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Biographie

Tarja

En 2005, Tarja Turunen se fait sèchement remercier par son groupe Nightwish. A partir de cette période, la chanteuse utilise son seul prénom comme nom de scène, et se lance dans une "double" carrière solo, alternant entre Rock / Metal et musique classique. Dès la séparation avec Nightwish, c'est vers le classique qu'elle se tourne, d'abord pour des concerts en soutien à l'EP Yhden Enkelin Unelma, sorti en décembre 2004 alors qu'elle faisait encore partie de son ex-groupe. Fin 2006, elle publie un "album de Noël" intitulé Henkäys Ikuisuudesta et qui contient principalement des reprises sur le thème des fêtes de fin d'année, mais aussi la première chanson co-écrite par elle-même, n'étant pas du tout en charge de l'écriture au sein de Nightwish. L'album contient des thèmes de musique classique mais aussi des reprises de groupes populaires comme ABBA ou John Lennon.

En 2007, Tarja sort My Winter Storm, son premier album axé Metal, puis l'EP The Seer l'année suivante. Après What Lies Beneath et Colours In The Dark, deux autres albums dans le même style, Tarja revient au classique avec l'album Ave Maria - En Plein Air, en 2015. The Shadow Self, son quatrième album Rock / Metal, parait l'année d'après. Il contient entre autres un duo avec Alissa White-Gluz (Arch Enemy) et une reprise de Muse.

Fin 2017, retour au classique pour un second "album de Noël", dans lequel les arrangements sont transposés de façon gothique et sombre : From Spirits And Ghosts (Score For A Dark Christmas). L'album est accompagné d'une bande-dessinée qui met en scène deux personnages, l'un sombre et l'autre lumineux, représentants les deux aspects de la carrière solo de la chanteuse.

En août 2019, le cinquième album Rock de Tarja est publié : In The Raw.

En parallèle des enregistrements studio, Tarja a publié plusieurs albums live, tantôt orientés sur de la musique classique (In Concert - Live At Sibelius Hall en 2011), tantôt sur ses albums Metal (Act I : Live In Rosario en 2012, Luna Park Ride en 2015...), tantôt même les deux à la fois (Beauty And The Beat en 2014).

Chronique

In The Raw ( 2019 )

Pour certains, la carrière de Tarja s'est terminée en même temps que sa collaboration avec Nightwish. On peut lui reprocher des choix artistiques peu décidés, hésitants entre récitals d'opéra et disques de Rock ; mais aussi sa recherche de la facilité (faire de nombreuses reprises, se faire appuyer au chant (et créer le buzz au passage) en invitant de nombreux vocalistes en guests, etc) ; ou encore la qualité des titres qu'elle se voit désormais forcée d'écrire, privée du compositeur soigneux qu'est le claviériste de Nightwish. Pourtant, la diva s'obstine à proposer des albums et des tournées très régulièrement depuis plus de dix ans. A-t-on vraiment de si bonnes raisons que ça de la bouder ? Pour être franc, jusque là, oui, plutôt. Des morceaux fades, moins symphoniques, moins recherchés, et du coup se prêtant à la voix de soprano de Tarja nous auront fait arrêter de s'intéresser à ses oeuvres en solo. Et puis à l'été 2019, au hasard des suggestions YouTube, un teaser nous dévoile une minute de chaque titre de In The Raw. Surprise : la majorité des extraits donne envie de découvrir l'intégralité de la chanson associée.

Effectivement, ce nouvel album est largement plus accrocheur que ses prédécesseurs. Parmi les forces de In The Raw, on retrouve un artifice déjà pratiqué dans le passé, à savoir l'utilisation d'invités de luxe : Bjorn "Speed" Strid de Soilwork, Cristina Scabbia de Lacuna Coil, et Tommy Karevik de Kamelot. Le premier arrive a réellement dynamiser l'introductif Dead Promises, qui bénéficiait déjà d'un refrain simple à retenir et efficace comme pas deux. La seconde et le troisième sont plus anecdotiques (on entend bien deux lignes de chants harmonisées sur Goodbye Stranger mais il est difficile de savoir qui de Tarja ou de Cristina Scabbia est la chanteuse lead et qui est la choriste, bien que le titre soit très bon ; quant à Tommy Karevik, il chante dans Silent Masquarade qui est l'un des titres dispensables). Au rang des bonnes surprises, on retrouve aussi le triptyque Railroads / You And I / The Golden Chamber, trois pistes "balade" ou assimilées, certaines étant un poil plus dynamiques que d'autres. L'exercice de style que représente la "chanson calme" est compliqué, il s'agit de mettre moins de rythme, plus de de proximité pour émouvoir, sans que le résultat ne soit chiant. Ici, Tarja réussi cette triple épreuve, et ces morceaux ne lassent vraiment pas, malgré le fait qu'ils soient à la suite les uns des autres, formant un quart d'heure de répit au milieu d'In The Raw. Le dernier évident bon point sera pour les refrains entêtants propres au Power / Sympho que l'on retrouve ici sur Dead Promises, Tears In Rain, Goodbye Stranger... Ils sont construits pour être retenus spontanément, et ça fonctionne plutôt bien. Certains couplets, moins mis en avant, ont le même caractère reste-en-tête (Goodbye Stranger).

En revanche, si Tarja fait mieux que d'ordinaire, la copie est loin d'être parfaite. Toute la fin de l'opus manque cruellement d'intérêt. La frontwoman propose pour les quatre dernières pistes des titres en pilotage automatique, proche de l'auto-plagiat tellement la prise de risque y est nulle. Quant aux morceaux qui valent quelque chose, force est de déplorer que malgré une impression globale d'efficacité, on n'en retient que très peu de choses en dehors des mélodies chantées sur les refrains. La faute a des constructions assez proches les unes des autres, en oubliant les riffs mélodiques (sauf chez Dead Promises) au profit de gros accords passe-partout. Même les balades sont ficelées de la même façon, avec plus ou moins de batterie et de guitare électrique, mais en conservant des structures sans originalités. The Golden Chamber se démarque néanmoins par une articulation en trois parties distinctes, un peu plus intéressante.

In The Raw est donc enfin un album qui vaut la peine d'être écouté quelques fois. Cependant, il souffre aussi des défauts de ses prédécesseurs, sans être aussi ennuyeux. Même si on salue l'effort, ça ne changera pas la donne : on suppose que les fans de Tarja continueront d'être plus réceptif lorsqu'elle reprend du Nightwish sur scène que pendant les titres de cet album.

A écouter : Dead Promises