Biographie

The Destroyed Room

Alors que rien ne le laisse deviner à l’écoute de sa musique – tant au niveau du genre que de l’accent, car le chant est en anglais – The Destroyed Room (probable référence à l’album des B-Sides de Sonic Youth) vient de Barcelone. Formé au tout début de 2009, le combo catalan s’exprime entre country, punk folk et emo accoustic. Cringe, un Ep, marque leur premier enregistrement. S’en suit un split avec (Shortfin) Mako Shark et une compil’ récapitulative intitulée The First Six Month. Un an plus tard survient, The Eastern Winds dont toute l’idée semble résumée dans une phrase présente sur le livret : "Show your love, it doesn’t make you vulnerable".

Chronique

14 / 20
1 commentaire (12.5/20).

The Eastern Winds ( 2010 )

The Eastern Winds suggère par son instrumentale éponyme inaugurale tout ce que l’emo a toujours voulu dire sans l’avouer : la grâce et la disgrâce, l’espoir et le désespoir, l’illusion et les désillusions. Avec quelques alizées pour tourner les pages de la partition, "The Eastern Winds" glisse ainsi entre un xylophone et un banjo, le long d’une traversée-guitare pleine d’images sonores. C’est par ce même titre, mais cette fois ci orné de paroles, que le EP se terminera. La fin dans le début. Répétitions et recommencements.

"All the wrong reason" s’avance. On croirait entendre Matthew Pryor (The Get Up Kids, The New Amsterdams) ; on croirait entendre Defiance, Ohio dans ce mélange d’emo et de country folk, déposé dans la plus grande douceur, en 6 titres addictifs, profonds et pudiques. Le genre ne s’en trouve pas renouvelé ? Qu’importe. Le tropisme de The Destroyed Room l’oriente vers l’intime et le suggéré, là où un simple objet – un taille crayon rouge retrouvé dans une poche par exemple – évoque toute une histoire ("Red Pencil Sharpener"), là où Sergi murmure la question "How to succeed in the game of growning up" ("Ben Covington") sans attendre de réponse.

Par son galbe bluesy et ses arrangements séduisants (arpèges raffinés, notes de piano en feedback, slides élégants un peu partout), The Eastern Winds parvient à proposer un son pas si commun qu’il en a l’air au premier abord, plus élaboré que lors de ses premiers efforts et qui touche in fine à une pléthore de cordes sensibles. Un joli disque pour un joli groupe.

En écoute sur myspace.

A écouter : "The Eastern Winds", "All The Wrongs Reasons", "Red Pencil Sharpener"