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Biographie

Arcade Fire

Arcade Fire: rencontre heureuse d'un couple sur fond d'événements tragiques.
Lors d'une petite soirée universitaire, Win Butler tombe sous le charme des performances vocales typées jazz de Régine Chassagne.
Coup de foudre, les deux artistes deviennent inséparables et décident de monter un groupe. Ils accueillent Richard Parry à l'orgue, Tim Kingsbury à la basse, le frère de Win, Will, au clavier/percus, Sarah Neufeld au violon, et Jeremy Gara à la batterie. Cette fine équipe, accompagnée d'autres intervenants, forment The Arcade Fire l'été 2003.
Un EP voit le jour la même année, et le septet signe chez Merge Records (American Music Club, Trail Of Dead). Pendant l'enregistrement de Funeral, le combo originaire de Montréal voit le décès de la grand-mère de Régine, du grand-père des frères Butler, et de la tante de Richard.
Tragédies qui laissèrent place à la bonhomie avec le mariage courant 2004 de nos deux tourtereaux, Régine et Win. S'en suit la sortie de ce premier album affecté par ces multiples événements, et qui, à son tour, marquera l'année 2004 Outre-Atlantique.
Après avoir racheté une ancienne église afin de la transformer en un confortable studio, le groupe élabore son tant attendu deuxième album, intitulé Neon Bible et dont la sortie est fixée à mars 2007.

The Suburbs, 3ème opus du groupe, sort le 3 aout 2010 alors que l'album est déjà disponible sur internet depuis quelques jours. Le thème, les Banlieues, reste le coeur de l'album, bien loin des sujets plus sombres des précédents opus. Une série de concerts, dont un gratuit devant 10000 personnes pour le lancement de The Suburbs, accompagnent la sortie de ce 3ème disque.



Win Butler: Chant / Guitares / Piano / Basse
Régine Chassagne: Chant / Accordéon / Batterie / Synthétiseur / Xylophone / Percussions
Richard Parry: Orgue / Synthétiseur / Piano / Accordéon / Xylophone / Percussions / Basse
Timothy Kingsbury: Basse / Guitares
Will Butler: Synthétiseur / Percussions / Xylophone
Sarah Neufeld: Violon
Jeremy Gara: Batterie / Guitare

Chroniques

Neon Bible Funeral
15.5 / 20
2 commentaires (14/20).
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Neon Bible ( 2007 )

Inspiré par l’œuvre posthume de J.K. Toole, Neon Bible aura bénéficié de moyens non-négligeables, faisant de lui le digne successeur de l’incontournable Funeral. Emménagement dans une église près de Montréal principalement, pour une ligne sonore qui démarque ces deux oeuvres avec finesse. Deux autoproductions par ailleurs qui évitent ainsi le lissage ô combien agaçant et récurrent de ces groupes souvent affublés de l’étiquette : The Next Big Thing.

Neon Bible conserve donc ces valeurs d’honnêteté, de partage, de richesse établies par Funeral, les exposant avec un peu plus de retenue, à l'instar de l’interprétation de Win Butler, avec un peu plus de simplicité, de nuance, mais toujours autant de virtuosité, et ce goût caractéristique pour les eighties. Et comme si le line-up ne se suffisait pas à lui-même pour concrétiser tout cela, le groupe a, dans un premier temps, décidé de faire appel à Markus Dravs (Bjork, Joseph Arthur,…) et Scott Colburn (Animal Collective,…) pour l’enregistrement, ainsi qu’à Martin Wenk et Jacob Valenzuela, trompettistes de Calexico, Hadjii Bakara (Wolf Parade), Owen Pallett (Final Fantasy) et Pietro Amato (Bell Orchestre) pour l'instrumentation. Dans un second temps, les Canadiens font l’acquisition d’un Orgue de Barbarie, d’un steel-drum et autres pédales à effet, sans oublier une petite escapade à Budapest pour la captation d’un orchestre et de chœurs militaires, avant de mettre le tout en musique. Le résultat, même si quelque peu décevant de prime abord, fourmillent d’arrangements audacieux et voilés, à l’image de "Black Mirror", et de ses petits camarades bien sûr. Des mélodies qui font la part belle aux rythmiques progressives ("My Body is a Cage"), jouant moins sur les contres-pieds, et c'est là le seul bémol. Seule la paire "Black Wave"/ "Bad Vibrations" propose une réelle rupture, comme ce fût le cas à l'époque avec le jouissif "Crow of Love".

