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Biographie

The Decemberists

Rachel Blumberg: Batterie
Chris Funk: Guitare
Colin Meloy: Chant/Guitare
Jenny Conlee: Accordéon/Piano
Nate Query: Basse

Après avoir oeuvré au sein d'une formation de type country, Colin Meloy décide de se consacrer pleinement à l'écriture et au chant, et ceci dans la ville de Portland.
C'est là le point de départ de The Decemberists, dont Meloy est l'instigateur et chef d'orchestre incontesté. Ce dernier enrôlera à ses côtés Rachel Blumberg en poste à la batterie, Nate Query à la basse, Chris Funk en qualité de second guitariste, et enfin Jenny Conlee à l'accordéon, ainsi qu'au piano. Pluridisciplinarité qui n'est pas sans rappeler leurs confrères canadiens de The Arcade Fire, surtout lorsque l'on sait que de nombreux intervenants leurs prêtent main forte sur Picaresque: Petra Haden (Violon/Chant), Sean Nelson (Chant), Paul Brainard (Trompette), Tom Hill (Trombone), et bien d'autres encore, sans oublier Chris Walla (Guitare électrique), producteur de cet album, mais aussi membre de Death Cab For Cutie, et producteur de Nada Surf.
Castaways And Cutouts, premier effort du groupe, verra le jour en 2002 sur Before Hush Records (Graves, Norfolk & Western), avant de se voir rééditer en 2003 chez Kill Rock Stars (Xiu Xiu, Anna Oxygen). Cette même année, le label éditera leur second opus: Her Majesty, The Decemberists. Ces derniers acquièrent une renommé croissante au sein de la scène pop/folk indépendante, et nous dévoileront, en cette année 2005, leur troisième volet, paru également chez Rough Trade Records (The Unicorns, Low), et intitulé Picaresque.

13.5 / 20
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The Hazards of Love ( 2009 )

La vibration impatiente qui ouvre The Hazards of Love n'est qu'une des sensations que provoque l'ouverture du rideau de claviers et violons. Elle dévoile la pièce rocambolesque qui va se dérouler durant près d'une heure sous la valse des instruments. Raconter des histoires, finalement, The Decemberists ont déjà prouvé qu'ils savaient le faire. Le magnifique The Crane Wife (2006) se posait là où l'imagination et les récits extraordinaires s'envolent et révélait enfin la bande de Portland, menée par Colin Meloy et sa voix de narrateur haut perché.

Avec The Hazards of Love, le groupe franchit une marche supplémentaire et confirme sa capacité à tenir en haleine l'auditeur tout au long d'un récit irréel, digne des frères Grimm; celui de Margaret, de son amant métamorphosé en animal, William, aimé par une vilaine sorcière jalouse, bien décidée à pourchasser nos héros pour briser leur bonheur. Un conte de fée moderne, haut en couleurs, qui ajoute au fantastique des situations une ambiance sombre, parfois presque désespérée. Joué autour d'un thème musical commun (annoncé par "The Hazards of Love 1"), l'album varie ses approches en collant au déroulement des évènements. Aux ballades mélancoliques de Margaret - Becky Stark (chanteuse de Lavender Diamond) s'opposent les échos sinistres et menaçants de la sorcière ("The Wanting Comes in Waves / Repaid", certainement la scène musicalement la plus prenante et la plus réussie) dont la colère prend la forme de riffs distordus, orientés Black Mountain (l'écoute de "The Queen's Rebuke/The Crossing" vaut aussi son pesant de pop-corn); un fait nouveau pour le groupe mais parfaitement intégré, qui vient ajouter un ton mordant bienvenu face aux illusions insouciantes des amoureux innocents ("Isn't It A Lovely Night?" et son atmosphère romantique de nuit étoilée).

