sortis sous son seul nom, il est plus en retrait dans ce groupe-ci. En effet, Neal Morse partage les guitares et le chant avec Eric Gilette, et les claviers avec Bill Hubauer. De plus, l’écriture aussi est partagée : le quintet entre en studio sans aucune ébauche du moindre titre, et la composition se fait à cinq en très peu de temps. Cette façon de faire étant nouvelle pour Neal Morse, le titre logique de l’album qui en découle est The Grand Experiment. Il sort début 2015.

En 2016, le groupe sort Alive Again, un double-album live dans lequel la quasi-intégralité de The Grand Experiment est interprété, mais aussi nombre de titres issus des précédents efforts solo de Neal Morse. Trois mois après la publication de ce live, c’est le tour du deuxième album studio : The Similitude Of A Dream. Il s’agit d’un double album de plus d’une heure quarante-cinq, basé sur le roman Le Voyage Du Pèlerin de John Bunyan. Toutes les pistes sont à nouveau écrites à cinq. Lui aussi servira de base et de prétexte pour un nouveau double-album live : The Similitude of a Dream - Live in Tilburg 2017. L’album y est joué en entier ainsi que quelques autres titres.

 

Le principal intéressé est revenu à la formation trio (avec Randy George et Mike Portnoy seulement) pour publier un nouvel album sous le simple nom de Neal Morse, en 2018 : Life&Times. Puis retour à la formation quintet puisque The Neal Morse Band publie le double-album The Great Adventure dès janvier 2019.

Chronique

15.5 / 20
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The Great Adventure ( 2019 )

Il y a deux types de restaurants. Trois, en ajoutant une vaste catégorie mal définie qui regroupe tout le tas de "mauvais restos". Mais des bons, il y en a deux catégories.

D'abord, il y a les endroits conventionnels, proprets, avec un menu du midi moins cher que le menu du soir, une carte fournie, un personnel attentionné, et surtout, un cuistot fiable qui nous régale toujours, quel que soit le menu. Encornets farcis, check. Poulet basquaise, check. Risotto forestier, check. Choucroute melba et ses œufs frits à la chantilly, check ? Bref, on aime ces restaurants parce qu'on y est surpris, mais toujours en bien. Parmi les tenanciers Prog qui ont su à la fois fidéliser la clientèle et qui ont aussi fait évoluer leur cuisine, on retrouve par exemple Steven Wilson, qui surprend régulièrement ; ou encore Opeth qui au début des années 2010 s'est mis à la cuisine vegan garantie sans Death, après un début de carrière dans la boucherie fine.

Mais Neal Morse tient l'autre type de bonne adresse. Chez lui, on mange tous les jours le putain de même couscous. Mais pourquoi y revient-on, alors ? Eh bien, parce que c'est BON.
Mais ce n'est pas tout. Non, une bonne recette ne suffit pas. Quand on a pas le choix du menu, on ne s'attend pas à "juste" bien manger. Si l'équipe ne propose qu'un seul plat, alors il n'y a pas le droit à l'erreur, ce plat doit être magique, nous faire voyager, doit devenir un mètre-étalon pour mesurer à quel point les autres cuisinent ce plat moins bien. Et en effet, à chaque fois, c'est divin. Et le menu du jour, The Great Adventure, ne fait pas exception.
Et là où le bonhomme va encore plus loin, c'est que son boui-boui a clairement un aspect simple, familial, qui fait qu'on se sent au resto comme chez mamie. Bientôt vingt ans que Mike Portnoy s'agite derrière sa batterie de cuisine et que Randy Georges assure le service à la basse, alors forcément, une équipe soudée comme ça, ça créé une certaine convivialité. On a été accueilli par une accolade (les serveurs se souviennent de notre prénom depuis notre deuxième ou troisième visite), on nous a offert l'apéro de la maison, les repères sont là dès le hors-d'oeuvre de The Great Adventure, on est tout de suite plongé dans l'ambiance chaleureuse des cuisiniers. Et ouvrir plusieurs établissements (Transatlantic, Neal Morse, Flying Colors...) ne change rien au sentiment profondément authentique et amical qu'on a pour l'équipe qui gère tout ça, c'est d'ailleurs dans la plus récente des auberges qu'on mange aujourd'hui : The Neal Morse Band.

Et si vous demandiez au chef son secret, il vous répondrait que c'est justement ça, le secret. Faire revenir le client en n'apportant rien de neuf à son produit, c'est tout un art, un art subtil qui demande l'exact bon mélange entre la convivialité familiale et la maîtrise parfaite de sa recette. Ce que le chef ne dirait pas, mais qu'on suppose vrai néanmoins, c'est qu'il faut aussi que la recette en question soit suffisamment riche en elle-même pour éviter toute lassitude, et le couscous du Neal Morse Band répond parfaitement à ce critère. Les épices se répondent les unes aux autres (Welcome To The World / I Got To Run / Welcome To The World 2), les trois chants apportent de la longueur en bouche et du caractère au plat, et que dire de la qualité des ingrédients ? Une bouchée sera Prog (A Momentary Change) quand la suivante sera Pop-Rock (Vanity Fair, Hey Ho Let's Go, The Great Adventure), et qu'une autre encore sera bien plus sombre (Dark Melody, Fighting With Destiny)... On a déjà mangé ici un paquet de fois, depuis ? et One que Neal Morse avait cuisinés tout seul, mais un tel voyage des sens nous surprend et nous saisi à chaque fois. Et plus de quinze ans après, regardez-nous ! Attablés chez The Neal Morse Band, à savourer la même chose en rigolant franchement avec des serveurs qui aiment leur métier et leur patron... Eh beh vous savez quoi ? On reviendra encore !

A écouter : Fighting With Destiny, The Great Adventure