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Biographie

The Holy Mountain

Dan - chant
Greg - batterie
Tyler - guitare
Brett - basse
Troi - guitare

The Holy Mountain naît à Tampa (Floride) en 2003, à l'instigation de Dan (ex-CombatWoundedVeteran) et d'anciens membres de The Blackout Terror. Le groupe sort alors un mini cd intitulé Your Face In Decline sur le label No Idea Records, mais n'enregistre son premier album, Bloodstains Across Your Face, qu'un an plus tard. Entre 2004 et 2005, The Holy Mountain perd son batteur Eric, au profit de Greg qui officie sur le 7 pouces Wrath (2005).

L'année 2006 voit une nouvelle distribution des rôles. Evan quitte le groupe, laissant The Holy Mountain à une seule guitare. Dans le même temps, Dan abandonne la basse à un nouveau venu, Brett, pour se consacrer uniquement au chant. C'est sous cette formation que le combo de Tampa enregistre la même année Enemies.

Here Is No Exit ( 2010 )

Un coup j'arrête, un coup je repars, The Holy Mountain n'échappe pas à la valse des splits et des reformations, mais trouve quand même le temps de nous refiler de la nouveauté de temps en temps. Ce n'est pas ce qui surnage le plus dans Here Is No Exit puisque, hormis quatre titres inédits, le reste se compose de toutes les miettes que le groupe a éparpillées jusqu'à aujourd'hui au gré des splits en compagnie de Cobra Noir, Cave Canem ou Black Tusk.
On ne s'en plaindra pas puisque, même si depuis quelques mois les ricains sont les plus intéressants fournisseurs de punk hardcore incendiaire (Masakari, Protestant ou Oiltanker), The Holy Mountain reste quand même l'orfèvre en la matière. Les floridiens n'ont jamais fait dans l'approximatif et si les premières productions mettaient en avant un raw punk puissant et scintillant, dans le genre de Totalitar ou de Poison Idea ("Birth"), bien rapidement le background metal du quintet a pointé le bout de son nez que ce soit dans une approche basique (l'intro sabbathienne de "Possession") ou les mélodies fort nombreuses souvent empreintes d'un feeling où perce véritablement l'influence de Thin Lizzy ("Genocide"). The Holy Mountain montre surtout ses facultés d'adaptation. Le quintet est parcimonieux dans sa production mais suffisamment inspiré pour ne pas répéter à l'envi les classiques "America" ou "The Will of the People". Ainsi les derniers titres "Jungle Beatings" ou "Here Is No Exit" campent un style beaucoup plus orienté vers Tragedy, composés sur la base d'un mid tempo puissant, suffisant pour injecter et conserver ce soupçon d'insurrection couplé à un feeling rock n' roll (bluesy ?), marque de fabrique de The Holy Mountain. Rien d'étonnant donc que les américains tendent aussi vers le swedish crust au d-beat flemmard de Wolfbrigade comme "Suicide" ou "Genocide", inédits certes mais pas inconnus aux bataillons puisque apparaissant sur Enemies et Entrails sous le titre de "Sovereign State" et "Hammers" et réenregistrés en 2010 sur un mode plus chaloupé et indolent que les originales mais pas moins efficace. A savourer en attendant la suite s'il y en a une.

En Stream ici.

A écouter : Jungle Beatings, Here Is No Exit, Genocide

Enemies ( 2006 )

Il n'est pas exagéré de dire que The Holy Mountain nous avait littéralement scotchés avec Entrails, deuxième album sorti l'année dernière chez No Idea.

Un an après, le combo de Tampa remet le couvers et reprend son activité là où il l'avait laissé avec Enemies, ep comprenant six nouveaux morceaux, le reste étant complété par le maxi Wrath sorti en 2004 et deux morceaux live enregistrés à l'Atlantic de Gainesville. Dans l'ensemble, l'impression générale reste la même. On y retrouve la même efficacité que dans les opus précédents où, même s'il flirte parfois avec le radicalisme fastcore voire grindcore d'un Unseen Terror ("Manufacturing Political Leverage", "Spilling Currency"), The Holy Mountain montre clairement sa volonté de se rapprocher d'un crust à visage plus humain, à l'inverse de Tragedy ou de Victims, ses envolées mélodiques donnant de la consistance aux morceaux sans jamais les rendre pompeux.

