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Biographie

Tesa

Tesa est un trio letton brûlant, formé sur les cendres de In.StoraKriegopfer (MySpace) et Les Corte (Last.fm) depuis 2005.

Avec 3 albums et un split avec Bokanovsky en 3 ans, Tesa distille avec empressement et furie un post-hardcore lourd et malsain dont Nekad (2007) est la pierre centrale et Heartbeatsfromthesky (2008) le dernier corollaire à ce jour, plus étouffant que jamais. La même année, encore confidentiel, le groupe débarque pour la première fois dans nos contrées pour quelques dates.

Chronique

16 / 20
3 commentaires (14.67/20).
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Heartbeatsfromthesky ( 2008 )

Après deux albums en 2 ans, passés relativement inaperçus dans un genre qui n'a plus rien à prouver, les lettons de Tesa persistent et signent, enfiévrés, la suite d'un Nekad qui culminait sur un dernier morceau éprouvant, conclusion d'un album maitrisé de bout en bout.

Heartbeatsfromthesky repart sur les mêmes bases et I entame le disque à coups de riffs percutants auxquels vient se mélanger une voix saturée, façon Rosetta, laissant d'entrée peu d'échappatoire à l'auditeur. En un morceau, Tesa aura affirmé sa patte et donné le ton du disque. Mieux, le groupe aura donné la première forme à "son" riff. Une première expérimentation qui en engendrera d'autres tout au long du disque. Heartbeatsfromthesky n'est pas un catalogue de riffs, tous plus lourds, tous plus entêtants les uns que les autres. Inutile d'y chercher l'enchainement fatal, propre aux morceaux du genre. L'album n'est que prétexte à donner naissance à une seule mélodie, qui se glisse en filigrane tout le long (II / III), sous des nappes sonores qui prennent petit à petit la forme d'une tempête en devenir.

Tesa joue tout en retenue, maintenant une tension latente, sans cesse sur la corde - en témoignent ces notes prêtes à se briser sur le premier mouvement de IV et ces vocaux brouillés, comme fondus aux instruments qui parcourent le disque. Variation sur le même thème, sa composition homogène est enveloppée d'une atmosphère malsaine qui s'exprime, entre deux montées et chants fiévreux, par un brouillard sonore offrant peu de repères, chaque morceau faisant écho au précédent tout en développant de nouveaux éléments. L'orage gronde au loin et les évènements semblent inéluctables. En entremêlant de bout en bout zones saturées et étendues plus aérées, les cinq tourbillons qui précèdent la dernière piste ne sont, au final, que des répétitions localisées du climax à venir.

 

VI, 2e minute, 37 secondes. Les éléments se déchainent après d'ultimes instants où se morcellent les instruments. Au terme d'une montée nébuleuse, Tesa offre là, comme foudroyé, en un éclair, le moment le plus intense du genre cette année. Les notes sont enfin lâchées, dans la douleur, et se répandent en un flot dévastateur. La fin du disque voit toute construction balayée, chaque tornade n'étant que le commencement d'un nouvel assaut. L'Apocalypse selon Tesa.

Porté par une dimension quasi épique et une déferlante sonore en guise de paysage prophétique, Heartbeatsfromthesky ne souffre d'aucune comparaison, même si le fantôme de Rosetta, période Galilean Satellites, n'est jamais loin. L'expérience et l'enfantement du dernier morceau sont suffisamment douloureux pour accorder au groupe, enfin, une place de choix dans la cour des grands.

Heartbeatsfromthesky est sorti sur OSK / Impure Muzik le 22 juillet 2008.

A écouter : comme on accouche d'un monstre