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Biographie

Telepathy

Formé en 2011 dans le comté de l'Essex, Telepathy ne perd pas de temps en sortant la même année un premier EP. Précoces et rapidement remarqués les quatre anglais mettront néanmoins près de trois ans avant de coucher leurs idées sur un premier LP. Plus mur et visiblement marqué par des scènes partagées avec Coilguns, Oathbreaker ou encore Downfall of Gaia, c'est avec un 12 Areas sombre, puissant et déjà très affirmé que Telepathy fait son entrée dans le roster de Devouter Records en mai 2014.

Chronique

12 Areas ( 2014 )

Orphelins de Russian Circles et d'And So I Watch You From Afar, réjouissez vous! Pas d'affolement précipité: les deux formations en question ne sont pas mortes et enterrés à proprement parler, loin de là. Leur activité discographie - encore chaude pour les premiers, brûlante pour les seconds - atteste d'ailleurs du contraire. Mais prenons le temps malgré tout de s'arrêter sur leurs cas en revenant plusieurs années en arrière l'espace de quelques lignes. Sur la période 2005-2009 plus précisément. Oui, le temps passe sacrément vite.

Au cœur de l'explosion finale de ce courant au patronyme contradictoire qu'est l'Atmospheric-Sludge et au sein duquel tout le monde commence à se ressembler à force de chasser les étoiles filantes, deux formations ayant oublié comment chanter dynamitent le Post-game en le ramenant brutalement sur terre. Leur conception de la musique se veut dense et inventive, nerveuse, épique. En 2006 La révolte gronde dans l'arrière-cour des musiques plombées et c'est donc la paire précitée, accompagné de quelques acolytes de la seconde génération Post, qui mènera l'offensive... pour un temps. Les années passent et, alors que la doublette continue  d'assurer des livraisons de qualité avec régularité, le sentiment de rébellion originel s'évapore peu à peu passé 2010 pour laisser place à autre chose. Aux américains une maîtrise grandissante mais plus attendue de leur sujet, aux irlandais les changements de lineup et les escapades indie-colorées. Rien de dramatique à cela. Tout le monde grandit. Mais pourquoi raconter de nouveau cette histoire? Nous y venons justement.

La genèse de Telepathy à Colchester en 2011, puis sa jeunesse passée à se faire les dents sur un os à mi-chemin entre Metal progressif Toolien et Postcore (Fractures) coïncident étrangement avec cette période de transition pour ses aînés. Et si je vous rabâche les oreilles de nos "vieux" briscards depuis maintenant deux paragraphes c'est pour une raison très simple: Fractures reprend les progressions frondeuses de ses prédécesseurs là où ceux-ci les avaient un peu laissées en plan. Bien aidé par un mastering signé James Plotkin (ex-Khanate et O.L.D. dont vous avez pu apprécier le travail sur vos rééditions de We Are The RomansPanopticon ou, moins probablement, sur le premier Nitkowski pour ne citer que ceux-là) clairement plusieurs tons au dessus de son premier EP Telepathy louvoie, prêt à en découdre, souffle, rue dans les brancards au moment d'entrer dans l'arène. Au point que le rodéo qui s'ensuit prend rapidement des airs de montagnes russes émotionnelles tant 12 Areas se révèle être disque à la fois surpuissant, aventureux et conquérant, servi par une vision musicale claire et un son dantesque, aussi limpide que d'une lourdeur impressionnante tour à tour éclatée ("Cystine Knot"), écrasante ("Saccade") ou oppressante (l'interlude "{Deluge}" que l'on aurait aimé voir d'avantage développé).
Les anglais y déroulent leur sept compositions comme un tout, sans laisser la place au remplissage, refusant à la seule exception d'un bien nommé "Breath/Motion" en deux mouvements de s'accorder le moindre instant de répit. Qu'il s'adonne à un concassage métalique slugiseant déconstruit où éclaire subitement les tréfonds de son oeuvre toute en nuances de gris et en tensions de fulgurances Post ("Sleepwalker", follement ASIWYFA époque s/t ou "To Kiss The Ocean's Floor" qui évoque Rosetta), le quatuor ne perd jamais des yeux sa dynamique peu avare en efforts et en revirements, véritable ligne directrice de ce premier jet un objet à la fois terriblement généreux par l'énergie qu'il dégage et diablement vorace en raison de l'investissement quasi physique qu'il peut demander. Ce n'est qu'haletant mais comblé que l'on en ressort.

Syndrome du premier album ou pas, Telepathy habite littéralement son 12 Areas et parvient même ici à réveiller quelques frissons que l'on n'avait plus ressenti depuis un moment pour un disque du genre. Tout ce que l'on peut désormais leur souhaiter serait avant tout de ne pas connaitre un destin à la Pozvakowski, autre vieux briscard de la scène Post énervée du milieu des années 2000 pour le coup, lui, injustement tombé dans l'oubli - puis le médiocre. Et si possible, par pur égoïsme, de ne pas grandir trop vite.

A écouter : De toute urgence
Telepathy

Style : Postcore Intrumental énervé
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Origine : Royaume-Uni
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