Toutefois, penser que ce nouvel opus s'avère n'être qu'une simple prolongation d'Entrails est inexact. A côté de titres clairement estampillés crust tels que "Penned In" ou "Rope or Bullet", on sent une réelle volonté chez The Holy Mountain de ne pas se laisser enfermer et d'élargir son angle d'attaque. A ce titre, "Historical Reassurance" et surtout "The Will of the People", dans lesquels sont intégrées quelques parcelles plus "expérimentales" - le terme est un peu fort - pouvant rappeler le Neurosis de Aberration ep ou de Souls At Zero, constituent peut-être les prémices d'une nouvelle orientation,  la formation de Tampa se ménageant donc une porte de sortie là où plus d'une se sont cassés les dents.

Bref, lentement mais sûrement, The Holy Mountain continue son bonhomme de chemin, certes toujours fidèle à l'état d'esprit contestataire de l'anarcho-punk, mais également résolu à aller de l'avant et à s'inscrire dans la durée.

Télécharger :  "Manufacturing Political Leverage"

A écouter : The Will of The People, Historical Reassurance, Spilling Currency
17 / 20
1 commentaire (17/20).
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Entrails ( 2005 )

Décidément, les voies du hardcore sont impénétrables. C'est précisément au moment où certains s'apprêtaient à offrir un enterrement de première classe au old school - au sens le plus large - que celui-ci semble amorcer un revival et susciter un regain d'intêret. Et de quelle manière.

Ainsi la sensation de cette rentrée 2005 nous vient de Floride où The Holy Mountain - surtout ne pas se fier à la consonnance très heavy metal du nom - sort ce mois-ci son deuxième album sur le label No Idea Records. Produit par Mark Nikolich, déjà présent sur Bloodstains Across Your Face et également connu pour son travail avec Floor et CombatWoundedVeteran, Entrails nous sert un hardcore extrêmement brutal tel qu'on pouvait l'entendre chez les groupes crust britanniques du siècle dernier (Extreme Noise Terror, Discharge ou Doom). Le quatuor opère sur un tempo très rapide, armé d'une basse saturée et de guitares tranchantes, d'une explosivité dantesque à laquelle apportent leur contribution le chant guttural de Ponch et le rythme d'enfer imposé par Greg, le nouveau batteur. Seuls les interludes "Entraas Putrefactas I" et "Entraas Putrefactas II" nous octroient quelques minutes de répit.

Toutefois, crust ne signifie pas obligatoirement rustique et The Holy Mountain ne se contente pas uniquement d'asséner des lignes brutes sans aucune originalité. Bien au contraire, l'exécution des compos est extrêmement variée, comportant énormément de changement de rythme ainsi que des enchaînements d'accords relativement nombreux. Le combo agrémente même ses productions de parties mélodiques relativement inspirées ("The Lines are Drawn", "Slaves", "Worship and Murders"), et de quelques soli, certes courts, mais toujours idéalement placés, donnant aux morceaux une tonalité assez originale rappelant par moment Broken Bones

L'agressivité, omniprésente sur le plan musical, se poursuit également au niveau des paroles. Evoluant dans un registre essentiellement socio-politique, The Holy Mountain ne fait aucune concession et n'accorde, notamment, aucune circonstance atténuante à l'attitude de son pays dans "Amerika" ainsi qu'à la folie mystique qui lui tient lieu de fondement. Inutile de s'attarder sur les textes pour s'en convaincre, un simple coup d'oeil sur l'artwork, sommaire mais explicite, suffit pour être renseigné sur les positions du combo à l'égard de la Religion.

Aussi, si vous n'avez pas encore reçu votre décharge cette année, il y a de grandes chances pour que ce manque soit comblé par Entrails. M'est avis que les groupes qui prétendront à cet honneur devront sacrément assurer pour en déloger The Holy Mountain.

T

A écouter : "Amerika", "Slaves", "Plague Bearer"