Découverte
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Biographie

The Monolith Deathcult

Formé aux Pays-Bas en 2002, The Monolith Deathcult ne va pas perdre de temps et sort donc un EP puis un album en l'espace de deux ans. Deux sorties placées sous le sceau du Brutal Death et fortement influencées par les ténors du genre. Depuis "moins productif", le combo hollandais s'oriente d'avantage vers un Brutal Death porté sur les ambiances pour ses compositions. Leur troisième album, Trivmvirate, marquant un tournant décisif par l'intégration massive de sonorités Electro, sort en Février 2008. Une suite lui est donnée en 2013 avec Tetragrammaton qui parait chez Season Of Mist.

12.5 / 20
1 commentaire (16/20).
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Tetragrammaton ( 2013 )

Tetragrammaton, rien que le nom évoque un truc aussi brutal et démesuré que la divinité death metal hindoue pas très très belle qui orne la pochette de ce nouvel opus de TMDC. Vous le savez si Trivmvirate vous (a) fait de l’effet, ces Néerlandais-là ne sont pas spécialement réputés pour la finesse de leur dentelle. Entre l’ultra-brutalité ambiante, l’aspect fourre-tout ultra bien foutu, les cinq années qui séparent ces deux efforts (sans compter la réédition de The White Crematorium) et surtout la signature du groupe chez Season of Mist, on était bien en droit de s’attendre à l’une des grosses grosses trempes de l’année.

Mais argh, en fait nan. Trivmvirate avait apparemment mis la barre à un niveau déjà trop élevé pour que même ses géniteurs ne le dépassent. En témoigne cette triste volonté de coller coûte-que-coûte à la recette qui avait si bien marché, mais attention hein quand je dis coûte-que-coûte c’est vraiment à 100%. C’est compréhensible qu’un groupe cherche sa patte, son grain, le truc qui nous fait le reconnaître entre mille, mais là c’est de l’auto-plagiat, pour ne pas dire de l’auto-parodie. Et les seuls trucs que le groupe aurait pu conserver pour garder un certain grade passent presque à la trappe.

Attention hein, TMDC sait toujours blaster dans les chaumières, la preuve avec l’ouverture de dix minutes Gods Among Insects qui ouvre en grandes pompes en tapant dans le grandiloquent à grands coups d’orchestrations dramatiques et de plans en blast beat et autres dégommages de double pédale. Juste ce qu’on aime quoi, on y croit, on se dit que c’est bon, on va la prendre notre mandale. Les riffs d’un autre âge rugissent et se font vite engloutir par la voix sur-glaireuse du chanteur, yeeah ! Pour commencer les comparaisons avec Trivmvirate, on fait facilement le parallèle entre Gods Among Insects et Deus Ex Machina, que ce soit dans la longueur ou la construction du morceau.

La suite ne tarit pas en bestialité lors des premières écoutes : Drugs, Thugs&Machetes décape comme il faut même si on spot directement le honteux copié-collé du riff « tribal / rugbymen » de Wrath of the Ba’ath. L’occasion également de constater que TMDC a ou essaie d’avoir le sens de l’humour : entre les coups de sifflet, le cri Wilehlm et les « yeeeahou ! », le « I have a dream » de Martin Luther King… eeuh comment dire ? Marrant ou ridicule, j’ai fait mon choix. 
Mais allez, comment résister à SADM qui synthétise sûrement au mieux nos attentes vis-à-vis des Néerlandais avec ses rythmiques épileptiques et ses orchestrations épiques. Malgré le fait que l’on retrouve la voix totalement hystérique qui faisait bien tripper sur Kindertodeslied, ici on sourit plus par nostalgie que par réel plaisir.

En fait tous les petits trucs qui rendaient Trivmvirate original et percutant sont ici ternis par une utilisation pas très pertinente. Les mecs se sont contentés de ce qu’ils avaient fait avant, mais c’est c’est moins expérimental, moins fou, moins démesuré. On dirait le dernier-né d’une saga mythique qui recycle sans conviction les éléments qui ont fait son succès, un peu comme le dernier God of War. Panne d’inspiration chez les architectes interdimensionnels qui nous avaient fait traverser les âges et les époques sur leurs précédents opus.

Amoindri, voilà, c’est l’effet que nous colle ce Tetragrammaton. Ca manque cruellement du punch malgré toute la bonne volonté du monde. On a envie de secouer les mecs et de leur demander d’arrêter de faire des mid-tempo et des breaks qui s’étirent sans rebondir, sans compter ces outros qui rognent deux minutes de la fin de certaines pistes comme Todesnacht von Stammhein ou Human Wave Attack. Et que dire du final Aslimu!!! qui nous promet 10 :43 de plaisir alors que la piste s’arrête à… 8 :20, qui elles-mêmes incluent près de 4 minutes d’outro ?? Tout ça pour entendre  en mode piste cachée le narrateur se faire buzzer parcequ’il écorche le mot « Tetragrammaton ». Au passage, vous aurez vite envie de tordre le coup à ce blablateur de l’extrême avec ses déclamations chiantes qui incluent quasi- systématiquement le mot « death » (« mort » pour les nuls).

Vous allez vraiment finir par me prendre pour un sale aigri adepte du « c’était mieux avant » (cf mes chro des derniers Machine Head, Mastodon, Persefone, etc, ETC.) mais j’vous jure, si vous ne connaissez pas TMDC écoutez Tetragrammaton pour vous faire une idée puis Trivmvirate pour comprendre réellement ce dont est capable le groupe (en plus la pochette est mille fois plus représentative de leur musique) et vous prendre la claque tant attendue, ne serait-ce que pour l’effet de surprise de la deuxième partie du CD.

