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Biographie

The End

Formé en 1999 par par Sean Dooly (Basse), Anthony Salajko (Batterie), Andrew Hercules (Guitare) et Tyler Semrick-Palmateer (Chant - Mare), The End nous vient de l’Ontario au Canada. Dès ses débuts, le groupe enregistre une démo avec les compositions fraîchement composées, qui lui permet de se diffuser de manière locale. Les shows du groupe sont remarqués pour leur intensité et leur folie, et The End se produit régulièrement pendant plusieurs années, en composant perpétuellement de nouveaux titres.

C’est sur le label canadien Re-Define Records que le groupe de Metalcore va sortir son premier enregistrement officiel, sous la forme d’un ep intitulé Transfer Trachea Reverberations From Point: False Omniscient. Il y présente un Hardcore teinté de Metal, complètement destructuré et déchiré, avec une violence caractéristique et très Mathcore. Tout de suite, le combo est comparé aux meilleures formations du genre, Converge, The Locust et Dillinger Escape Plan en tête. Sa réputation grandissante lui permet de signer quelques temps plus tard sur l’écurie Relapse Records. Tyler Semrick-Palmateer est alors remplacé en 2002 par le chanteur Aaron Wolff de Burnt By The Sun pour l'enregistrement du premier album en 2004, Within Dividia dans l’esprit de l’ep très chaotique et bestial.

Trois ans plus tard en 2007, The End sort son deuxième album, Elementary, et montre une nouvelle facette de sa musique, en conservant, certes, le côté chaotique et complexe de ses rythmiques, mais en expérimentant une musique plus fine et aérienne, inspirée par Tool, subtilement incluse à ses bases Hardcore. Suite à cette sortie remarquée, Steven Watson a remplacé Andrew Hercules à la guitare, mais le groupe n'a pas donné d'avantage signe de vie depuis plusieurs années.

Chronique

15.5 / 20
14 commentaires (16.14/20).
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Elementary ( 2007 )

Tandis que nombre de groupes expérimentent dans des directions toujours plus extrêmes, pour des résultats pas toujours très convaincants, le degré d’acceptabilité général continue d’augmenter allègrement, et le public adepte des musiques amplifiées prend de plus en plus son pied aux déstructurations, à la destruction musicale et notamment à l’aspect chaotique, très en vogue. Cela, Relapse Records l’a bien compris, et se permet d’endosser une nouvelle fois The End pour son deuxième album, ce mêmeThe End qui était jusqu’à présent l’une des formes les plus bruyantes et décousue du hardcore metallisé, pas pour autant cohérent ni très intéressant d’ailleurs. Elementary, dont une efficace promo nous vantait les mérites des mois avant sa sortie, débarque donc enfin, et marque un tournant très marqué dans la carrière des canadiens, qui a d’ailleurs toutes les chances de la faire  sérieusement décoller à l’international.

Pour le coup, The End s’est clairement assagi. Oubliés les morceaux incompréhensibles et poussifs, ce Within Dividia qui tirait en longueur et se mordait un peu la queue, Elementary joue dans une autre cour, surtout aux vues des moyens mis en œuvre. Avec sa production limpide et puissante, ce nouvel album a de quoi surprendre, tant il présente une musique très bien pesée, juste mesure entre des éléments chaotiques et un référentiel bel et bien acceptable du plus grand nombre. L’aspect agressif de The End n’est pas rangé au placard, et gagne même en percutant, au travers de riffs rondelets et puissants, rythmiquement bétons, et gardant la plupart du temps un côté très déstructuré, à coup de contretemps, blast-beats tribaux et autres rythmiques asymétriques qui produisent toujours leur petit effet. Le mélange metal-hardcore, sur des titres comme Dangerous, magnifié par des sonorités riches, une complexité qui n’en fait jamais trop, a donc de quoi préserver la force de frappe de The End. Mais ce qui constitue l’énorme valeur ajoutée de ce disque, c’est tout le travail effectué autour de cette fameuse puissance, grâce à de longues incartades mid-tempo très ambiancées, où le groupe a travaillé une forme de douceur très fouillée et torturée. Ainsi, The End va largement puiser son inspiration du côté de Tool, en utilisant le travail rythmique si caractéristique de Danny Carey, superposé à des guitares très aériennes et aquatiques. Le mimétisme est indéniable sur certains titres comme In Distress ou Throwing Stones, mais les canadiens en gardent suffisamment sous le pied pour s’assurer avec brio une personnalité remarquable, glanée grâce à la production et à la cohérence globale des mélanges. Le chant d’Aaron Wolf explore des chemins mélodiques, et démontre d’ailleurs une indéniable capacité à transmettre des émotions grâce à des lignes qui prennent aux trippes, alternant elles aussi les deux tableaux : agressivité et finesse. Etonnamment, le chanteur rappelle Dustin Kensrue d’un Thrice période The Artist In The Ambulance, avec un timbre clair frêle, rocailleux et chaleureux  à la fois, mêlant émotions et puissance (merci la production tout de même) dans un cocktail très jouissif. Animal est ainsi une merveille de finesse sur le plan du chant, agréablement mis en valeur par une partie instrumentale à tout instant en rapport, et grouillant de détails.

The End peut se targuer d’avoir le potentiel de devenir l’une des figures de proue de l’écurie Relapse, en terme de ventes notamment, en s’affirmant au bon moment avec Elementary dans une mouvance importante et incontournable. Les fans d’un Dillinger Escape Plan dernière mouture ou d’un Between The Buried And Me prendront assurément leur pied au mélange de la mélodie et de la déconstruction, tandis que les réfractaires à ce genre d’évolutions musicales pourraient bien changer d’avis devant une telle richesse. Les adeptes de la première heure du groupe, ou de mathcore extrêmistes crieront peut-être à l’opportunisme, mais ne pourront assurément pas réfuter le fait qu’Elementary fait faire un grand bond en avant aux canadiens, qui prouvent avec leur troisième album qu’ils ont gagné en finesse, et oublié l'extrême violence des plans de Within Dividia. Le choix de l’évolution vers une musique plus douce sera sujet à discussions, mais en tous les cas, la métamorphose est bien faite, et le mélange obtenu très bien équilibré. Elementary ne restera peut-être pas avec le recul comme l’un des fondements du hardcore chaotique, mais a le mérite de le démocratiser et d’être un très bon disque, ce qui est déjà pas mal.

 

A écouter : au moins une fois.