Nos lecteurs punks, non-convertis à l’œuvre de la bande à Butler, devront donc davantage se tourner vers des titres tels "Keep the Car Running", "The Well & The Lighthouse" et surtout "No Cars Go" (EP 7 titres – 2005), pour appréhender au mieux Neon Bible. Quant aux autres, comme le dit l’adage : « Inutile de prêcher un convaincu».

A écouter : "Black Wave/Bad Vibrations"; "Keep the Car Running"; "The Well & The Lighthouse"; "No Cars Go"
17 / 20
8 commentaires (14.06/20).
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Funeral ( 2004 )

A en croire la biographie, nul besoin d'appuyer sur la richesse des compositions de The Arcade Fire. La line up des Canadiens, et la diversité des instruments exposés parlent d’eux mêmes. Funeral est un album expérimental, à prendre avec des pincettes,  mais qui surprendra les auditeurs les plus aiguisés de la scène indé.

A contrario des événements qui inspira le combo, leur musique, bien que déroutante, s'avère tout aussi radieuse que déchirante. Cette dualité, due à la profusion d’instruments tant paisibles qu’ardents, mène The Arcade Fire loin de tout conformisme.
Accordéon, xylophone, synthétiseur, violon sont à l’honneur sur des titres comme "Laïka" ou "Rebellion", et renforcent ainsi les mélodies déjà très riches dans leur plus simple appareil. Au grès des titres, chaque instrument passe d’une main à l’autre, puisque n'étant pas la propriété exclusive d'aucun des membres du septuet. Leur orchestration varie selon le musicien, et l'auditeur (re)découvre sans cesse chaque instrument, sans pouvoir anticiper la rythmique d’une guitare, ou bien d’une batterie. Savoir "qui joue quoi" se veut délicat, et s’avère être un joli pied de nez à la linéarité subie par certaines œuvres.

Mais cette surenchère heureuse d'instruments n'est pas le seul point fort de Funeral. Côté chant, aucun temps mort n’est discernable. Les performances vocales de Win Butler sont troublantes, à l’image de leur titre phare "Wake Up", et nous remémorent le non moins saisissant frontman de Bear Quartet (Matti Alkberg). La compagne de Win n'est pas pour autant mis à l’écart, puisque celle-ci dévoile ses talents sur deux morceaux. Mélodie pop typée années 80  sur "Haïti" qui rappellera à certains les oeuvres des Rita Mitsouko; puis sur "In The Back Seat", la Canadienne offre une interprétation qui n’a rien à envier à Bjork tant son grain de voix en est proche.
De plus, l’implication des autres membres n’est pas étrangère à l’excentricité musicale rencontrée à chaque ligne instrumentale. Sur  "Wake Up", ces derniers se déchaînent en choeurs, laissant transparaître la détresse exaltée de Funeral.

Ce triptyque qualitatif ne serait rien sans cet atout imparable de The Arcade Fire, à savoir leur capacité à détourner la moindre mélodie de sa ligne originelle. Cette conceptualisation de leurs chansons plaira sans doute aux amateurs d'emo qui sentiront leur coeur voguer entre bon nombre de (re)sentiments. "Crow Of Love" ouvre sur une tonalité pop rock convenue, mais qui tend à s’enrichir par l’intégration des éléments dépeints ci-dessus ; malgré tout, cette dernière perd en substance au fil de l’écoute. Le septuet se livre alors à son jeu favori en abordant un virage à la rythmique plus cadencée : montée en puissance, chœurs en retrait, violon hâté.
Cette formule relance de façon indéniable l’intérêt de chacun des morceaux  de Funeral, et offre à l’auditeur une approche diversifiée de chacune de ses mélodies, selon l’émotivité de ce dernier.

The Arcade Fire nous livre une production où la sincérité est à son paroxysme. La notion de partage est une valeur qui doit être chère à chacun de nous, et Funeral distille une pensée à chacune de ces personnes, présentes ou non à nos côtes. De retour à Paris à la mi-mai, les Canadiens vous offriront une leçon de partage, qu’il vous serait profitable de suivre avec vos proches.

Télécharger (bas de page): Live Complet

Vidéo Wake Up (Live)

A écouter : Wake Up, Laika, Power Out, Crow Of Love, Rebellion