Biographie

Tess

L'histoire de Tess débute en 2004 avec Damien à la batterie, David à la basse, Yann et Mika aux guitares et Tibo au chant. Sur des bases d'emo-pop-punk, le groupe commence à tourner dans leur région. Après deux années de travail – en Septembre 2006 - le groupe s'adjoint les services de Yann Klimezyk, guitariste de MyPollux, pour enregistrer son premier EP D'un battement d'ailes. Tess figure alors sur le sampler de Rock One au mois de Janvier 2007 avec le titre "Papillon Noir" et au mois de Juin 2007 avec "Raconte moi la folie", ce qui permet au groupe de faire connaître un peu dans les environs de tourner en Belgique et au Luxembourg. En fin d’année, David quitte le groupe, remplacé par Jérôme et enregistre avec Tess, La Dame de Coeur, toujours avec Yann Klimezyk aux manettes, qui sort en avril 2008.

12.5 / 20
1 commentaire (10/20).

La Dame de Coeur ( 2008 )

On avait laissé Tess avec un bilan des plus mitigés et un EP plein de failles. Ils nous reviennent avec La Dame de Cœur, bien décidés à proposer un autre jeu (de carte).

Et quelque chose a bel et bien changé. Tess est plus mature, plus déployé, plus massif aussi. En somme, Tess a désormais la volonté de se montrer de manière moins naïve et fait pour cela quelques emprunts au métalcore. La double pédale densifie ainsi les morceaux, les riffs se font plus écrasants et la production aide les messins à trouver plus d’espace. Comme on pouvait s’y attendre, le quatuor suit donc le chemin de d’Atreyu ou d’Escape The Fate en ajoutant à son emocore une touche plus métal et plus agressive ("Frénésie", "La Fée de l’étrange").

Si Tess a donc gagné en assurance et en assise, certains défauts demeurent toutefois. Le chant – en français - a du mal à s’extirper des travers de cette scène française gangrenée par la référence Vegastar ("Le colorant et l’angoisse"). Les paroles, pas toujours inspirées et un brin caricaturale n’aident pas à gagner en hauteur et renvoie à cette position inconfortable, coincée entre désir de brutalité et aspiration à rendre le genre plus accessible ("Sous les racines"). Et c’est bien ce qui gênera tout une partie de l’auditorat : ce côté un peu trop contrefait, trop proche de tout ce qui a déjà été réalisé cette dernière décénnie, trop dicté par une volonté de s’inscrire dans un écrin formaté.

Avec La Dame de Coeur, Tess est probablement parvenu au résultat escompté. Les 9 titres sont solides, tiennent la route et ne sont pas dépourvus d’énergie palpable. En outre, l’intro et l’outro, se renvoyant quelques notes de piano égrenées, et l’arpège d’Adieu" démontrent une sensibilité et une créativité appréciable, qu’on ressent par ailleurs dans "Années Closes", la chanson la plus en réussite de l’opus. Le manque d’originalité, l’aspect éculé de la formule, la dénaturation de l’emo d’origine ne sont pas pour autant absents, mais ça, le groupe doit le savoir.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Annes closes", "Adieu", "Naissance"

D'un battement d'ailes ( 2006 )

L’emocore se popularise chaque jour davantage. C’est un fait. Mais d’être au Zénith lui vaut en contre partie le même châtiment qu’Icare, et déjà la fin de son règne est perceptible, à force d’user et d'abuser du même filon.

Inspiré du catalogue Victory Records et de la 3e vague emo en général, Tess s’essaie à l’émocore version française. Le terrain est bien connu : paroles dépressives, bînome vocal, chant plaintif, alternance de pages calmes et mouvementées etc. L’état des lieux, le même que pour Odja ou Vegastar : musique trop conventionnelle et sans surprise, copier/coller de The Used (" Plus bas que nous"), Funeral For A Friend & Co, un chant qui n’atteint pas de sommet ("Raconte moi") et un manque criard d’innovation.
On regrette d’autant plus ces stéréotypes dommageables sachant que ce D’un Battement d’Ailes bénéficie d’une production correcte (Yann Klimezyk de Mypollux) et prouvent manifestement que ces lorrains savent jouer (les mélodies font bien leur travail et on garde facilement en tête plusieurs des titres ("Raconte moi la folie", "Papillon noir").

Tess est un jeune groupe qui après avoir commencé dans le punk rock californien a comme beaucoup succombé au charme de l’emocore. Vouloir le reproduire, l’intensité et l’authenticité en moins n’est peut-être pas le meilleur chemin à emprunter. Reste à savoir ce que choisira désormais le quintet pour son premier album : garder cette voie qui leur assurera un certain succès auprès des fans nouvelles générations de My Chemical Romance et Aiden, ou imposer une patte nouvelle et plus personnelle afin de creuser leur propre sillon.

En écoute sur purevolume ou myspace.

A écouter : "Raconte moi la folie", "Papillon noir"