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Biographie

The Casket Lottery

Nathan Ellis : Guitare/Chant
Stacy Hilt : Basse/Chant
Nathan Richardson : Batterie

Originaire de Kansas City (USA), The Casket Lottery se forme en '97 sous l'impulsion de Nathan Ellis et Stacy Hilt, tout deux membres de Coalesce. Suite à l'arrivée de Nathan Richardson, le trio enchaine les tournées nord-américaines en compagnie de formations comme Small Brown Bike, Rainer Maria ou bien encore Waxwing. En 2006, après plusieurs sorties d'albums sur Second Nature Recordings (Isis, These Arms Are Snakes, Grade,...) le groupe se met en hiatus; Ellis se consacrant à Jackie Carol et Able Baker Fox, Richardson rejoint The Appleseed Cast  pour la sortie de Peregrine, avant finalement de rejoindre, tous les deux, Coalesce.

Chronique

15.5 / 20
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Short Songs For End Times ( 2020 )

The Casket Lottery revient et cette simple information était pour moi une des meilleures nouvelles musicales de cette année 2020 qui n’en finit plus de nous plomber l’esprit. Et quoi de mieux qu’un peu d’Emo millésimé pour oublier les murs qui se rapprochent un peu trop et le bout du tunnel qui semble s’éloigner à mesure que l’on avance ?

Alors certes, il faut apprécier son Emo accommodé à la sauce aux hormones, au son grossi. The Casket Lottery sonne ici comme sur le précèdent Real Fear, sorti il y a maintenant huit ans. Il y a donc ici quelque chose qui pourrait sembler anachronique, mais Short Songs… ne sonne jamais daté, il est hors du temps. Pourquoi ? Les chansons, mes amis, les chansons. Un talent de compo dingue, des mélodies faisant mouche dans tous les coins, des refrains merveilleux vous collant des frissons et cette colère typique de l’Emo le plus pur, cette émotion à fleur de peau, versatile. Dès l’entame du disque, on retrouve la formule magique du groupe, ce riffing qui colle au cerveau, ces chœurs toujours bien sentis et ce côté ouvragé, arrangé avec soin.

C’est avec « More Blood » qu’on rentre dans l’album de manière définitive, ces mélodies, ces arrangements parfaits qui rappellent pourquoi on aime tant l’Emo des 90s. Cet art de remplir l’espace sonore avec beaucoup de bonnes idées, sans que rien ne sonne jamais forcé ou réfléchi à l’excès. Short Songs… enchaîne les titres courts et intenses, quasiment sans temps-mort (« Unalone » tenant le rôle de canard boiteux, sans grand intérêt jusqu’à ce que son final sauve quelque peu les meubles), et montre par l’exemple sa pleine expérience de ce qu’est un bon album d’Emo, tout en évitant le piège du racolage par la mélodie facile et bubblegum.

S’il fallait ne retenir un titre ce serait, à n’en pas douter, « Sisyphus Blues », pic d’adrénaline du disque avec sa montée en puissance débouchant sur un refrain qui vous fera sauter au plafond, du moment que vous êtes prêt à vous y laisser prendre. Le côté lyrique, osons le terme, de The Casket Lottery fonctionne ici à plein régime. « Sad Dream » clôt le disque de la plus belle des façons, en six minutes de grâce et d’apesanteur, le titre étant comme un résumé des neuf précédentes montagnes-russes d’émotions procurées par l’album.

The Casket Lottery réussit, sur la durée d’un album, à danser sur un fil ténu, échappant toujours au côté guimauve dans lequel peut facilement tomber l’Emo Punk, dès lors qu’il s’assume épique et aérien. Une énergie et un talent de composition de chaque instant qui nous font regretter que le groupe soit si rare et discret. On en redemande.

A écouter : Sisyphus blues