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Biographie

The Gay Corporation

Formé en 2003 à Béthune avec des anciens General Lee et Shoemaker Levy 9, The Gay Corporation mélange avec originalité et violence metal, hardcore et rock'n roll. Après un premier EP en 2006, le combo se lance dans l'écriture d'un premier album qui voit le jour en septembre 2007 sur le label Head Records (Spinning Heads, Goodbye Diana, Time To Burn, Superstatic Revolution ...).

Chronique

15 / 20
1 commentaire (20/20).
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Spit Your Anger On My Face, You Are My Favourite Slave ( 2007 )

Un visuel au goût douteux, un nom qui prête à sourire, d'entrée de jeu, l'aspect provocateur des lillois est loin de jouer en leur faveur. C'est à dire qu'avec une telle entrée en matière, il faut assurer un minimum a posteriori pour avoir une chance d'être pris au sérieux. Et à vrai dire, The Gay Corporation fait davantage sur ce premier album, car en plus d'être techniquement aguerri, le combo se forge un véritable portrait à la croisée du metal façon early Entombed, du rock'n roll viril et des éclaboussements de sueur inhérents au hardcore.

La langue serrée entre les dents jusqu'au sang, The Gay Corporation débite ses morceaux en épaisses tranches de lard à grands coups de riffs allant de l'imitation "tronçonneuse véritable", aux frasques rock'n roll noisy aux relents d'alcool fort et de pure décadence, en passant par les mosh-part imparables. De bout en bout, sans observer le moindre répit, The Gay Corporation joue les doigts dans la prise et les pieds dans l'eau jusqu'à se bruler le scalp. A vouloir ainsi nous mettre à terre et tirer allégrement sur la corde déjà bien tendue du hardcore barré, le risque était de tomber dans une caricature lourde et vaine. Haut la main, The Gay Corporation évite le gouffre, la faute à des compositions originales et surprenantes dont s'émanent un véritable parfum de sincérité (ainsi que de whisky et de clopes) nourri par un chant "ogresque" collant parfaitement au sujet et sur lequel vient de temps en temps se greffer des vocaux aigus et hystériques témoin d'une réelle schizophrénie.

Dérangée mais ambitieuse, grasse mais loin d'être lourdingue, à la fois destructrice et bluesy (sans déconner) la musique des lillois grille la priorité à un bon lot d'homologies 'ricains dans un registre barré nécessitant une certaine rigueur d'interprétation pour fonctionner à plein régime. Bref, c'est "Gunfight at the O.K. Corral" entre Oxbow, Motörhead et Converge. Attention les yeux ! Comme quoi, même si un effort sur l'artwork n'aurait pas été du luxe, les premières impressions ne sont finalement pas toujours les meilleures... A voir à l’œuvre sur les planches, que ce soit dit !

A écouter : Naughty Boy Need Sweety Male - Putrefaction For Your Tongue - Desperated Train