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Biographie

The Aristocrats

C'est à la Winter NAMM 2011 que Gutherie Govan, le virtuose qui depuis 2006 arrose la scène internationale de créations hors du commun, rencontre Bryan Beller et Marco Minnemann, respectivement bassiste et batteur de Joe Satriani. Leur première rencontre sur scène est le fruit du hasard, car Gutherie est le remplaçant de dernière minute de Satriani qui ne peut être présent, le courant passe immédiatement la réponse du public ne s'est pas fait attendre, à tel point que dès qu’ils quittent la scène, ils prennent la décision de continuer à travailler ensemble.
Leur style est à la croisée de nombreux chemins, du jazz à la fusion on passant par le rock des 70's et même le metal ou le blues. Orchestré par le talent de chacun des membres du groupe, il en résulte des albums surprenants dont le premier d'entre eux, intitulé sobrement The Aristocrats fut un succès aussi bien critique que public et a ouvert une véritable autoroute vers la notoriété.

Chronique

18 / 20
3 commentaires (16/20).

Tres Caballeros ( 2015 )

Les membres de The Aristocrats n'avaient plus rien à prouver avant même de se lancer dans l'aventure du groupe, ayant eu l’occasion à de nombreuses reprises d’exprimer leur talent au sein de leurs carrières respectives. Et pourtant, certaines rencontres font parfois prendre des décisions surprenantes, défiant toute logique. Pourquoi reprendre le risque de redémarrer de zéro alors que chacun semblait tracer sa route sur le chemin difficilement praticable de la musique instrumentale ? Mais c'était sans compter sur la force de création de nos trois protagonistes, avec déjà trois albums au compteur, les deux premiers se plaçant sans difficulté comme disques majeurs de la scène moderne. Aujourd'hui arrive Tres Caballeros, nouvelle pépite sans concessions.

Les supergroupes comme The Aristocrats, composés de personnalités fortes, aboutissent souvent à des résultats en demi-teinte sauf qu’ici il s'agit de bien plus que la somme de talents individuels. Nous avons alors affaire à une entité particulière, protéiforme et incroyablement complexe, comme lorsque, devant un immense tableau, on est frappé par sa beauté et sa force, avec un besoin de se concentrer et explorer chaque recoin pour saisir les innombrables détails, qui, cumulés perdent leur valeur « esthétique » pour devenir purement indispensables. Dans Tres Caballeros, les artistes nous propulsent directement dans leur monde et leur folie (Jack's Back), tout en restant très accessible : on peut aussi profiter de la beauté sans pour autant être initié aux arcanes de chaque instrument, on peut simplement se laisser porter et vagabonder sous la pluie des notes qui ruisselle jusque dans nos oreilles, nous faisant voyager … Smuggler's Corridor en est la parfaite illustration car l’on oscille la tête sans trop savoir pourquoi et on se prend à s'imaginer à marcher dans un désert sous un soleil de plomb. Rien n'est à jeter, les ambiances changent sans arrêt, toujours en douceur et avec la précision des joailliers qui travaillent sur une pierre unique, chaque note se révèle comme une surprise haute en couleur, apportant des facettes différentes à l’œuvre.

En vérité, la manière dont jouent The Aristocrats fait penser à ces soirées où on prend nos vieilles guitares pour aller taper un bœuf avec des amis autour de quelques bières : cela semble être improvisé tant chaque note dépeint parfaitement l'instant où elle a été imaginée puis jouée, et pourtant tout est calibré à la perfection et est travaillé jusqu'au bout ; Tout s'enchaîne avec une fluidité et une facilité déconcertante. Loin d'en faire trop, on sent la maturité des musiciens qui savent qu'ils n'ont plus à prouver leur talent et se contentent de s'éclater entre amis pour nous pondre du génie en CD.
Un autre aspect notable de leur musique est la légèreté avec laquelle elle est jouée. Loin de ce à quoi nous sommes habitués depuis des années dans le monde sombre du metal, ici les compositions folles directement héritées du free jazz se laissent écouter et provoquent immanquablement un sourire évoquant parfois un coucher de soleil (Pressure Relief). Même la variation de l'intensité avec laquelle les notes sont jouées provoque quelque chose d'unique et de significatif à l’écoute. On ajoutera, même si cela semble évident, que la production est irréprochable.

C'est un album bourré d'influences et de talent que nous proposent encore une fois the Aristocrats. Il y a des couleurs et des sons uniques auxquels nous ne sommes plus habitués, des idées novatrices et originales dans un milieu aussi fermé que celui de l'instrumental : Encore une preuve (si c'était nécessaire) que ce groupe est une perle à côté de laquelle il serait criminel de passer.

A écouter : Tout