Découverte
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Biographie

The Locust

Bobby Bray (guitare, chant)
Joseph Karam (Clavier, chant)
Justin Pearson (Basse, chant)
Gabe Serbian (Batterie)

Originaire de San Diego, The Locust est souvent mis en avant comme la nouvelle face dérangeante et survoltée du punk hardcore. A leur début (1995), The Locust joue de leur farouche opposition à toute forme de mercantilisme. Aujourd'hui le combo semble s'être fait à cette idée mais reste sans compromis musicalement parlant.
Formé d'anciens Swing Kids et Struggle, The Locust est au même titre que Arab On Radar, un des pionniers d'un genre violent et intense sans aucune limite stylistique. Entre noise, hardcore, new wave voire sludge sur New Erections, leur 3ème et dernier album sorti en 2007 sur Radio Surgery et Anti, The Locust semble posséder une imagination débordante leur permettant de se renouveler à chaque étape.
Dans leurs costumes de sauterelle, les gaziers font toujours de leurs concerts le siège d'une fureur débordante témoin de la sincérité d'un des groupes les plus originaux du rock au sens large.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (18/20).

New Erections ( 2007 )

S'il y a bien un principe à l'origine de The Locust, c'est bien celui de l'anti consumérisme. Quand on jette aujourd'hui un œil à leur page MySpace, on se rend bien vite compte que les gaziers sont passés professionnels en session photographie et en merchandising, un comble ! Pour se rassurer, et c'est bien le principal, il faut bien avouer que leur musique a conservé jusqu'à maintenant la même ligne de conduite. Déjantée et déstructurée, servie par des paroles du même ordre, en perpétuelle évolution, le son de The Locust est là pour prendre le contre pied. Lorsque les autres tentent de fédérer (en vain) poings serrés et levés, The Locust troque les poings pour des verges et renvoie tout le monde à la maison la tête en vrac, les larmes aux yeux et le kiki tout dur.

Depuis Safety Second, Body Last, on sait que nos insectes aiment trainer les pattes dans le goudron et la glaise bien noire, histoire de se faire une santé et un joli tain pour l’hiver façon bain de boue. La tendance est ici allégrement confirmée via des passages lents et crades aux atmosphères industrielles ("The Unwilling...Led By The Unqualified...Doing The Unnecessary...For The Ungrateful") durant lesquels les guitares deviennent méconnaissables et les vocaux pesants. On pense alors à une mixture bien dosée entre les Swans et Lightning Bolt, entre indus glacial et noise décadente.
Comme d'habitude, les criquets changent de plan à la vitesse de l'éclair. A peine le temps d'installer leur ambiance lourde et malsaine qu'ils ont déjà sauté dans leur domaine de prédilection : les frasques véloces et distordues aux vocaux aigus ou chaque syllabe est appuyée un peu plus que la précédente dans un souci permanent de passage à tabac sans demi mesure.
Les synthétiseurs présents comme jamais et les guitares très "globuleuses" (?!) font de New Erections, le disque le plus dense et le plus organique de The Locust, qui tout en variant son jeu, ne perd pas une seule goutte de son énergie punk.

Sans équivoque, The Locust déboule toujours en tête avec une bonne longueur d'avance dans un genre aux croisements du hardcore, de la noise, de la no-wave et finalement de tout ce que le combo peut s'approprier. Reste à vérifier le 12 septembre au Nouveau Casino, que ces bonnes vieilles grosses sauterelles subsistent comme une des plaies les plus terrifiantes.

A écouter : En sautant bien videmment