Espérons que les portes qui s'ouvriront au groupe dans le futur leur permettent de revenir dans la course des baffes.

A écouter : Gods Among Insects, Drugs, Thugs & Machetes, SADM
15.5 / 20
2 commentaires (16.25/20).
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Trivmvirate ( 2008 )

« Tiens, du Death Metal… ça faisait un bail qu’on en avait plus trop vu dans le coin ! ». Voici en somme ce qu’une bonne partie d’entre vous a dû se dire à la lecture du descriptif paraissant sous la pochette de la chronique du jour. Et vous aurez sûrement raison. Ceci dit, attention à ne pas se ruer sur ce disque comme des morts de faim sur une tranche de lard après une période de disette…

Gras, The Monolith Deathcult l’est sans conteste. Après tout, ne marchaient-ils pas dans les traces de Nile, un des plus célèbres groupes de Brutal Death (ambiancé) au monde, durant leurs premières années d’existence? Je visualise déjà la scène : « Comment ça ? Nile !?! Rah ça m’intéresse à fond cette histoire !». Je me dois donc de vous arrêter immédiatement. The Monolith Deathcult fait bien du Brutal Death, est bien adepte des ambiances et se tappe effectivement des plans impressionnants, mais il est dur de pousser plus en avant la comparaison. Les ambiances occultes d’un In Their Darkened Shrines sont ici souvent bien loin. Sur Trivmvirate, TMDC pousse bien plus du côté du tout moderne qu’il ne tire vers la mythologie antique, n’hésitant pas à faire appel de façon massive à des sonorités électro dès le premier titre (Deus ex machina – joli paradoxe -  qui les associe tout de même à des cœurs). Un surprenant mélange qui ne s’arrêtera pas là puisqu’un synthé lugubre fera quelques brèves apparitions par la suite, en accompagnement d’un chant furtivement bourré d’effet à la Cynic, le tout coincé entre deux énormes douches de riffs plombés. Ouf, rien que que ça ! Si on prend en compte que le titre dure plus de neuf minutes et qu’il est plutôt  sacrément technique, ça commence à faire terriblement chargé pour une mise en bouche. Et pourtant la sauce commence à prendre pour peu que l’on n’ait pas déjà fait une indigestion…

C’est à ce moment qu’arrive Wrath of the baath. Un titre plus classique mais terriblement imposant et bien construit, amené par une introduction du tonnerre. Un gros hymne bien brutal, galopant, plus direct, débordant de tout ce qu’il faut de riffs au cordeau, de blast et laissant presque entièrement de coté les touches électro. Bref, du cousu main. On en prend plein la tête et on se prend alors à espérer. Mais c’est sans compter sur ces diables de hollandais qui, visiblement submergés d’idées, vont continuer de s’en donner à cœur joie tout au long de l’album, jonglant entre sons électro, samples, nappes de synthé, gros death qui tâche sur tapis de double et de blast, growl à décoller le papier pain, changements de rythmes sauce maison… bref tout ce qu’il faut pour être totalement en décalage avec l’idée que l’on peut se faire du Death classique – hormis les thématiques historico-guerrières et morbides.
Ni de tradition scandinave, ni US, ni rien d’autre donc. The Monolith Deathcult tient plutôt de l’école « un brin allumé et qui n’a peur de rien, option son énorme » (la production est tout bonnement excellente et sert parfaitement le fourmillement sonore de l’album). Un titre comme Kindertodeslied, par exemple, réunit à lui seul l’essentiel des éléments précités malgré sa durée relativement « courte ».

Trivmvirate est donc un album tout ce qu’il y a de plus prétentieux qui donnera sûrement des boutons aux amateurs exclusifs de Death old school, n’ayons pas peur des mots. L’enchainement M.M.F.D. / I spew thee out of my mouth est la parfaite illustration. Le premier est un titre totalement instrumental et expérimental navigant quelque part entre Death expérimental et respirations à la limite de l’électro-world. Le second s’étale quant à lui sur plus de huit minutes, alternant plans mastocs de pur Death avec d’autres sortis d’on ne sait où entre clavier sympho, ambiances grandiloquentes, double pédale martiale, retour d’une pointe d’électro,  énormes coups de masse à se déboiter la nuque, alternance du  growl et d’un chant beaucoup plus hurlé entre le chanteur/guitariste et le bassiste … ça n’en finit plus. Sauf qu’il n’y a rien à y redire et qu’une fois cet album dompté on leur pardonnera à peu près n’importe quoi, de sa durée (une heure pour huit titres) à l'éparpillement du groupe, car le tout est formidablement emmené. Même s’il manque à cet album une idée directrice, Trivmvirate est un enchainement impressionnant de compositions hors normes à l’image du dernier titre : Den ensomme nordens dronning et ses 14 minutes (oui, 14 minutes de Brutal Death d’une traite) durant lesquelles, après une introduction menée par un cœur religieux, TMDC se rapproche ouvertement de Nile alors qu’il s’y refusait jusqu’à présent, avant de bifurquer à mi-chemin vers un Metal qui tiendrait sûrement plus du Black et de clôre l’album sur 5 minutes épiques d’un majestueux chant clair féminin sur fond de carillon funèbre et de ressac. Un final pour le moins inattendu bien qu’à ce stade on ne soit plus vraiment surpris. Difficile de ne pas se laisser embarquer par le raz de marée sonore déroutant et la fougue créatrice des hollandais.

Si les bataves arrivent à canaliser toute cette énergie il ne fait aucun doute que le prochain album sera une tuerie. En attendant on pourra toujours s’envoyer Trivmvirate et prendre méchamment son pied. Qui dit mieux ?

A écouter : Assurment.