Biographie

The Kidcrash

Quatuor américain, The Kidcrash manipule les cordes en collectif depuis 2000. En 2004, ces originaires de Santa Fe sortent via Lujo Records un premier effort, New Ruins, influencé par la seconde vague emo (Mineral, Jimmy Eat World), qui leur ouvre d’emblée les portes de la reconnaissance du milieu (Deep ELM les enrôle la même année pour la compilation This Is Indie Rock, Volume 1). Mais alors que le succès dans le genre indie/emo semble tendre les bras au combo, ses auteurs opèrent à partir de 2005 un spectaculaire changement de style, en se mettant à pratiquer un mélange de screamo, post hardcore et math rock. The Kidcrash intègre alors les rouages de cette scène et coup sur coup enregistre en 2007 des splits avec Coffin Dancer, Arse Moreira et met sur pied son nouvel album, Jokes, produit conjointement par Ape Must Not Kill Records, Denovali et Purepainesugar. En 2008 paraîtra deux nouveaux disques partagés, l'un avec L'Antietam, le second, avec les italiens de Neil On Impression.

11 / 20
5 commentaires (15.3/20).
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Snacks ( 2009 )

Merde, j’ai baillé sur Kidcrash. Oui, Kidcrash, le fameux groupe qui avait tant enthousiasmé avec son Jokes, le même, qui avait ramené l’emo-mathy au goût du jour.

What happened ? Quelque chose de difficilement définissable. Comme si le groupe avait appliqué la bonne recette mais sans passion et sans folie, pareil au gâteau chocolat fade qu’on fait à la va-vite parce qu’on a oublié d’acheter un désert. Ca manque donc d’un peu tout : d’ingéniosité, d’extase, de cœur ; de saveur en somme. Les notes-perles-mathy sont toujours là et laissent apprécier une fois de plus le jeu tout en touché de ses guitaristes, on ressent ce que le groupe a pu faire de si génial dans cette alliance de narrations déstructurées couplées à ses parties gueulées, mais l’âme semble faire défaut. Si, on rajoute à ça une voix sous-mixée, aseptisée et qui ne prend aucun risque, un sentiment de répétition des parties sur les 7 titres et un oscilloscope rythmique plat comme une limande, ça conduit à une vilaine grimace, et ce, malgré les écoutes répétées. Quand on sait pourtant à quel point la scène emo-sunny-mathy est en ébullition en ce moment (pensez Snowing, Merchant Ships, Boys & Sex, Algernon Cadwallader), on s'attendait à ce que les natifs de Santa Fe veuillent reprendre les rennes du cortège. En vain.

Paresse ? Manque d’envie ? Manque d’inspiration ? Toujours est-il que Snacks a perdu les idées-forces de Jokes et des Splits autant que son exécutions nerveuses. On a l’impression que Kidcrash s’est dit qu’Adorno ne faisait pas de screamo et que ça sonnait quand même cool. Oé ok, mais Adorno crève sur ses instruments et ne se contente pas de faire joue-joue avec la guitare de papy dans le rocking chair sous la véranda.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Space between mountains"

Split avec L'Antietam ( 2008 )

Suite à leur petite virée commune, on ne pouvait échapper au split 7" The Kidcrash / L'Antietam, sans doute parmi les combos les plus prometteurs en matière d'emo hurlé US. La ration est toutefois maigre avec 1 titre pour The Kidcrash et 2 pour L'Antietam, soit 5 minutes à peine de musique pour chacun.

"Huge Ass Beers to Go (Aka I Went On Tour With L'Antietam and All I Got Was This Lousy Tattoo)", Ahah ! Sans manquer d'humour, The Kidcrash démarre au quart de tour avec un titre "weird and wild" dans la lignée de Jokes. On y retrouve cet héritage emo 90's way destructuré et lacéré de guitares syncopées. A peine sortis du berceau, les mecs se laissent entrainer par leur fougue juvénile mais font également preuve d'une maitrise instrumentale toute particulière mise en avant par un talent certain pour le songwritting et un sens mélodique inné. Le post emo des gars d'Olympia est une jungle dense dont les branchages s'écartent pour laisser à peine passer le souffle des voix.

"Gnarthur Gnarr", "Gnarfield Gnarbuckle", L'Antietam craque également son string à paillettes sur les titres des morceaux. Si le combo aux influences tentaculaires s'était dernièrement calé dans un rail screamo punk assez rock'n roll dans le fond, ils opèrent ici un retour au source. Les gars de Boston se fendent d'un son old school as fuck tant dans les guitares acérées que dans le chant haletant lors des parties les plus rapides. De cette fureur primitive, L'Antietam fait ressurgir des spectres mélancoliques écorchés comme pourrait le faire Sinaloa. Production minimale. Back to the roots !

Sans prétention de part sa faible contenance, ce 7 pouces ne servira qu'à patienter jusqu'aux prochaines explorations de The Kidcrash et rebondissements de L'Antietam. Wait & See.

A écouter : Pour patienter
15 / 20
5 commentaires (18.9/20).

Jokes ( 2007 )

Semblable à ces lignes de visages humains se confondants sur l’artwork dans un décor rappelant la peinture surréaliste, The Kidcrash aime la confusion des genres et les expressions débridées.

Sur chacun de ses coups de sang, The Kidcrash envoie les convois évolutifs, multiplie les changements de voies et abat la ferraille sans sonner la tirette d’alarme ("Turtlelephant"). Guitares aiguisées et sillets rasoirs en rampe de lancement, l’animal aime à éventrer les pistes à grand coup de larsens et de distorsions. Car si une chose ne fait pas l’objet d’un doute, c’est que Kidcrash n’aime pas les plaines arides. Jokes brise donc les codes en vigueur et reconstruit son espace-temps, s’étirant dans un foisonnement sonore, typé post-hardcore, avec une pluie de cordes contorsionnées en guise d’éclaireur ("Ron’s Ghousley’s Fucked Up Dream").

Jamais à court d’argument, en constante progression, Jokes soigne sans arrêt la prolifération de son jeu, par un travail fourni de résonances, de superpositions ou par des embardées math rock clinquantes comme un message morse en pleine nuit ("Hypothetical Basking Shark"). Les voyants allumés, la phosphorescence sonore affichée, les natifs du Nouveau Mexique aiment alors s’effacer derrière son florilège d’instruments expressifs et polyglottes. "Real. Vital. Urgent. Important". The Kidcrash parle peu, pour privilégier l’essentiel. La voix screamée, n'intervient qu’en de rares occasions, dans le lointain, sous mixée, comme assujettie au règne de la faune mélodique.

Difficile d’accès de part sa densité, condamné à n’être libéré qu’au bout de plusieurs écoutes, Jokes donne à son auteur une place singulière dans une scène souvent attirée par sa seule manifestation de violence. Tâtonnant sur des chemins plus sinueux que d’ordinaire, dans le soucis d’en extraire une matière nouvelle, The Kidcrash rejoint GospelOff Minor et Dominic dans la mouvance screamo-exploratrice. A suivre donc, à suivre.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Parrots Just Don't Understand", "Hypothetical Basking Shark", "The Ground Eats You"