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Biographie

The Lucky Nine

The Lucky Nine est un groupe nous venant tout droit d’Angleterre et regroupant depuis peu des membres de combos ayant déjà fait leur part de tour d’horizon au royaume de Shakespeare… Car c’est donc avec Colin Doral, le chanteur de Hundred Reasons ; Richie Mills qui assure la batterie au sein de Sunna, de Cable et de Earthtone9 ; Ben Doyle, le guitariste de Above All ; Justin Rowe aussi bassiste chez Iodine ; et enfin Daniel Carter, bassiste de A de son état mais qui est aussi le guy à l’origine du projet  The Lucky Nine. Ce quintet (oui c'est vrai, il n'y a que 4 mecs sur la photo?!) prend cela très au sérieux car les membres développent tout autour du groupe un univers très chiadé à base d’enseignement satanique, de futurisme et d’imagerie Maçonnique (eh oui...), sous forme auditive d’une base métal agrémentée de hardcore et d'influences telles que Refused, Quicksand et Deftones.
Après la sortie d’un premier Ep 5 titres sur Mighty Atom Records en 2004, les gars passent de suite au long format avec True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual sorti cette rentrée via Hassle Records.

Chronique

True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual ( 2005 )

Bon, Ok, pas de discrimination nominative chez Métalorgie, et on se penche sur la chronique de THE Lucky Nine, groupe anglais surfant sur une musique hardcore adoucie, mélange de Refused pour les lointaines racines et d’autres influences plus émo-dernes pour l’évolution. Bref, le groupe secoue l’ensemble en 2005 et cela donne un premier album True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual qui a la particularité de tenter de concilier ces deux styles si difficiles à croiser…

Et c’est parti avec "Vessel and vine", une solide composition. Alors là, coupons direct le suspense car il s’agit de la meilleure chanson de l’album ! Elle sent le single, ou, tout du moins, la chanson sur laquelle The Lucky Nine va appuyer l’existence de True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual car le groupe gonfle la pression en s’exposant de suite avec "Vessel and vine" : une belle batterie coulante sur un riff syncopé de guitare. Puis un poil de samples, un peu comme The Rise fait, mais en mieux intégré. Le chanteur se lance, sa voix assure, le refrain fonctionne bien. Dans le sens bien calibré. Un bout de partie mélodique pour la voix et les grattes, le dosage est bon. Oui, c’est une première bonne chanson.
Vient ensuite "Sweet Dreams, Lilac". Et l’adhésion est déjà plus difficile. Objectivement, c’est toujours bien construit, on pense d’ailleurs à du Hopesfall/Taken pour cette guitare légère et envoûtante. Le chant du refrain est encore imparable. Les musiciens écrivent bien, c’est sûr. Mais déjà, le formaté s’installe. Pas encore trop grave, car surgit alors "The Program"! Une compo pêchue comme il faut, un chant rugueux prend place. Le groupe s’énerve un peu plus et là, ça sent… Refused et ce jusqu’au titre, mais sans le savoir-faire de ces derniers. En tout cas, ça fait du bien. On repart alors de travers sur "The light from passing cars", sur du plus sirupeux donc. C’est joliment fait (encore le refrain), certes, mais cela manque cruellement d’âme. A l'image de cette guitare sèche au fond de la compo. Puis c’est au tour de "A lucky hit" de se faire entendre doucement. Gentiment, oui c’est ça…

Car c’est là le problème de True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual. Oui, les musiciens sont bons, oui le chanteur utilise bien sa voix, mais l’album souffre de trop de coups de barre. C’est d’ailleurs le danger avec ce type de mélange : The Lucky Nine varie ses compositions mais un manque de cohérence gêne. Le groupe adapte mal sa recette quand il passe du riff bien rock n’roll très entraînant à un refrain du coup un peu trop mièvre ("Hibernate", "Lake Placid"). Pire, il pousse des fois le bouchon trop loin dans le trop mélodique ("How things have changed") et provoque l’ennui. Pourtant, dans le même temps, The Lucky Nine peut agréablement nous surprendre comme avec "Hollowed out", quand à ce moment, le mix énervement/calme s’équilibre mieux et surtout sur "Washington Geometry" où là le groupe fait assurément preuve, au contraire de "Jacques Molay is avenged", d’une réelle constance avec une interprétation assise sur une récurrente mélodie et sur un chant plus écorché.

True Crown Foundation Songs Hymns Of History And Hidden Ritual est donc un album mitigé, où la répétition de formule gêne et où quelques bons points alternent avec des choix calculés; il plaira surtout aux personnes souhaitant durcir leur univers émo car ce premier jet de The Lucky Nine est fait pour séduire un public assez large. Perso, je préfère retourner écouter Between Two Unseens de Taken ou quelques Poison The Well, c’est bien plus dangereux !

 

A écouter : Vessel and vine - Washington Geometry