Aidé par un gros travail d'orchestration, The Hazards of Love se veut une véritable pièce de théâtre aux références mythologiques nombreuses, chaque personnage ayant son chant, se répondant et virevoltant au hasard des mélodies. La poésie de Meloy n'y est certainement pas étrangère, qui transforme chaque mot en note, chaque déclaration en musique ("The Hazards Of Love 2 (Wager All)"). Le groupe trouve alors le souffle derrière chaque nouvel acte, évitant avec adresse la baisse rythme, justement grâce aux variations intelligentes d'ambiances autour des aventures de Margaret et William. Troubadours itinérants, Les Decemberists ont l'adresse de mélanger des hymnes traditionnels aux choeurs enjoués ("The Rake's Song") à des chansons plus expérimentales tout aussi réussies ("Annan Water"). Néanmoins, passer à côté des lyrics, c'est perdre une partie de l'histoire, essentielle pour rester en haleine et s'attacher aux personnages.

Comme tout album concept qui se respecte et potentiellement réussi, difficile, lorsque se referme le rideau, de distinguer le bon du mauvais tant le tout s'enchaine de manière homogène et semble couler de source. Séparément, chaque piste paraîtra forcément un peu fade car ce n'est que mises en relation les unes avec les autres qu'elles se révèlent et prennent tout leur sens.
The Hazards of Love, en 3 actes indissociables, constitue un joli pari pour le groupe et pour l'auditeur qui n'a plus qu'à visualiser la représentation musicale qui lui est offerte. En attendant que le groupe ne s'en charge, un jour, sur les planches?

A écouter : 1 pice de thtre - 3 actes - 17 scnes
15.5 / 20
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Picaresque ( 2005 )

Qu’il s’agisse du graphisme, de la photographie promotionnelle, ou du contenu biographique mis en lumière ci-dessus, la totalité des éléments parcourant cette page tend à démontrer que The Decemberists, au même titre que The Arcade Fire, font figure d’anachronisme dans le panorama musical contemporain. Un retour aux sources, qui n’est pas sans déplaire si l’on souhaite un temps soit peu s’évader ; un hommage à une culture ‘british’ que l’on espèrerait moins occasionnelle. Picaresque : ellipse temporelle…

Nouvelliste confirmé, Meloy noircit ses pages, mot après mot, des lignes directrices de "The Infanta", mélodie pop à la fois dynamique et arrogante. Batterie trépidante, et verve saccadée s’épousent avec légèreté jusqu’à une brusque césure dévoilant la connivence de Meloy et son instrument fétiche ; accalmie soutenue par une douce voix féminine, qui opère à nouveau sur la très R.E.M. "We Both Go Down Together".
L’ambiance dégagée par ce Picaresque est en grande partie due à l’implication de l’auteur de ces 11 nouvelles. Malgré la gêne occasionnée, au premier abord, par sa voix quelque peu nasillarde, celle-ci enivrera l’imagination de l’auditeur, le transportant quelque part Outre Manche pour certains, Outre Atlantique pour d'autres. Accordéons, trombones, pianos, tambourins, et autres chœurs n’ont plus, pour office, qu’à dépeindre, grâce à ces fameuses lignes, le tableau d’une époque en proie à l’oubli. Peintures qui découlent donc du talent d’écriture de Meloy, afin de raviver les mémoires, et puisqu’il l’affirme lui-même dans "The Engine Driver" : ‘[...]I’m A Writer, A Writer Of Fictions’.
"16 Military Wives" qui, notons le, propose des sonorités très proches des compositions de Supertramp, aborde donc l’action militariste du gouvernement américain, et ces femmes qui en subissent les insoutenables conséquences. Le désarroi des ces dames toujours avec le titre précédent, "From My Own True Love" et son refrain ‘Mr. Postman, Do You Have A Letter For Me’: mélopée désarmante, qui ravira les amateurs de Belle And Sebastian, où la voix plaintive de Meloy sied aux accords inlassables de sa guitare sèche, arrachant quelques larmes aux cœurs les plus en peine, et où l’auditeur en oubliera cet accent, dérangeant en premier lieu.

Picaresque empreint de tristesse ("Of Angels And Angles"), Picaresque empreint de naïveté ("The Sporting Life"). The Decemberists: prologue à ces comptines trop brèves qui, page après page, façonnent l'enchevêtrement d’émotions, et l'expérimentalisme de ce Picaresque, qui ne cesse de clamer une écoute pour le plus grand nombre.

A écouter: The Engine Driver

A écouter : The Bagman's Gambit; The Sporting Life; From My Own True Love; Eli, The Barrow Boy