Chronique

Winter ( 2014 )

Alors que le froid glace les demeures, certains décident de nommer sobrement leur disque Winter. Période évoquant le désespoir, l’immobilisme ou la pureté, c’est en livrant en tout et pour tout cinq titres que Take Nothing, Leave Everything essaie d’imposer son duo guitare / batterie. Agrémenté d’un chant dans la lignée des groupes orientés screamo, toujours incertain et balbutiant entre les mots (pour ceux qui veulent un exemple, pensez à The Saddest Landscape), le combo s’emploie à clamer ce désoeuvrement, cette volonté d’en finir (« Can’t Wait », « Cancer ») sans pour autant chercher à enjoliver les choses pour les rendre plus agréables.
Tout est sincère, direct et fragile : Humain en somme, sans toutefois avoir la sensibilité d’un ContinentsTNLE s’apparente sans conteste à certains noms représentatifs du genre : des parties rythmiques de Saetia aux cordes vocales proches de The Saddest Landscape, le duo démontre avec « Old Faithful » ou « Can’t Wait » que la leçon est digérée et maitrisée.

Alors même si le jeu de batterie manque parfois cruellement de groove (« Structures »), tout est rattrapé par « Can’t Wait ». TNLE n’aurait pu miser que sur un titre de ce calibre pour capter l’attention, tous les ingrédients nécessaires étant présents : un chant à la limite de la rupture, un jeu de cordes Emo montant en puissance sur la première minutes et une suite de mots facile à fredonner / scander sur sa seconde moitié.
Les remerciements cités sur leur Bandcamp sont éloquents : « thank you to pain for being the biggest and most constant motivation in our lives, and death for being the only thing that is certain. ». L’écoute de Winter confirmera cette sensation que la douleur est le fil conducteur de cet EP, et même s’il reste maladroit, déséquilibré, il n’en reste que « Can’t Wait » est à écouter.

A écouter : Can't wait
Take Nothing, Leave Everything

Style : Screamo
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Origine : USA
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